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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 12:48
Si vous ecoutez l'émission de France Inter "Allo la planète" mercredi 12 novembre entre 23h15 et 01h00 du mat, vous entendrez surement le timbre des voix de l'équipage de Basta, en direct du mouillage de Syracuse en Sicile. Alors, à mercredi !
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/allolaplanete/
Bateau BASTA Bateau Basta - dans On parle de Basta...
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 04:07
 


C’est ridicule ce titre me direz-vous. Pourtant, nous regrettons presque de ne pas avoir baptisé ainsi BASTA : Dinosaure du futur


Dinosaure, pour ce « trip » de soixante-huitards et son côté « Moitessier » : la voile comme mode vie, à la « roots », sans fric ou si peu, sans filet, avec « sa bite et son couteau », autour du monde…

Futur ? Parce que le bateau c’est écolo ! On avance avec le vent (quand il y en a !)On vit au quotidien avec une consommation d’eau douce hyper rationalisée (nous revenons d’un reportage dans les oasis tunisiens… Les oasiens peuvent se rhabiller sur la gestion de l’eau par rapport au bateau !)



Et face au capitalisme qui perd la tête (quelle redondance !), nous n’avons pas investi dans l’immobilier, ni en bourse, ni dans des placements X ou Y, nous n’avons pas même d’économie en banque !

C’est étonnant d’entendre à la radio, la crise financière, et le reste… On se dit alors que notre dinosaure est du futur.

« La technologie pour communiquer, l’écologie pour avancer », pourrait être le ridicule slogan de cet animal là, le dinosaure du futur étant toujours tiraillé entre vieux trip et modernité :

Une super antenne « ricoré » en boite recyclé, nous permet la plupart du temps de capter wifi à la sauvage, d’un quai ou d’un mouillage, comme ici dans la baie de Syracuse, en Sicile.



Un moteur hors-bord électrique, sauvé à temps de la poubelle, bidouillé et «  re-designé » par Daniel…




Une machine à laver type « petite calor » made in Tunisie, acheté à 40 euros. Et c’est la révolution à bord !




« La tribu no conso », titrait un reportage du Nouvel Obs cet été dans lequel un interviewé ayant opté pour la récup, le recyclage et l’autonomie écolo en vivant dans une yourte dans la campagne du Maine et Loire disait à la journaliste : « on n’est pas des baba-cool, on est plutôt des babas speed ! »


Notre Dinosaure du futur, c’est un peu de tout cela.



Puisque J.M.G. Le Clézio est à l’honneur en ce moment, une petite citation tirée de « Gens des nuages » :

« Nous vivons dans un univers rétréci par les conventions sociales, les frontières, l’obsession de la propriété, la faim des jouissances, le refus de la souffrance et de la mort ; un monde où il est impossible de voyager sans cartes, sans papiers, sans argent, un monde où l’on échappe pas aux idées reçues ni au pouvoir des images. »


D.H.

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Le voyage
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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 01:57

J’ai eu un coup de flip à la sortie du territoire marocain car les autorités du port ont gardé nos passeports 24 heures avant de nous les rendre tamponnés. C’est idiot (ou pas) : j’ai pensé aux articles parus en France sur le Maroc, repris dans la cyber-presse locale, signés de nos vrais noms…

 

En ralliant le Maroc à la Tunisie, on se rend compte de l’étendue des côtes algériennes. L’étendue et la beauté.

Le bateau, ce jour-là, navigue à six milles de la côte (11 km). Sur tribord, s’élèvent de hautes falaises à pic à peine habitées. Ça change du littoral espagnol !

Le temps est calme, trop calme, nous avançons au moteur quand surgit un zodiac sur lequel cinq hommes en uniforme kaki cuisent en plein cagnard.



 

Accostage, papiers du bateau, passeports, permission de monter à bord.

Fouille de tous les coffres…

« Pavillon algérien ? »

« Ben, nous n’en avons pas trouvé… Et puis, comme on ne comptait pas s’arrêter vu qu’on n’a pas de visa etc.… »

« Vous devez avoir le pavillon algérien. Vous naviguez dans les eaux algériennes. Avez-vous le pavillon marocain ? »

« oui »

« Le pavillon tunisien ? »

« oui »

« Le libyen ? »

« Non »

« Et bien vous devez avoir le libyen, tout comme l’algérien… Nous devrions vous emmener au port pour dresser un PV… »

 

Plus tard,  ils nous ont finalement demandé de sortir des eaux algériennes : « 50 milles au large ! » (90 kilomètres, tout de même ! )

Alors, nous avons fait semblant de tirer un grand bord vers la Sardaigne, puis, profitant d’un énième calme plat, nous avons cousu un pavillon algérien avec des bouts de tissus blanc, vert et rouge…

Il est beau ce pavillon à étoiles et croissants (sur chacune des faces… pas évident !)



 

Maroc/Tunisie sans s’arrêter en Algérie : 7 jours !

