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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 20:28

Depuis notre remontée secouée, au près, du Venezuela jusqu’en Martinique, nous avons encore bouffé des miles nautiques !

Mais avant de reprendre la mer, sur cette île française, l'équipage du Basta s'est lancé dans un reportage culinaire sur la banane antillaise... Il s'agit là, bien sur, de cuisine politique teintée de lobbying économique à la sauce aux champignons...

A lire dans REGARDS : clic ici

Le sujet a aussi fait l'objet d'une « carte postale » publiée dans SINE Mensuel :   clic là !

Parallèlement, nous avons suivi les entraînements de la sympathique équipe de yoleurs âgés de 10 à 14 ans, en apprentissage à bord de la bébé yole "Jeannine", dont les difficiles départs à la voile dans les rouleaux de la Trinité nous ont beaucoup impressionnés : un « mini-reportage » à paraître dans GEO ado du mois d'août : re-clic !

 

La Martinique est toujours une escale de joyeuses retrouvailles familiales et amicales.

Petit clin d’œil tout particulier à la famille « 16 » ! « Je voudrais le fils, le couz, la fille, le beauf ! » Toujours prêts à faire la fête, toujours la main sur le cœur ! 

Dans cette île, trop encombrée de bagnoles, de grandes-surfaces et de panneaux publicitaires, nous ne manquons jamais ces douces après-midis dans le « zion » des vieux potes Kazy et Naby, deux vrais adeptes de la décroissance qui ne se contentent pas d'acheter des produits bio chez Carrouf ou de fermer le robinet quand ils se brossent les dents ! Dans son livre, qui vient de paraître aux éditions Amalthée, « Rasta, la gnose caraïbe », Ras Naby s'explique ainsi : « Quelle révolution pourrait être plus pertinente que celle du roots Rasta ? Il ne s'agit plus de détruire un système pour en refaire un autre, mais de soustraire un à un notre énergie vitale de son circuit infernal par le choix légitime et respectable d'une vie simple ».

 

Après tout ces verres et ces verts... du bleu, du bleu, du bleu !

 

Basta a fait route direct sur Santiago de Cuba : 1100 miles nautiques !

Santiago-de-Cuba.jpg

Puis, quittant à regret le pays des frères Castro (nous reviendrons dans de prochains posts sur notre séjour de deux mois à Cuba), nous avons mis le cap sur l’île de Curaçao où nous sommes aujourd’hui, via l’île à Vache à Haïti et le cap Beata en République Dominicaine. Nos routes sur la carte dessinent un grand cercle sur la moitié de la mer des Caraïbes…

En mer, surtout quand Basta trace son sillon bien calé sur son angle de gîte, la lecture, tous deux vautrés sur nos couchettes, reste la seule activité soutenable. Alors l’équipage en profite pour enfin dévorer des livres.

« Rien donc ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait ; nos liens avec le monde, c’est nous qui les créions ; la liberté était notre substance même » écrit Simone de Beauvoir en pleine « Force de l’âge », à propos d’elle et Sartre, alors jeunes et rêvant de vivre de leur plume…

Depuis bientôt cinq ans que nous avons quitté Paris en voilier, sans aucunes économies, nous voguons au gré de nos envies, vivant modestement de textes et de photographies, essentiellement contraints par les vents… Est-ce aussi une  substance ?

En navigation, à bord de notre Basta, oui, on se sent si libres qu’on s’en étonne à tout moment !

Parfois, mettant le nez dehors pour prendre un bol d’air entre deux phrases ondulantes, une masse sombre à angles trop droits grossit sur l’horizon dégueulant ses containers remplis de marchandises comme une machine de guerre commerciale sur un océan de poésies. Pas la notre - notre propre poésie ne semblant savoir s’exprimer que dans notre mode de vie- plutôt celle de notre ami cubain Alfredo, rencontré à Manzanillo, que nous lisons aussi pendant nos quarts.

poeme-de-alfredo.JPG

Nous l’avons très approximativement traduit ainsi (nous pardonneras-tu Alfredo?!) :

 

Déglutition déplacée sous dais

 

I

Vertical descente d’un tour qui se ramassera en mer

Fange octroyée blancheur à temps

coucher les lèvres

bras souteneur

nota bene : sa fin ne sera pas cette fois l’eau

 

II

Altitude

les cheveux comme grimaces

amertume

profondes concavités qui traînent le sel

Horizontal cette fois confirme le paysage

qui va en s’étendant

 

III

Son odeur est sa finitude

Algides points afin d’aveugler la vue

Décharge tout ses sons dans la mer serrée

 

Extrait de « Luz & figuras », par Alfredo Perez Muñoz, Ediciones ORTO, 2007

(orto@crisol.cult.cu)

 

Pour Alfredo, le mot mer, n’est jamais très éloigné de l’idée de désir.

