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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 11:05


Notre ami havanais aime le métal core bien death. Lorsqu'il était adolescent, il avait monté un  groupe avec trois copains de Havana Vieja, lui à la gratte. Aujourd'hui, notre ami a dans les 35 ans.  Séparé de sa femme, il a un enfant, et vit chez sa vieille maman dans un appartement. Mais il rêve encore de se vêtir d'un t-shirt noir à l'effigie du groupe américain Death dont le défunt chanteur avait une voix gutturale particulièrement caverneuse. Il en est fan. Malheureusement, c'est impossible à Cuba de trouver dans les magasins d’État la panoplie dont il aimerait s'accoutrer. Et c'est aussi difficile pour lui de se racheter une guitare électrique. Trop cher. Jeune adulte, il a vendu la sienne. Depuis, comme on dit ici, « C'est pas facile... ».
Il se souvient : « Il existait à la Havane une cour privée où le week-end les groupes de rock métal venaient jouer. C'était le jardin d'une rockeuse. On appelait cet espace le patio de Maria... ». Mais cet endroit a un jour été fermé. L’État hérité des barbus a voulu peu a peu contrôler et réguler ces nouveaux rebelles chevelus. Il fallait alors, pour être agréés, passer une audition devant une commission qui statuait en mettant des notes de A à C. Notre ami havanais se rappelle du regard hagard de ces vieux juges, probablement imbattables en son,bolero, salsa, rumba, ou trova quand lui et ses amis on fait grincer les cordes de leurs guitares et de leurs voix face à leur jury. Ils avaient obtenu un C. Depuis, ce tribunal du métal kafkaïen a évolué. L'Agence cubaine de rock est née, composée de bon connaisseurs, de rockeurs. Elle dispose d'une belle salle de concert à la Havane où se produisent les 24 groupes qu'elle a agréés, ceux qui pourront éventuellement voyager et représenter Cuba sur la scène rock internationale.

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Notre ami havanais nous y a emmené. Il n'y va plus si souvent. Le ticket d'entrée coûte 20 pesos nationaux pour les Cubains. Son salaire mensuel, versé par l’État, en tant que fonctionnaire d'un service sanitaire, est de 380 pesos. A l'intérieur, le bar se paie en CUC, cette seconde monnaie en circulation dans l'île, environ au même cour que le dollar, inabordable pour la plupart des Cubains. Car un CUC vaut 24 pesos. Autant dire qu'ils n'étaient pas nombreux les jeunes hard-rockeux de la Havane à s'offrir un bière a 1 CUC ou une bouteille de 75 cl de rhum a 3 CUC. (Précisons qu'à Cuba, l'habitation est gratuite ainsi que la santé, l'éducation et que chaque Cubain reçoit, grâce à la Libreta, des denrées alimentaires qui permettent de se nourrir pendant environ une dizaine de jours par mois.) Mais ils avaient pour la plupart les t-shirts que notre ami n'a pas et leurs chevelures oscillaient bien de bas en haut, d'avant en arrière, au rythme d'un groupe déchaîné au core métal d'excellente qualité pour autant qu'on puisse se permettre d'en juger...
Notre ami se souvient encore d'un des premiers concerts métal qui fut organisé en plein air par l'agence. « La police était aux aguets, encadrant la place. Et quand le public s'est mis à pogoter, elle était prête à chargée ! » Avant que la situation s'envenime, il a fallu expliquer aux flics cubains que ce pas de danse d'un genre nouveau n'était pas une baston générale à réprimer... Depuis, les choses ont un peu changé. Aujourd'hui, il existe même un festival international de métal à Cuba que notre ami ne manque pas.
Vers une heure du matin, à la fermeture, quand nous sommes sortis de la salle, tous trois égayés par la bouteille de rhum que nous étions presque les seuls à avoir pu payer, il nous a fait remarquer, envieux et frustré, que le chanteur du groupe agréé montait dans une voiture neuve. Lui n'a pas même les moyens d'une bicyclette. Notre ami havanais a surtout besoin d'une guitare. Il a besoin d'expulser sa rage.

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Les escales
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 10:35

A lire, un nouvel article du BASTA dans le quotidien de l ecologie REPORTERRE...

Cliquez ICI

 

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:23

 

Nous l'avons d'emblée appelé «  Pigeonneau  ». C'était certes un peu ridicule, mais cela nous a semblé tellement plus simple que sa matricule bagué à la patte «  FCI2011FCC Cuba 534009  ». Pigeonneau est arrivé dans une belle envolée directement sur la table du carré. Il nous a surpris. Nous naviguions déjà depuis six jours, au près. Et, si la Jamaïque n'était qu'à une centaine de milles nautiques, BASTA évoluait bel et bien en plein large, sans côte à vue.