La Méditerranée a été à la hauteur de sa réputation : vent dans la gueule (le Nord-Est est dominant sur cette côte) remonté au moteur grâce au carburant de contre-bande, ou bien pétoles, nombreuses entrecoupées de vents extrêmement changeants en force et direction, puis coup de vent portant. Heureusement ! : nous pensions ne jamais arriver une fois nos réserves de gasoil quasiment épuisées…

 

Nous avons à peine ferlé complètement la grand voile et hissé le foc lourd avec un ris quand le téléphone portable sonne à bord : c’est le chef de rubrique d’un grand quotidien régional qui souhaite publier un article sur une pleine page auparavant prévu sur un quart de page : « Pas de problème ! Mais c’est que nous sommes en mer… ! Si vous voulez on se rappelle demain… ! »

 

Basta a rejoint la Tunisie à l’aube du 16 août, après avoir essuyé un vent de 40 nœuds (70 km/heure). Par chance, il s’est calmé juste avant l’arrivée.

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 01:48

C’est ce que nous a dit le capitaine de ce petit port de pêche marocain en grinçant des dents. Car, ici, il n’y a rien à facturer, ni eau, ni électricité et visiblement cela le fait rager.

 

Une trentaine de barques et quelques petits sardiniers pêchant au lamparo sont amarrés derrière une digue à peine protégée des vents de Nord Est. Quand ils soufflent fort, les vagues déferlent dans le chenal d’entrée l’ensablant encore plus. Les feux rouge et vert marquant cette entrée délicate pour un quillard sont en panne. Le phare qui surplombe le cap aussi. Bref, c’est un port très très gratuit où nous avons passé trois semaines jusqu’au 8 août. Une escale studieuse à écrire des articles, à légender des photos, à mettre en cause les conditions de travail des ouvriers agricoles dans les fermes du roi au nez des vedettes de la marine royale amarrées sur le même quai.

 

L’une des barques du port appartient à un Français portant un nom digne d’un personnage de BD. Une fois nos ordinateurs éteints, nous passons notre temps à discuter avec lui. Pour préserver sa vie privée nous l’appellerons Gaston. Cinquantenaire, ex patron d’une PME, il a tout vendu, tout plaqué, après un infarctus. « Trop de stress », explique-t-il. Gaston est venu s’installer ici, où il a fini par se marier. Il pêche maintenant en mer avec son beau-père. En se mariant avec une marocaine du bled, il a, par la même, épousé sa famille. « La moitié des gens du village sont des cousins ! », rigole-t-il.

 

 

 

Comme Gaston a sa réputation à préserver dans ce petit univers clos, nous lui servons un breuvage rouge raisin dans des verres en inox, en poussant parfois le bouchon un peu plus loin : nous posons la théière au milieu de la table de cockpit où les gâteaux d’apéro prennent une allure de biscuits anglais aux yeux des passants, éventuels cousins.

 

Si personne, officiellement, ne boit d’alcool dans ce port et qu’aucun bar, aucune épicerie n’en vend effectivement, en revanche, les odeurs de haschich émanent des terrasses de café le soir. Le Rif, premier producteur mondial de kif, tapisse le paysage de fond. Sur une rivière voisine, sont amarrés de grands zodiacs rapides. En mer, à l’aube, Basta en a déjà croisé, de couleur foncée, avec des équipages habillés de noir, naviguant sans feux, à plusieurs dizaines de nœuds. Ils larguent en route leurs bidons d’essence dès qu’ils sont vides. Dans ces eaux, on en trouve souvent à la dérive.

 

Le gasoil ne vaut que 40 centimes d’euros. C’est du carburant de contre-bande qui vient tout droit d’Algérie, à une trentaine de kilomètres de là. D’ailleurs, il n’y a plus de station service. Elles ont toutes fermé concurrencées par les contrebandiers. Gaston nous en a présenté. Nous avons fait le plein.

 

Chaque jour, il nous conte un morceau de vie de sa nouvelle société. Notre regard sur le Maroc, ici, transite par l’expérience insolite de cet homme attachant.

 

Un jour, la grand-mère de sa femme est morte, celle qui vivait dans la montagne. « Ben, faut pas tomber dans le coma ! », a lancé Gaston s’apprêtant à embarquer une douzaine de membres du clan dans sa Kangoo pour l’enterrement. Décédée à 13 heures, la vieille était entérée à 16 heures après qu’un imam de la mosquée ait taté son poul. Un autre jour, un cousin déjà marié a présenté sa nouvelle fiancée à la famille. Gaston s’étonnait d’être le seul à faire la gueule. « Si c’est ça, moi aussi je vais prendre une seconde femme ! », tentait-il, provoquant sa belle-famille impassible. Gaston se confronte à son intégration remettant en question ses anciennes certitudes sous nos yeux. Débordé par le doute de ses choix, il vacille parfois, craignant de s’être de nouveau aliéné. Mais de quelle liberté parle-t-il ? De celle de ces deux quinqua européens de l’Est expatriés dans ce bled ?