Pour Simone, qui n’était sûrement pas un grand marin mais parlait si bien de la liberté qu’elle construisait avec Sartre, « la joie amoureuse devait être aussi fatale et aussi imprévue que la houle des mers… »

Pour nous, quand nous n'arrivons plus à les lire, quand la mer devient forte, que le vent fraîchit, qu'il vient d’où nous allons, et que de surcroît 2 nœuds de courant amplifient notre dérive, la mer devient alors une sorte d'aliénation en substance qui nous assujettit...

 

 

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Le voyage
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:38

Oyez oyez !

Ecoutez et podcastez notre carnet de voyage au Venezuela toute la semaine du 21 au 25 mai dans l emission Un dromadaire sur l epaule de la radio suisse romande !

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/un-dromadaire-sur-l-epaule

Nous vous emmenons chaque jour dans un paradis plus ou moins socialiste !

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:22

Oulala, plusieurs mois d'inactivité sur ce blog...
Juré ! L'équipage de Basta a pensé à plusieurs reprises poster des nouvelles du Venezuela, où il vient de passer six mois. Mais le temps a filé comme une étoile par une nuit de quart à la barre.

Pour une série de reportages radio, il a fallu qu'il sillonne le pays en bateau, en bus et à pied... rencontrer des afro-descendants, des indiennes Taurepan, des militantes chavistes, des bourgeois-libéraux-conservateurs, des pêcheurs...

A Cumana,le thème social de prédilection de l'équipage l'a de nouveau accaparé : une sardinerie "récupérée" par les travailleurs, nationalisée par Hugo Chavez. Mais que veut donc dire "autogestion" dans un pays en voie vers le socialisme du XXI eme siècle ? gaviota.JPG
D'abord, travailler un peu moins... Normal, si on lutte pour ne plus être embauché au jour le jour et pressurisé par des chefs, et, qu'à la fin, on obtient la nationalisation, des contrats en bonne et due forme, des salaires réguliers... on peut s'apercevoir que les cadences de travail ralentissent légèrement pour le plus grand confort des doigts qui mettent en boite une bonne centaine de sardines par minute.
Ensuite, on peut jeter un coup d'oeil sur les panneaux d'affichage où les bilans comptables mensuels avoisinent avec des portraits de Che Guevara du photographe Korda. Et enfin, on peut se satisfaire à juste raison de ne plus travailler pour un patron qui va dépenser son fric dans les casinos de Miami, aux USA.

Toujours dans le même coin, mais un peu plus au fond du golf de Cariaco, Basta a caréné à Médrégal. Un franco-belge dénommé Jean-Marc y tient un petit chantier-hôtel sympa et pas cher pour les  bateaux.

En y rencontrant des navigateurs ayant bravés les pirates du pays, et après quelques bonnes bouteilles, nous avons eu l'idée de proposer un article sur le thème: "mythes et réalités de la piraterie : naviger au Venezuela est-ce encore possible ?" Et voilà donc Basta reparti dans les îles coraliennes, dans les mouillages forains encore fréquentés de cette côte à la réputation désastreuse.

Un mémorable réveillon du premier de l'an autour d'un feu de bois sur une plage de la Tortuga, en compagnie de Namibiens fumeurs de poissons et d'écologistes nord-américains...tortuga.jpg

Puis, enfin, une recontre avec les pirates...
Au Morro del Puerto Santo, un port de pêche jonché d'imondices, noyé dans le gazoil, l'équipage de Basta a eu l'admirable idée de plonger l'ancre au coucher du soleil. moro.JPG
Vers les trois heures du matin, Basta a de la visite : des pieds balots se prennent dans le tangon posé sur le pont. Daniel se reveille et, grâce au claire de lune, voit à travers les hublots deux types cherchant un moyen d'entrer à l'intérieur du bateau et une barque, moteur éteint, collée sur le francbord babord, maintenue par deux complices. Précisons que la porte de la descente, épaisse de 20 mm de contreplaqué et renforcée d'une plaque d'inox, était  fermée, que Basta ne possède que de petits hublots par lesquels un homme ne peut passer et qu'il s'est doté dernièrement d'une alarme avec une puissante sirène. Discrètement, Daniel déclenche donc la sirène en gueulant : "Vayan-se, hijos de puta !", ce  qui pourrait se traduire approximativement par la celèbre interjection prononcée par le président Nicolas Sakorzy lors d'un salon de l'agriculture. Et ça marche !  Avec soulagement, nous voyons les types sauter dans la barque et détaler rapidement.