 

Pigeonneau a la barre

 

On lui a donné à boire dans un bol, il a bu. On lui a donné des crackers écrasés dans une assiette, il a mangé. Puis il s'est installé sur un petit coussin moelleux et a dormi. Nous aussi d'ailleurs. Au réveil, nous en avions fini avec l'envie d'offrir gîte et couvert à cet opportuniste qui prenait le BASTA pour une «  guagua  », l'autobus public cubain. Il avait chié sur la table, sur le coussin... Alors nous avons nettoyé et aimablement posé Pigeonneau au fond du cockpit avec son bol et son assiette pour le motiver. Il a re-bu et re-mangé, puis il a tout tenté pour re-rentrer  : par la porte, par les hublots. Affectueux, Pigeonneau avait décidé de dormir dans notre bannette. Il portait aussi un certain intérêt aux questionnements de René Dumont en 1970 : "Cuba est-elle socialiste ?"... 

 

Pigeonneau dans le carre

 

Nous avons nettoyé et re-nettoyé en nous demandant pendant les deux jours qu'il nous a accompagné, mais qui sont donc, d'entre nous, les pigeons voyageurs  ? Lorsque les montagnes qui entourent Cienfuegos se sont dessinées à l'horizon, au bout de neuf jours de mer, nous avons lancé en l'air Pigeonneau. Il est revenu à plusieurs reprises avant de se rendre compte que la terre socialiste était enfin accessible... Alors BASTA est arrivé à Cuba avec son équipage habituel.

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Le voyage
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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 13:30

Convertir les Amérindiens à la marchandisation de la nature qu’ils ont su jusqu’ici préserver sans argent... c'est le thème de l'article de l'équipage du BASTA paru dans le quotidien de l'écologie REPORTERRE.

 

Ipeti Embera

 

Vaine tentative de la part de l'ONU et de ses alliés promoteurs d'un capitalisme soit disant "vert", les indiens du Panama rejettent  le mirage de la finance carbone...

Pour lire ce deuxième volet de notre série de reportages sur le combat des amérindiens contre le green business, cliquez ICI !

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 19:54

 

Faites circuler la bonne nouvelle et ce lien des Editions du Croquant

annonçant la publication de notre récit de voyage au pays d'HugoChavez !

 

CB BD 

Dans à peine un mois, vous pourrez vous ruer dans toutes les bonnes libraires

un peu comme pour Harry Potter... après tout, Chavez était à sa façon une sorte de

magicien de la politique latino, non ? !

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 06:48

BASTA publie dans le quotidien de l'écologie d'Hervé Kempf - ce journaliste qui a quitté la rédaction du MONDE suite à des refus répétés de ce journal de le laisser réaliser des reportages sur le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes...

 

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Pourlire le premier volet d'une série d'articles réalisés au Panama

Cliquez ici !

 

Pour finir cet article, cliquez là !

 

 

Et rejoignez le mouvement indien contre le barrage Barro Blanco !

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:41

Notre amie Lisa est une artiste couturière amérindienne. Ses oeuvres de tissus, les "Molas", sont un savoir-faire spécifique des Kunas du Panama. Dans l'archipel des San Blas, territoire des indiens Kunas composé de 350 petites îles coraliennes, elle compte parmi celles qui préservent amoureusement cet art.

 

Lisa Guna Yala

 

Peu importe si Lisa est en fait un homme travesti. Dans la culture Kuna, on dit "Omegiid", "comme femme". Elle nous raconte comment sa société traditionnelle fait parfois preuve de bien plus de tolérance que la notre...

 

Un reportage de BASTA sur la radio suisse romande, ce 6 février, à podcaster ICI

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 20:24

 

Selon la famille de Weni et de Guedia, c'est l'an 52, non pas l'année 2014. Après des siècles de domination, les amérindiens Ngäbes du Panama ont retrouvé un territoire, une identité, une religion et même une écriture, suite à une révélation divine. Mais tout ce qui a contribué à cette renaissance de la culture Ngäbe est aujourd'hui menacé par la construction d'un barrage hydroélectrique prétendument « écologique » : les champs, l'école où l'écriture du Ngäbe inventée par le grand-père Manolo est enseignée, les pétroglyphes gravés par les ancêtres, toute la vie tranquille au hameau de Kiad...