 

Nous débarquons chez eux un soir, par hasard. Ils nous présentent deux subsahariennes aux corps d’athlètes. Elles ont vingt ans. « Des élèves ! », prétendent-ils bien que cela soit difficile à croire dans cette ambiance houellebecquienne où des mains effleurent des fesses. Ils boivent verre sur verre, resservant leurs hôtes après chaque gorgée à peine ingurgitée. La télévision bloquée sur un canal « nostalgie » diffuse de vieilles émissions de variété de Drucker à tue tête. Il faut, pour s’entendre, crier plus fort que Mireille Mathieu. Ce qui est impossible. Ces deux là se sentent libres, d’autant qu’ils n’ont même pas à payer. Les critiquer c’est faire preuve d’une morale du XIXème siècle, parait-il. « Elles sont majeurs, non ? »

 

Et nous pensons à Gaston, à sa liberté, à son choix de se marier qui semble alors si moderne, même si parfois nous avons du mal à l’en persuader.

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 12:11

Amal est à la fois professeur et syndicaliste. Il sait donc aussi bien manier les mots que la police. Ce soir là, dans un douar planté au pied de l’Atlas, il explique à un agent: « L’art s’insinue partout. Le photographe d’art prend aussi bien en photo un arbre qu’une ouvrière agricole. Pourquoi pas une pierre ? L’art n’a pas de limites ! ». Il est 23 heures. Deux représentants des « forces de répression », comme dit Amal, sont venus frapper à la porte de la maison où nous sommes invités à dormir sur des tapis. C’est la maison d’un syndicaliste du « syndicat des paysans pauvres ». Elle était remplie quelques minutes plus tôt d’ouvrières agricoles avec qui nous conversions sur leurs conditions de travail proches de ce qu’on pourrait appeler de l’esclavage. Daniel avait photographié Kabira. Une photo « d’Art ». Picasso ne s’est-il pas inspiré de Guernica ?

 KABIGHA.jpg

Plus les deux agents se montraient fermes, plus Amal accompagnait sa tirades d’amples gestes.  C’est que certains thèmes fâchent dans cette région en voie de désertification où les rares ressources en eau sont déviées pour alimenter les grandes exploitations agricoles exportatrices de tomates et d’agrumes vers la France. Mais là n’est pas le sujet, vu que l’Art n’a pas de limites. La photo de Kiltoum qui regarde le lac crée par le barrage n’est-elle pas une photo « d’Art », même si son regard se noie à l’endroit où son village et ses champs ont été engloutis ?

 


 

« Noms, prénoms, du père, de la mère, etc etc »  « Professions ? » « Je suis photographe d’art », avait répondu Daniel. Moi : « Je prend des notes parce que je suis écrivaine » « Vous faites un reportage ? Vous êtes journalistes ? Vous travaillez donc… » « Non, nous sommes en voyage de tourisme  culturel  ». 

 

Si vous voulez  savoir le vrai coût (social et écologique) des légumes primeurs et des agrumes du Maroc que vous mangez  en hiver, il faudra lire prochainement les textes culturels que je prépare pour des revues d’Art sans limites.

 

Puis, les policiers de cette bourgade nous ont pisté pas à pas, nous contrôlant trois fois. A l’un de leur barrage, notre ami syndicaliste Aziz leur a dit : « Le maire aimait pourtant beaucoup les Français dans le temps… Aujourd’hui, voyez-vous, nous aussi nous en accueillons ! »



Plus tard, le maire, touché, aura l’aimable intention de nous envoyer un agent hors du village alors que nous visitions une coopérative de paysannes…
L’accueil légendaire des berbères !

D’ailleurs, nos amis syndicalistes se seraient presque battus pour nous accueillir chez eux. Impossible de payer quoi que ce soit ! Qu’importe de nouveaux problèmes avec la police ! Qui préparera donc ce soir le tagine ? Qui nous prendra sur le porte-bagage de sa mobylette pour nous emmener visiter les sources taries en tombant en panne d’essence, puis crevant un pneu ? Qui poncera la chambre à air avec le grattoir d’une boite d’allumette faute de lime ? Ou encore : qui pourra nous offrir son hospitalité et nous couvrir de cadeaux comme l’adorable Hafida qui a décoré de ses mains une savonnette ornée de nos deux prénoms ?

Si l’art n’a pas de limite, l’accueil des paysans Berbères non plus.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 06:02

C’est ainsi que débute le dépliant touristique de Melilla, enfin, en inversant les mots avec un petit ton Sarkozyste inspiré du discours de Dakar…


Oui, Melilla est un trait d’union bien tracé par des fils de fer barbelés : un trait continu en quelque sorte.

 

D'après vous, quel est le côté
euro-
péen ?






Melilla, c’est vrai, c’est exotique ! On y trouve, par exemple, la seule statue de Franco non déboulonnée.