Trois jours plus tard, au même endroit, l'attaque d'un couple sur un voilier en escale s'est conclue, celle-là, par un transport d'urgence de l'homme à l'hôpital et le viol de la femme...

Pour finir, de belles retrouvailles festives avec nos amis pêcheurs des Testigos rencontrés il y a vingt ans alors que nous naviguions en GOLIF (un voilier de 6,50 mètres) : poissons, langoustes, parties de pêches, grillades de chèvres... L'amitié attachante d'Estilita et de ses filles, les blagues del loco Felix, la poésie du vieux Chonchon, l'anniversaire de Joché sur la plage jusqu'à plus soif... et les larmes de Fany à l'heure du départ...testigos.jpg

En naviguant vers la Martinique contre vents et courants, secoués comme de pitoyables chatons coincés dans le tambour d'une lessiveuse durant six jours, nous avons eu le temps d' écouter plusieurs album de La Tordue. Alors on se repassait cet air qui dit ceci : "La vie ça te valdingue comme un joujou à tout beurzingue, t'y vois qu'du "blue"... Le plus important c'est d'être pas mort!"

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 13:04

Basta-Joyeuses-fetes.jpg

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:29
Basta avait déjà rencontré des dauphins motivés...
Cette fois-ci, ils étaient bel et bien bolivariens !
(Si vous regardez bien, vous verrez une remora ventousée sur le flanc d'un dauphin...)
 Non, on ne s'en lasse pas !
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 13:39

Pour aller au Venezuela en bateau, il faut vraiment le vouloir !

 

Dans la République bolivarienne du président Chavez - comment l'en blâmer ? - le tourisme nautique international n'est pas une priorité, malgré son potentiel incontestable. Et tout semble fait pour décourager les navigateurs ! Dans un sens, tant mieux, ne plus prendre l'apéro avec les dizaines de voileux retraités (qui attendent ensemble trop sagement la fin de la saison des cyclones à Curaçao) peut apparaître comme un soulagement...

 

Au Venezuela, d'abord, l'insécurité effraie. Les récits d'attaques de "pirates" armés pullulent sur Internet et à l'occasion dans la presse locale anti-chaviste. Mais en vérité, combien de ces pseudos-pêcheurs, accostant en barques, en mer ou dans des mouillages déserts, commettent-ils de vols ou font-ils de morts ? N'est-ce pas les mêmes récits qui se répètent depuis des années ? D'ailleurs, il semble que cela se produise aussi à Saint Martin (Antilles frrançaises), mais la presse n'en parle pas. De peur de faire fuir les touristes ?

 

A l'entrée de la marina de Caraballeda, un petit mouillage gratuit est bien tentant. Un voileux allemand y fut bien assassiné de nuit il y a environ deux ans. Basta vient de passer deux mois à l'intérieur de ce port. C'est la marina publique, c'est à dire nationalisée, la plus proche de Caracas, située de l'autre côté d'une magnifique chaîne de montagnes qui la sépare de la capitale.

 

Autre problème pour les navigateurs : le beau papier à entête qui nous autorise à séjourner au pays de la Révolution, a coûté beaucoup d'efforts, pas tant d'argent comme il aurait pu. Il s'agit du permis de séjour de trois mois renouvelable pour Basta et son équipage. Pour l'obtenir, il a fallu se rendre à... justifier de... foncer à... négocier avec... revenir à... repasser par... ramener le papier à …

 

C'était la deuxième tentative de régularisation du bateau dans ce pays. Nous avions, en fait, touché le Venezuela, fin juin, à Puerto Cabello dans l’État de Carabobo. Là, après trois semaines de démarches, la gourmandise de quelques fonctionnaires réclamant une soit disant expertise, facturée 300 dollars, a fait que Basta a mis les bouts pour chercher un autre port d'entrée dans le pays. Ce départ ne semblant pas trop les contrarier, y aurait-il eu quelques scrupules dans l'âme des fonctionnaires ?

Mercal-Catia-los-Magallanes.jpg

Dans un "Mercal", ces superettes aux prix subventionnés par le gouvernerment.