 

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Non au barrage Barro Blanco !

 

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Un reportage radiophonique de BASTA diffusé le 5 février 2014 sur la radio suisse romande, dans l'émission "Détours".

Pour le podcaster, cliquez ICI...

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:27

Pour commencer 2014, voici un petit tuto de la fabrication de l'arbalète sous-marine que je viens d'inaugurer dans les eaux du Panama.

Mais auparavant, je ne resiste pas à citer une phrase d'Henry David Thoreau extrait de son fameux "Walden ou la vie dans les bois" : « Je préférerais m'asseoir sur un potiron et le posséder bien à moi que d'être à plusieurs sur un coussin de velours. »

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Ce potiron a été récolté par Guédia, une amérindienne Ngöbe, dans son champ qui pourrait être prochainement innondé par le lac d'un barrage hydro-électrique en construction au Panama contre lequel sa communauté se bat. J'y vois bien quelques correspondances entre ce potiron et l'arbalète... Manger ce que l'on a produit dans son potager ou chassé soi-même, avec modération.

Pour l'arbalète, la flèche de 130 cm. de long et de 7 mm. de diamètre m'a été offerte par un ami et très bon plongeur, Stéphane, de passage à bord. Il ne me restait plus qu'à aller acheter du sandow au mètre, une bobine de nylon 2 mm., récupérer les bouts de tôles d'inox, un peu de visserie qui trainaient dans le bateau, et aussi, aller dans un atelier de fabrication de meubles locaux pour acheter 4 euros de bois...
J'ai commencé, après quelques recherches sur internet, par le moulinet. Les flasques sont découpées dans de la tôle d'inox de 12/10 d'épaisseur et d'un diamètre de 80 mm. Le tube entre les flasques est de 20 mm. de diamètre et de 45 mm. de long. Les rondelles jaunes proviennent d'un couvercle d'une boite en plastique. Après quelques soudures et son assemblage, il a l'air de mouliner.

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Puis on s'attaque à la cassette, et là, il me faut remercier le site de l'Italien stefano-soriano.it, le blog de Sined, Nikosgun, ainsi que quelques autres sites d'internet...

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Le mécanisme de la gâchette est découpé dans une tôle de 6 mm. d'épaisseur et la cassette de 7 cm. de long dans une tôle de 10/10.15

Pour le resort, on peut enrouler autour d'une mèche de 2,5 mm. un fil d'inox de pêche, placée dans le mandrin d'une perceuse fixée à un étau, et svp., ne brancher pas la perceuse, je ne tiens pas à être responsable de doigts en moins.

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Après avoir pris en sandwich un bois rouge tropical bien dur, rigide et assez lourd, entre 2 planches de cedro amarillo (un bois peu dense), le tout collé à l'époxy mélangée avec de la sciure de ponçage, on se retrouve menuisier et ponceur... La poignée et le talon sont dans un autre bois, dont je ne sais pas l'espèce, mais qui est bien dur également. On obtient un fût de 42 mm. de haut sur 40 mm. de large, avec une longueur de 110 cm. Pour creuser le guide pour la flèche dans le bois dur du centre, j'ai pris un rond d'acier de 6 mm. martelé à l'extrémité, cela a créé une aspérité, que j'ai utilisé comme un rabot.
Les guides de la ligne de 2 mm. sont réalisés dans des électrodes de soudure 316 L de 2,5 mm.

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Après trois couches de vernis, on part le tester. Il coule légèrement, ce qui n'est pas plus mal... puis au retour, on mange du Pargo rojo, Pagre dents de chien comme on dit en Guadeloupe, ou Sarde dents de chien, ou Zié Pleuré en créole, ou chez les anglophones, Dog Snapper, et pour mettre tout le monde d'accord, les scientifiques parleront du Lutjanus jocu, d'une dizaine de livres pour le plus gros... Je vous laisse choisir la recette, mais à bord de Basta ce fut à la tomate et au lait de coco, en garniture un riz coco, le tout légèrement pimenté et accompagné d'un vin chilien, partagé avec nos amis amérindiens Gunas de l'île de Mamitupu dans les San Blas.

Pour le potiron, Guédia l'avait préparé boulli accompagné de riz blanc et d'une tasse de café, ce qui fut également excéllent.

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 09:34

Basta et son équipage vous souhaitent une bonne année 2014...

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Plage du village de Mamitupu dans les San Blas.

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

Contacts :

bateaubasta@gmail.com

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