Connaissez-vous d'autres scultpures du grand homme sur la voie publique espagnole ?
Original : un camping en pleine ville, bien qu’on a souvent vu cela aussi à Paris ! Ici, il s’agit d’une vingtaine d’Algériens sans papiers en grève de la faim parce qu’ils sont coincés dans ce cul de sac de l’Europe-forteresse, depuis plusieurs années.

 

Dans le vieux fort où l’on peut déambuler sur les remparts de l’unique micro-zone touristique de ce petit morceau d’Espagne, le promeneur longe sans le savoir une bâtisse fortifiée où sont enfermés les mineurs délinquants : entre deux musées, les autorités ont placé la prison pour enfants.

 
Combien d'enfants peut-on entasser dans ce bagne ?

En longeant la côte, passées deux criques de galets jonchées d’ordures échouées, on pouvait, il y a quelques jours encore, rencontrer Younes, un gamin marocain de 17 ans.

Younes adorait dessiner face aux vagues de la Méditerranée. Je lui avais amené des feuilles et un crayon à papier. « J’essaie d’oublier mes problèmes », soupirait-t-il. A marée haute, les embruns éclaboussent l’étroit goulet qui forme l’entrée de la caverne
où il avait établi domicile.

Ce trou dans lequel il a casé un vieux matelas surplombe le niveau de la mer de plusieurs mètres. Il devait escalader la falaise pour aller y dormir. La Guardia civil espagnole savait qu’il habitait là et l’administration de Melilla ne s’en émouvait pas :
elle l’abandonné à la rue, sans papiers.

Combien de mètres escaladait-il chaque soir ?


Son histoire a fait la une du Courrier de Genève. L’attaque de l’article que nous venons de publier est le témoignage de Younes : « Je suis arrivé à Melilla à la nage, de nuit. J’ai nagé une demi-heure depuis le port voisin marocain. Il y avait un autre enfant avec moi, mais le pauvre est mort. Il ne nageait pas assez bien. Il avait 11 ans. Moi j’en avais15

Plutôt que de risquer naufrage en Méditerranée dans une barcasse, ce jeune nageur a préféré tenter sa chance dans ce bastion de l’exotisme. Une fois sauf, il s’est blotti dans la caverne. Il y a vécu un an, survivant de mendicité, avant d’être placé en foyer. « En 2006, je suis rentré au centre d’accueil. J’y suis resté un an. J’ai été battu de nombreuses fois. Il y a trois mois, j’ai dû en partir et revenir dans la caverne, car ils disaient que j’avais 18 ans. Mais en vrai, j’ai 17 ans : quand je suis arrivé à Melilla, ils m’ont donné un an de plus. » Younes a été expulsé depuis quelques jours. Il vit maintenant dans le rue de l’autre côté du trait d’union entre l’Europe et l’Afrique.

A Melilla, heureusement, il y a José et sa femme, un couple d’enseignants généreux qui défendent les droits des enfants marocains, les droits des immigrés en général. Mais José et Maïté sont persona non grata. Ils ont tout enduré : boycott économique, filatures, mises sur écoute, menaces de mort.

 

Alors, le soir, pour se détendre, après avoir passé du temps avec José, l’équipage du Basta écoute son nouveau chanteur préféré, celui que l’incorrigible Karine, de séjour à bord, lui a fait découvrir : l’immanquable Didier Super !
Ou alors, nous déconnons avec les nouveaux voisins de bateau, des Belges à la quête du bonheur autour du monde à la vidéo.

Melilla, port plus exotique que moderne : une digue détruite, aujourd’hui immergée, est non seulement mal signalée, mais pas indiquée sur les cartes marines. L’autre bateau voisin en a fait les frais. Ce couple franco-allemand voyageant en voilier y a coulé en quelques minutes. Puis, ils ont passé deux années à sec au carénage à colmater et retaper leur voilier Moe Moea .

Avant leur remise à l’eau, il y a quelques semaines, ils ont invité tous leurs amis de Melilla (il y a tout de même des gens sympas) à dessiner sur leur coque fraîchement repeinte en jaune. Nous y avons inscrit cette phrase le long de la ligne de flottaison :

« Le mer c’est comme un hurlement géant qui ne s’arrêterait pas de crier : bande de cons, la vie est immense ! »

 

Combien de litres de peinture a-t-il fallu pour décorer ce beau yacht ?

Demain, à l’aube, nous laisserons Basta au ponton de ce port exotique pour environ un mois. Nous prendrons l’autobus, vers le Sud-Ouest du Maroc, le pays berbère.

En route pour une enquête économique entre développement durable et gros intérêts industriels sur fond de guéguère de brevets sur le vivant ! En route vers la modernité du Maroc !

