Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 04:34

Du grec « katabatikos » : « qui descend la pente » … Nous avons bien appris ce mot en Grèce, enfin en Crète pour être précis.

Pour le comprendre, il faut faire du parapente, ou bien aller mouiller son voilier dans la baie de Elounda, une baie bien fermée dont le goulot est redoutable.

Basta s’y est couché plusieurs fois dans de très violentes rafales alors qu’il était à sec de toile…

Le couvercle de notre BBQ marine  –un instrument obligatoire sur un bateau-   a même volé à l’eau, pourtant relié par un petit câble en métal au balcon arrière. Coupé net !

Puis nous avons réussi à plonger l’ancre au fond de la baie,  à côté d’un voilier démâté… c’était rassurant.

Nous étions en août. Nos amis Nancy et Nicolas venaient d’atterrir à Héraklion pour une petite croisière qui décoiffe !

D’abord, histoire de bien  les amariner, nous leur avons confié le Basta en garde pendant trois jours dans ce mouillage paisible : nous avions un rendez-vous à ne pas manquer, un reportage sur la protection des tortues marines…

Car il y a de drôles de petites structures métalliques un peu partout sur les plages crétoises de Rethimnon où les touristes bronzent. Elles marquent l’emplacement des nids des tortues Caouannes. Les femelles adultes viennent pondre au début de  l’été sur cette plage grecque très fréquentée. Et c’est en pleine saison que les bébés tortues tentent de rejoindre la mer.

 

Alors, des jeunes écovolontaires aident l’association Archelon à protéger cette espèce menacée. Ils posent des enclos autour des nids sur les plages fréquentées par les vacanciers. Ils surveillent quotidiennement ces sites et comptent, à l’aurore, les traces de bébés tortues qui en sortent. Ils déplacent certains nids menacés et installent des structures faisant de l’ombre autour de ceux dérangés par la pollution lumineuse : la lumière dévie la trajectoire des nouveaux-nés supposés marcher vers le reflet de la mer, si bien que presque chaque matin en août, des bébés perdus sont sauvés. On les retrouve à l’occasion dans la piscine d’une boite de nuit, sur une route ou près d’une poubelle…

 

C’est si émouvant de sauver un bébé tortue… surtout après notre sujet sur le « jeanocide » turc (voir post précédent).

 


Super amarinés, après avoir encaissés un bon Katabatik seuls au mouillage, nos amis ont pu apprécier dans toute sa splendeur le Meltem qui  n’est pas descendu sous force 6 et approchait en permanence le force 7/8 pendant nos 10 jours de croisière. Sans compter les belles vagues qui balayent toute la côte Nord de l’île...

 

C’est pourquoi nous avons décidé de naviguer sur le côte Sud, qui plus est, moins touristique. Sous le vent en quelque sorte. En théorie du moins. 

 

Mais longeant la côte Est vers le Sud, le Meltem a fraîchi subitement. Le Meltem ou un Katabatik ?

Sous tourmentin, Basta peinait à avancer. Devant, une minuscule crique encaissée rejointe in extremis au moteur offrait un abri incroyablement calme dans cette tourmente. Alors on est resté là. Dans cet endroit désert que N & N ont baptisé « Paradise bay » (la baie de Karoumbes). Baignades, ballades, grimpe, cueillette de fariboulette, grandes discussions, bonnes bouffes et petits apéros  : de vraies vacances sauvages comme on les aime.

 

Tout allait donc à merveille jusqu’à ce que la météo annonce du force 8 pendant deux jours. C’est idiot, Nico et Nancy devaient reprendre l’avion à Heraklion…

 

En février dernier, dans le Péloponnèse, un coup de vent nous avait déjà obligé à larguer nos équipiers Isabelle et Jean-claude dans un village sans autobus, en fin de journée. Sous un ciel menaçant, ils avaient du faire de l’auto-stop en pleine cambrousse avec leurs valises pour rejoindre une ville…

02-copie-1.jpg

Nos potes, cette fois-ci, avaient aussi des valises à roulettes. Mais aucune route goudronnée ne dessert Paradise baie

 

Alors nous avons bien amarré le Basta. Nous avons ficelé leurs bagages sur le dos des mecs et randonné dans une étroite gorge sans trop savoir où l’on déboucherait…

 

C’est au bout de deux heures de marche que nous avons aperçu le premier hameau. Au loin une route. Avec de l’asphalte ! Nous nous sommes quittés là, laissant de nouveau nos équipiers faire du stop jusqu’à la ville…

 

Morale de l’histoire : Camarades, vous qui venez nous rendre visite (on adore les visites), prenez des sacs à dos plutôt que des valises ! En bateau on sait où l’on embarque, on ne sait pas où l’on débarque !

Partager cet article

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article

commentaires

fabian 01/11/2009 23:26


Salut Basta!
VSD, Fessebouque, vous ne reculez devant rien, elle est ou la generation rebelle de nos jours si meme vous tombez dans ces travers????
Toujours autant de plaisir a vous lire, promis quand je viens je prends un sac a dos leger:
Saludos desde Quequen (39 eme south, j y suis presque!).
Bien amicalement, Fab


Daniel 03/11/2009 18:57


Ne le dis à personne, nous pratiquons l'entrisme... signé LRM (Les Rebelle Masqués)


  • : Le voyage de Basta
  • : Carnet de bord de deux journalistes en voilier
  • Contact

Naviguez avec nous!

Entre deux reportages, nous embarquons parfois jusqu'à 4 passagers en croisière, cliquez ici

Rechercher

A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

Contacts :

bateaubasta@gmail.com

Skype : bateau.basta

Facebook : Bateau Basta

Rubriques

Désolés pour la pub imposée par Overblog !