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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:24

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone, Italie.

Nous avançons d’étape en étape, dans les bons créneaux météo, mais il y en a peu. Direction la Sicile de nouveau, direction Palermo.

Depuis la traversée idyllique Sicile/Grèce cet automne (mer belle-petite brise-bonne pêche), les conditions météorologiques ont généralement été calamiteuses. Beaucoup de pluies et surtout un incessant manège de dépressions…

Avant de quitter la Sicile, nous avions rencontré le mouvement des sans abri de Palerme. Ils veulent habiter les résidences saisies par la justice à Cosa Nostra…

Or, Palerme est aussi la ville italienne où le plus de biens a été saisi à la mafia par la justice. Les sans-abri ont occupé à plusieurs reprises des villas de mafieux sous scellés, certaines plutôt luxueuses. Ils proposent de les « auto-rénover » soutenus par des architectes et des citoyens solidaires.


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S’ils ont obtenu une modification de la loi sur l’usage du patrimoine confisqué qui rend possible cette attribution à titre provisoire, seule une soixantaine de logements a été allouée à des familles dans le besoin. Il manque surtout de la volonté politique, notamment de la part du maire, Diego Cammarata, un disciple de Silvio Berlusconi...

Nous croiserons peut-être le skipper de son yacht au port, un fonctionnaire rémunéré en tant que jardinier municipal…

En novembre, nous avons laissé le bateau dans la baie bien protégée de Vonitsa, en Grèce, pour filer vers la Roumanie en autobus, puis en avion depuis Thessaloniki. Bucarest dans le froid et la grisaille gardait un petit air pré-chute du mur avec ses barres d’immeubles d’un pur style ceausesciste, ses boutiques kitch du vieux centre dégradé ou ses vitrines pré-Bill Gates derrière lesquelles on apercevait des cours de sténo-dactylo dans des salles remplies de vieilles machines à écrire.

Pourtant, le 22 décembre marquait le vingtième anniversaire de la Révolution roumaine. A la chute de Nicolae Ceausescu, on découvrait dans ce pays une épidémie de sida pédiatrique sans précédent : dans les orphelinats et les hôpitaux, des milliers d’enfants (plus de 6000) avaient été contaminés lors de vaccinations ou de micro-transfusions. Grâce à la trithérapie, les survivants tentent de se construire un avenir dans un pays où les séropositifs sont très discriminés. L’un de ces enfants, maintenant jeune adulte, nous a accordé un entretien dans l’anonymat. Il milite au sein de l’Association roumaine anti sida (ARAS) et lance un cri d’alarme : à cause de la grave crise qui lamine le pays, les médicaments manquent dans les hôpitaux, les traitements sont interrompus. Qui plus est, le Fonds global de lutte contre le sida va interrompre cette année ses financements pour la prévention… Si le régime de Ceausescu avait ignoré le sida, il avait préservé le pays des grands trafics. Après 1989, l’héroïne s’est répandue comme une traînée de poudre. Aujourd’hui, à Bucarest, près de 40 000 jeunes toxicomanes risquent d’être contaminés par le VIH. La plupart a déjà contracté l’hépatite C sans avoir les moyens de se soigner. La maraude d’ARAS qui nous a embarqué va-t-elle pouvoir continuer son indispensable travail ?

 

Après une sympathique escale de quelques semaines à Levkas où plusieurs équipages français hivernaient, nous avons passé Noël sur la petite île de Paxos. Bizarrement, là où nous pensions ne croiser que quelques vieilles dames en noir à la sortie de la messe de minuit, nous avons trouvé un bar de nuit bondé de jeunes grecs sur leur 31 et de pulpeuses albanaises en super-mini-jupes et décolletés.

Notre réveillon du premier de l’an était plus mondialisé : à Corfou, whisky anglais et cigares cubains avec dix marins Polonais dont leur « Gérard d’Aboville » à eux, bientôt prêt à traverser l’Atlantique à la rame et même champion national de kendo !

Au premier créneau météo, Basta a quitté le vieux port de Corfou pour contourner l’île vers le Nord et viser, en face, Santa Maria de Leuca, le talon de la botte italienne. Bien au chaud dans la marina, nous avons laissé passer un coup de vent, puis nous nous sommes balladés avec un petit compact numérique qui fait aussi de la vidéo et crachotte un son d'enfer !

 

 


Au bar, Il lupo de mare, le vieux loup de mer de tenancier a appris à compter à son chien. L’animal connaît par cœur sa table de deux et même de trois. A deux fois deux, il répond par quatre aboiements…

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone (attention, en Italien, le « e » se prononce « é » !) et ça nous fait bien rigoler. Pas vous ?

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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