Si vous trouvez la réponse à toutes les questions, vous gagnez un séjour dans le village vacances de la capitale européenne de l'exotisme :

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 15:09

J’ai calqué notre route maritime sur une feuille, puis j’ai tourné la feuille. J’ai obtenu le profil d’un visage doté d’un front et d’un nez bien saillants. Cette route zigue-zaguante, c’est celle qui est tracée sur notre carte marine et qui  relie Mallorca à l’endroit où nous avons accosté cinq jours après avoir quitté les Baléares : Melilla. Pourtant, seuls environ 360 milles nautiques ( 650  km) séparent ces deux points. En ligne droite, nous aurions du mettre 3 jours.

 

 

halo-BD.jpg



Mais nous naviguons en Méditerranée : d’abord vent de sud-ouest, puis de nord, passant au nord-est, puis à l’est en passant par le sud etc… Le tout avec différentes forces de vents allant de la pétole au grand frais officiel agrémenté de rafales bien plus puissantes. Généralement dans ces conditions, la mer est contraire au vent et forme une sorte de marmite bouillonnante, parfois couverte d écume. Dans ce cas, le marin se dit toujours à un moment : « Mais faut être dingue pour prétendre aimer ça ! »

 

Nous devions arriver avant le 17 avril à bon port, date à laquelle commençait le festival de musique soufi de Fes que Daniel s’était engagé à couvrir pour un quotidien espagnol, avec et grâce à l’ Incorrigible journaliste Karine.



Nous sommes arrivés le 16. Daniel serait arrivé à la nage de toute façon s'il avait fallu.

Basta est donc amarré à la marina de Melilla, enclave espagnole au Maroc de 20 km2 cerclée de barbelés.
Pas de soucis de vol : un flic tourne en permanence autour de la marina passant toutes les 10 minutes devant le bateau. Il sassure que des immigrés clandestins n'arrivent pas à la nage dans le port. Drôle de bled où l’on ne sait plus trop qui est enfermé derrière les barbelés (?)

 
Pour l’équipage du Basta, c’est un nid de sujets et une base pour partir en reportage au Maroc. Ce pays est juste là, à trois coups de pédale en vélo. Derrière la frontière, ça grouille de Marocains, d’Africains. Ils commercent, trafiquent, survivent, tentent de passer dans ce premier monde qui marche de travers…

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 09:19

A bord du Basta, l’autogestion régit la vie à bord. Mais quel système de prise de décisions adopter ? : à deux quelle voix compte ? Qui fait la vaisselle ? à deux, quel consensus ? Qui fait la popote ? Parfois, il faut plutôt se tourner vers un vieux mode grec de démocratie par tirage au sort : la clérocratie, basée sur le hasard. C’est alors le règne du « trou » : « trou ce sera toi qui fera la vaisselle et la popote… » Inconvénient : le hasard fait bien ou mal les choses. Qui plus est, ça dépend pour qui !

 

Barcelone.

Certes, une arrivée marquée par les fantômes de Franco (premiers jours : l’affaire de la police maritime ; juste après : les flics ont failli confisquer l’une de nos bicyclettes parce qu’elle était cadenassée à un poteau, et non à un vrai garage à vélos…). Par la suite, ouf !, ce sont plutôt les rejetons du POUM qui ont marqué notre séjour…

 

D’abord, le Parti Populaire (de droite) n’a pas reconquis le pouvoir, le laissant aux socialistes. Le même jour que nos municipales, en effet, les Espagnols votaient pour leurs législatives. En démarrant notre approche de la Catalogne par la rencontre d’un militant homosexuel, nous avons compris que les socialos ou le PP, ce n’était pas la même chose. Nous avions vu presque tous les films d’Almodovar. Pourtant, se rappeler que l’homosexualité était interdite en Espagne jusqu’en 1980, que les gays, sous Franco étaient emprisonnés et soumis à une thérapie de l’aversion par stimuli électriques, que des homos ont combattu pour leur dignité dans la clandestinité il y a si peu d’années… Et que le PP voulait leur retirer ce qu’ils ont enfin gagné : le droit de se marier, de s’aimer sans se cacher. Le portrait de Jordi est à lire dans REGARDS au mois d’avril.

 

 

 

L’équipage du Basta qui n’a pu participer à la claque électorale de l’UMP aux municipales, dans un beau geste démocratique, vote à son tour, mais virtuellement et, tant qu’à faire, pour des listes imaginaires : bulletin AUTOGESTION ou CLEROCRATIE ?

 

Durant notre séjour, Barcelone inaugurait son TGV à Madrid. Grande nouvelle ! Bientôt, le TGV à la frontière française ! Chouette, penserez-vous ! Mais à quel prix ? (aux deux sens de l’expression). Les aménagements condamnent des logements, parmi lesquels un bâtiment : le Centre social autogéré Can vies (maison de la voie [ferrée] en catalan). Can Vies est une maison « okupée », avec un « K » comme l’écrivent les squatteurs barcelonais. C’est l’un des fameux squats de la ville qui fait office de centre culturel alternatif autogéré par une assemblée populaire.

