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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 06:02

C’est ainsi que débute le dépliant touristique de Melilla, enfin, en inversant les mots avec un petit ton Sarkozyste inspiré du discours de Dakar…


Oui, Melilla est un trait d’union bien tracé par des fils de fer barbelés : un trait continu en quelque sorte.

 

D'après vous, quel est le côté
euro-
péen ?






Melilla, c’est vrai, c’est exotique ! On y trouve, par exemple, la seule statue de Franco non déboulonnée.


Connaissez-vous d'autres scultpures du grand homme sur la voie publique espagnole ?
Original : un camping en pleine ville, bien qu’on a souvent vu cela aussi à Paris ! Ici, il s’agit d’une vingtaine d’Algériens sans papiers en grève de la faim parce qu’ils sont coincés dans ce cul de sac de l’Europe-forteresse, depuis plusieurs années.

 

Dans le vieux fort où l’on peut déambuler sur les remparts de l’unique micro-zone touristique de ce petit morceau d’Espagne, le promeneur longe sans le savoir une bâtisse fortifiée où sont enfermés les mineurs délinquants : entre deux musées, les autorités ont placé la prison pour enfants.

 
Combien d'enfants peut-on entasser dans ce bagne ?

En longeant la côte, passées deux criques de galets jonchées d’ordures échouées, on pouvait, il y a quelques jours encore, rencontrer Younes, un gamin marocain de 17 ans.

Younes adorait dessiner face aux vagues de la Méditerranée. Je lui avais amené des feuilles et un crayon à papier. « J’essaie d’oublier mes problèmes », soupirait-t-il. A marée haute, les embruns éclaboussent l’étroit goulet qui forme l’entrée de la caverne
où il avait établi domicile.

Ce trou dans lequel il a casé un vieux matelas surplombe le niveau de la mer de plusieurs mètres. Il devait escalader la falaise pour aller y dormir. La Guardia civil espagnole savait qu’il habitait là et l’administration de Melilla ne s’en émouvait pas :
elle l’abandonné à la rue, sans papiers.

Combien de mètres escaladait-il chaque soir ?


Son histoire a fait la une du Courrier de Genève. L’attaque de l’article que nous venons de publier est le témoignage de Younes : « Je suis arrivé à Melilla à la nage, de nuit. J’ai nagé une demi-heure depuis le port voisin marocain. Il y avait un autre enfant avec moi, mais le pauvre est mort. Il ne nageait pas assez bien. Il avait 11 ans. Moi j’en avais15

Plutôt que de risquer naufrage en Méditerranée dans une barcasse, ce jeune nageur a préféré tenter sa chance dans ce bastion de l’exotisme. Une fois sauf, il s’est blotti dans la caverne. Il y a vécu un an, survivant de mendicité, avant d’être placé en foyer. « En 2006, je suis rentré au centre d’accueil. J’y suis resté un an. J’ai été battu de nombreuses fois. Il y a trois mois, j’ai dû en partir et revenir dans la caverne, car ils disaient que j’avais 18 ans. Mais en vrai, j’ai 17 ans : quand je suis arrivé à Melilla, ils m’ont donné un an de plus. » Younes a été expulsé depuis quelques jours. Il vit maintenant dans le rue de l’autre côté du trait d’union entre l’Europe et l’Afrique.

A Melilla, heureusement, il y a José et sa femme, un couple d’enseignants généreux qui défendent les droits des enfants marocains, les droits des immigrés en général. Mais José et Maïté sont persona non grata. Ils ont tout enduré : boycott économique, filatures, mises sur écoute, menaces de mort.

 

Alors, le soir, pour se détendre, après avoir passé du temps avec José, l’équipage du Basta écoute son nouveau chanteur préféré, celui que l’incorrigible Karine, de séjour à bord, lui a fait découvrir : l’immanquable Didier Super !
Ou alors, nous déconnons avec les nouveaux voisins de bateau, des Belges à la quête du bonheur autour du monde à la vidéo.

Melilla, port plus exotique que moderne : une digue détruite, aujourd’hui immergée, est non seulement mal signalée, mais pas indiquée sur les cartes marines. L’autre bateau voisin en a fait les frais. Ce couple franco-allemand voyageant en voilier y a coulé en quelques minutes. Puis, ils ont passé deux années à sec au carénage à colmater et retaper leur voilier Moe Moea .

Avant leur remise à l’eau, il y a quelques semaines, ils ont invité tous leurs amis de Melilla (il y a tout de même des gens sympas) à dessiner sur leur coque fraîchement repeinte en jaune. Nous y avons inscrit cette phrase le long de la ligne de flottaison :

« Le mer c’est comme un hurlement géant qui ne s’arrêterait pas de crier : bande de cons, la vie est immense ! »

 

Combien de litres de peinture a-t-il fallu pour décorer ce beau yacht ?

Demain, à l’aube, nous laisserons Basta au ponton de ce port exotique pour environ un mois. Nous prendrons l’autobus, vers le Sud-Ouest du Maroc, le pays berbère.

En route pour une enquête économique entre développement durable et gros intérêts industriels sur fond de guéguère de brevets sur le vivant ! En route vers la modernité du Maroc !

Si vous trouvez la réponse à toutes les questions, vous gagnez un séjour dans le village vacances de la capitale européenne de l'exotisme :

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Bateau BASTA Bateau Basta - dans Les escales
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commentaires

konta 17/07/2008 22:13

salut bon vous avez bien passé la frontière?donc je vien de visiter votre blog, c'est tres bien fait , la foto de la frontière est génial et tres bien faite mais malgrès ça nous on saute!la je vous invite dans mon blog , donc si tu veut des renseignement sur les autre voyageurs, tu viens chez moi .merci ...........konta

Diane 04/07/2008 21:08

Hola les bastaques!Voilà, je suis donc allée faire un tour et je laisse un commentaire dans cet artcile-ci non pas parce que un lien y figure vers quelques excellents sites (ce dont je vous félicite), mais surtout parce que je me dois de dire à Daniel que sa photo de la frontière à Melilla est absolument super !!!!!!

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