 

Il est 20 heures, ce soir là. L’assemblée se réunit autour d’une table cernée de graffiti, d’affiches militantes et d’un tableau noir où s’affiche le calendrier d’activités. variées, entre culture et politique : répétition de groupes de rap, cours de théâtre, danse, atelier de sérigraphie, rédaction d’un journal gratuit de contre-informations, réunions syndicales… Les « Okupas » de Can Vies financent le fonctionnement, l’entretien du centre social et l’édition du journal grâce à l’organisation de concerts. Autogestion rime avec autonomie.

 

 

L’assemblée, ce soir là, réunit une vingtaine de participants de 20 à 30 ans, le doyen ayant une soixantaine d’années. De tradition libertaire, elle ne vote pas à la majorité, mais discute jusqu’au consensus, ne croyant pas à la majorité par respect des minorités. Alors les sujets s’enchaînent parfois jusque tard dans le nuit. D’abord, les campagnes à mener : le « débaptisage », c’est le plus âgé de l’équipe qui lance l’idée. « Autant en profiter pour demander à l’Eglise de rayer nos noms de leur liste de façon collective en mobilisant tous les gens du quartier devenus athés ! » Adopté ! Point suivant : Lancement d’une réflexion collective sur les questions de genre. L’idée de ce thème est née après un incident dans le centre : un homme ayant agressé verbalement une femme. Un texte circule. A discuter. « Mais arrive-t-on toujours au bout à de nos engagements ? », lance un pragmatique débouchant sur une nouvelle proposition : étudier les archives de l’assemblée (à chaque réunion un secrétaire volontaire prend des notes) afin de revenir sur les décisions non menées à bien. Puis, il faut organiser des équipes volontaires pour la rénovation du bâtiment. Egalement, soutenir la commission juridique qui a débouté l’entreprise de transport ferroviaire au tribunal contre le délogement du squat. Une victoire provisoire. Qui a dit que l’autogestion c’était le bordel ?

 

Si l’équipage de Basta a été accepté dans ce cercle - un cercle qui se méfie des infiltrations de RG - c’est parce qu’il a été introduit par Hernan dont vous pourrez lire le portrait dans REGARDS au mois de mai. Hernan tient la coopérative-librairie Ciutat invisible linkavec quelques associés. C’est une excellente adresse : on y voit en vitrine un excellent livre : « Argentina Rebelde, un laboratorio de contra-poder »

 

 

Hernan : « Je ne veux pas travailler pour payer un logement. Pourquoi pas pour respirer ! Payer un logement c’est avoir un contrat de travail fixe, un bulletin de salaire qui t’oblige à rentrer dans une machinerie, à baisser la tête, à accepter une vie que tu refuses. De l’esclavage ». Hernan a crée son emploi dans sa coopérative où il alimente un centre de documentation sur les mouvements sociaux de Catalogne. Il touche un tout petit salaire, mais vit comme il l’entend, squattant un logement à Can Vies.

 

Autogestion et autonomie, aventi ! Le 27 mars, Basta a mis les voiles entre deux coups de vent vers l’archipel des Baléares. Son équipage va expérimenter ces belles théories. Objectif : une semaine en autosuffisance dans la crique de Turqueta à Minorque.

 

 

C’est bon l’autogestion ! Mais qu’importe le mode de prise de décisions quand il s’agit d’autonomie : la pêche semble plutôt dépendre du hasard…

 

Petit encadré pratique : la bonne soupe de pêcheur à la Bastarde

 

Prenez deux ou trois girelles, dorades et rouquiés pris au filet ou au fusil en plongée sous-marine. Coupez les en morceaux. Plongez les dans une cocotte remplie d’une brique de sauce tomates Lidl. Ajoutez toutes les épices qui vous tombent sous la main. Faire cuire à petit feu. Et mettez ce que vous ne mangez pas au dîner en conserve. Pour l’autonomie à venir.

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 07:30

Ivan Rios est mort. La radio l’a annoncé il y a quelques jours. Daniel en a eu le souffle coupé. Il m’a regardé et a dit : « Cécile, Ivan est mort ! ». Ivan Rios était un membre du bureau politique des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Nous avions rendez-vous avec lui dans le petit restaurant d’un hameau du fin fond de la jungle quand, en février 2002, le processus de paix en Colombie a subitement été interrompu par le gouvernement.

 
Les FARC bénéficiaient alors d’une enclave grande comme la Suisse, démilitarisée depuis le 7 novembre 1998 pour être transformée en laboratoire de paix accueillant des conciliabules. Cependant, le 20 février, à 21H19, le président de la République de Colombie, Andres Pastrana, donna une allocution télévisée exceptionnelle : « J’ai décidé de mettre fin à la zone démilitarisée [pour mener les dialogues de paix], à partir de minuit. J’ai donné tous les ordres nécessaires aux Armées pour reprendre cette zone [aux guérilleros], en ayant une attention toute particulière pour la population civile ».
 
Ce que venait d’annoncer le numéro un colombien était la guerre. Ainsi, les douze coups de minuit sonnèrent le début d’une vaste offensive aérienne visant l’enclave concédée aux rebelles. Baptisée « Thanatos », du nom du Dieu grec de la mort, l’opération militaire s’attaqua à 85 cibles stratégiques au cœur d’une zone habitée par 100.000 civils. On ne les avait ni évacués, ni même prévenus…
 
Notre vol intérieur fut annulé.
Les jours suivant, Ingrid Betancourt fut empêchée par les autorités de rejoindre par les airs la commune qui avait fait office de lieu d’accueil des pourparlers. C’était une commune administrée par un maire de son parti politique. Ingrid ressentit légitimement le devoir de s’y rendre envers et contre tout -par la route- pour être solidaire de ses électeurs sous les feux. Elle fut alors kidnappée par les FARC dans un de leur barrage.
 
 
Le lendemain de l’annonce de la mort d’Ivan Rios à la radio, le quotidien La Vanguardia a publié cette photo :
 
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Je n’ai pu m’empêché de faire un rapprochement avec cette autre image devenue célèbre.
 
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Politiquement correct ou pas, qu’importe, ce rapprochement n’est pas si impertinent : comme le Che, Ivan Rios a cru pouvoir imposer par la force ce qu’il entendait comme un projet de société idéal pour l’Homme, et il est mort de la trahison d’un de ses hommes appâté par une récompense en argent... l’un de ces Hommes.
 
Le photographe de l’AFP a –t-il perçu ce rapprochement ?
 
L’article de La Vanguardia précise :
Ivan Rios a été tué par son garde du corps. Celui-ci l’a flingué pendant son sommeil dans l’espoir de toucher la prime de deux millions d’euros promise par le gouvernement. Puis, il a coupé une main au cadavre pour l’amener à l’armée et ainsi prouver qu’il avait bien assassiné le bon guérillero. Le cadavre mutilé d’Ivan Rios a ensuite été déterré par l’armée colombienne sur les indications de son assassin.
 
La Vanguardia poursuit : des avocats se questionnent. La rançon promise pourra-t-elle être acquittée ? Le fait que l’Etat colombien paie deux millions d’euros pour récompenser un assassinat est-il légal ? constitutionnel ?

Durant les pourparlers de paix, Ivan Rios faisait un peu office d’attaché de presse dans la zone démilitarisée pour les négociations.
En 2001, Daniel avait traîné une bonne semaine à Los Pozos, le hameau isolé, lieu exact de la table des pourparlers. Il y séjournait dans une baraque en bois où une famille avait ouvert 4 chambres sommaires avec des moustiquaires. C’était en quelque sorte un gîte rural, version locale.
Durant cinq jours, Daniel resta le seul visiteur de ce patelin. Et pour cause, il ne s’y passait rien. C’était avant une grande réunion prévue avec des représentants de 22 pays « facilitateurs » de paix. C’est seulement à l’approche du rendez-vous qu’étaient arrivées en bus des familles de kidnappés. Après un voyage éprouvant, elles s’étaient installées dans la même « pension ». Les journalistes, eux, viendraient les jours suivants en avion et dormiraient à la ville voisine dans des hôtels.
 
A Los Pozos, se dressaient des bâtiments réservés aux Farc.
Ivan Rios y avait un bureau. Il y recevait surtout les doléances des habitants. Ivan Rios dormait dans un campement à quelques kilomètres dans la forêt et faisait tous les jours le trajet jusqu'à Los Pozos. Il déjeunait quotidiennement dans un petit restaurant que Daniel avait repéré.
Daniel y mangeait à une table. Ivan à une autre. C’est ainsi que leurs conversations ont commencé en fin de repas un beau jour. Ils discutèrent sur des images diffusées à la télé, puis, le lendemain, Ivan l’invita à boire un café dans son bureau.
 
Daniel qui était là un peu par hasard pour faire des photos des Farc y apprit alors qu’il y avait dans les jours suivants la grande réunion [Ivan Rios dû comprendre ce jour-là que ce drôle de journaliste fauché et mal informé n’était pas tout à fait comme les autres].
 
Daniel et Ivan « sympathisèrent ». L’un tentant d’apparaître comme un journaliste de gauche sans trop faire d’efforts. L’autre n’étant pas trop dupe, tentant d’apparaître comme un jeune guérillero intello et idéaliste, sans trop faire d’efforts non plus, laissant le journaliste pas trop dupe non plus. Bref, ils étaient sur la même longueur d’onde. Le courant passait.
 
Durant ce séjour, Daniel réussit à interviewer Joaquim Gomez, un leader des FARC. A l’époque, cette guérilla n’étant pas très en vogue, l’interview était sortie dans Croissance, une revue intelligente mais peu lue qui coula peu de temps après.
 
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Anecdote, un soir, dans le fameux resto :
Daniel repère l’un des chefs des FARC en compagnie de sa femme et de sa fille, à une table. Il attend la fin du repas, se présente et demande l’autorisation de tirer un portait de famille. Le chef réplique : « Une photo de moi oui, mais pas de ma femme, ni de ma fille ! » Puis, le guérillero se lève et s’en va.
Mais Daniel voit par terre, sous sa chaise, une grosse liasse de billets. Visiblement, cette belle petite somme est tombée de sa poche. Lui qui, comme d’habitude, voyage avec très peu de fric, hésite, mais pas trop : « Là, faut pas rigoler ! ».
Il court donc après le guérillero «  Eh, viens, viens ! », lance-t-il, à ce chef étonné qu’un journaliste lui parle ainsi. L’homme revient sur ses pas, découvre la liasse et remercie Daniel chaleureusement. Voilà le photographe dans les papiers des Farc…
 
Par la suite, Daniel prendra tous ses repas ou ses cafés avec Ivan Rios. Ils commenteront la télé, discuteront politique, rigoleront, puis, échangeront pendant un an des emails. C’est grâce à ces contacts que nous avons convaincu un grand hebdo féminin de financer notre reportage sur les femmes dans la guérilla en février 2002.
 
Le 20, la guerre éclate. Puis Ingrid est kidnappée. La presse française ne porte plus le même regard sur le conflit colombien.
Malgré les conditions, nous séjournons tout de même quinze jours dans un campement clandestin de la guérilla.
Le magazine féminin qui avait aimé les portraits de guérilleras de Daniel prises à Los Pozos considérées « glamour », et qui nous avait envoyé pour cette raison continuer ce sujet, ne voulait plus voir que des images de guérilleras aux regards féroces, aux dents serrées, sans maquillage…
 
 
 
Bateau BASTA Bateau Basta - dans Les escales
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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 06:55
 
Non, ce n’est pas l’équipage du Basta éméché à la sangria ou traumatisé par la mésaventure avec la police barcelonaise qui décrète ce mauvais scénario de SF. C’est Jacques Atalli !
Bon, c’est vrai qu’il dit pas mal de conneries surtout ces derniers temps.
Mais là, Atalli mérite d’être écouté. 
Je décris un débat TV sur le plateau de Ce soir ou jamais (Incroyable ! à bord, dans notre marina à cartes magnétiques et caméras de vidéo-surveillance, nous avons wifi, donc nous pouvons podcaster !). Le débat réunit des futurologues. Nos sociétés vont s’orienter vers de plus en plus de peurs, donc de contrôles – d’où le pouvoir des assurances… etc  
Je cite Atalli : «  Nous irons vers une surveillance accrue. Et même une auto-surveillance. Nous aurons si peur de ne pas être conformes à la norme que nous surveillerons nos propres écarts à cette normalité »… Ainsi, nous vivrons dans l’illusion totale de notre liberté, étant seulement « libres de créer les conditions de la jouissance de notre servitude ». 
Ça y est : Basta est assuré chez un assureur dénoncé par Amnesty International pour ses investissements dans les mines antipersonnel... C'est idiot, nous réalisons justement une enquête (sur un tout autre sujet) pour la revue française d'Amnesty ! 
Quand ils n'écrivent pas dans les journaux des ONG, les journalistes sont de toute façon habitués à travailler pour des marchands de canon qu'ils le veuillent ou non.

Basta est donc assuré. Je ne détaillerai pas ici la globalité des démarches et des astuces qu’il a fallu trouvées pour que le bateau retrouve enfin la possession de son droit de circuler. Disons seulement que notre voilier a recouvré ses papiers.
Un autre intervenant sur le plateau, Joel de Rosnay, je crois, annonçait la web-résistance. Une sorte de bienveillance en réseau qui supplanterait finalement ce monde engoncé dans ces phobies. Et l’on irait vers l’assurance peer to peer d’internautes rebelles s’assurant entre eux… Des volontaires ?
CR
 
 02.jpg
 
Me reviennent à présent les paroles de Claude Bébéar qui, à l’antenne de France Culture, racontait comment, quand il était plus jeune, il avait pressenti que le développement industriel de l’après guerre allait être accompagné de prises de risque et donc, de l’assurance. Il se satisfaisait de sa bonne fortune … Il n’avouait surtout pas d’avoir su voir que tout entrepreneur industriel n’a pour but que de ne jouir d’un confort qu’après peut-être une prise de risque. Et c’est ce confort là qu’il faut assurer. Nous, qui refusions cet état, avons assuré Basta … responsabilité civile et enlèvement d’épave… chez AXA !
Sommes-nous plus responsables maintenant ? Peut-être que nous allons faire moins attention dans les ports puisque si nous abîmons un autre bateau ou blessons quelqu’un, c’est l’assurance qui paît ! Nous avions encore le choix dans les eaux françaises, maintenant non. Et nous allons avoir de moins en moins le choix.
DH
 
 
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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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