 

 

Blague linguistique : à peine arrivée, nous avions mal compris ! Aidante et désolée, la jeune capitaine de la marina récemment nationalisée nous avait bien prévenu que les autorités maritimes prétendaient faire venir à bord un "perrito". Mais pour nous, il s'agissait là de l'inspection du bateau par un « petit chien », en espagnol, un chien = un perro, donc, un petit chien = un perrito. S'il fallait qu'il renifle le stock de pâtes et de boites de conserves du bord, pourquoi donc ne pas faire venir un gros chien ? se demandait-on avant de découvrir que le mot doté d'un seul « R » avait une autre signification : un "perito" désigne bel et bien un expert ! Sachez que l'équipage du Basta, parle certes un espagnol courant, mais appris principalement dans les rues de Buenos Aires, donc doté de pas mal de « lunfardo » porteño et ponctué de « che ! »...

 

Alors que Cécile prenait d'ailleurs l'avion en direction de Buenos Aires, envoyée par le Monde Diplomatique à l'occasion des élections présidentielles, Daniel mettait les voiles vers l'île de Bonaire, pour revenir tenter une entrée au Venezuela du côté du port de La Guaira proche de Caracas, dans un autre État, celui de Vargas.

 

Au final, les formalités nous ont coûté 600 bolos, soit 60 euros, c'est presque leur prix officiel.

Amis navigateurs, por favor, ne cédez plus à la corruption ! Les quelques autres voiliers que nous avons rencontré qui ont séjourné au Venezuela ont payé 300, 400, 600 dollars, parfois pour finir sans permis et repartir bredouilles... Malheureusement, payer c'est faire monter les tarifs et créer un habitus peu reluisant qu'on ne voudrait pas développer chez nous.

Le plus simple, pour les pressés qui parlent peu l'espagnol est sûrement de faire ses formalités à Puerto La Cruz où les autorités ont plus l'habitude des voiliers.

Pour lutter contre la corruption, le président Chavez a bien mis en place des institutions nouvelles et a ouvert une instance de dénonciation, mais les corrompus trouvent toujours bons payeurs...

 

Autre obstacle pour les plaisanciers : les marinas publiques sont encore rares et leurs prix pas toujours très raisonnables pour la qualité des services qu'elles ont eu le temps et les moyens de développer, malgré la bonne volonté des nouvelles équipes en place : à Caraballeda pas une goutte d'eau ne sort du robinet devant Basta depuis deux mois alors qu'il n'y a pas non plus de sanitaires dans l'enceinte du port. Chaque semaine, on doit donc remplir des bidons, les transporter en bicyclette. Pour le plein de nos réservoirs, six voyages sont nécessaires.

 

En outre, certaines nuits, des bateaux sont ouvert et pillés. Qui plus est, au moindre petit coup de houle, les amarres des bateaux locaux pètent et les dégâts font château de cartes : "ce ne sont pas des amarres, mais des cordes pour attacher les ânes!" grondait le sympathique gardien qui nous aidait l'autre jour à sauver quelques unes de ces embarcations...

  DIP-01.jpgPièce de théâtre dans la cour d'une usine nationalisée.

 

Quoi qu'il en soit, revenant d'un rude hiver austral, Cécile écrivait par 35° dans le bateau, dans le souffle des pales d'un ventilateur indispensable. Vous pouvez lire ce mois-ci (octobre 2011) dans le Monde Diplomatique, son article sur le thème : comment les piqueteros argentins perçoivent « Cristina » : clic ici

Daniel, lui, reprenait son Hasselblad panoramique pour photographier en noir et blanc la Révolution du président Chavez, au delà de ces marinas où la plupart des propriétaires de bateau ont des idées proche de l'opposition anti-chaviste. Très appréciées dans les ministères, ses diptyques photographiques pourraient bien finir dans les publications éditées par le gouvernement : la Révolution ne manque-t-elle pas d'esthétique ? Au Venezuela, si nautisme et socialisme font rarement bon ménage, parfois, journalisme (nautique) et Révolution s'accordent parfaitement !

 

CHICHIVICHE.jpg

 

Après une escapade dans les mouillages à plage et cocotiers de la côte (où du wifi nous arrive gratuitement !), bravant la piraterie, Basta devrait donc retrouver sa marina sans eau, pour plusieurs mois. Nous allons alors bientôt regretter le mérou au barbecue sauce coco (fraîchement ramassée sur la plage) et citrons verts...

 

En revanche, par chance, à Caraballeda, notre plaisant voisin de bateau vénézuelien qui nous réserve notre place possède une vieille camionnette jaune toute percée : bravant la police et les garagistes, on se balade ensemble le week-end sur la jolie route côtière. Quelques bateaux plus loin, un couple a acheté un voilier sans savoir naviguer... Daniel est devenu prof de voile attitré ! De l'autre côté, un réalisateur de documentaires rêvant de traverser l'Atlantique est lui chaviste : enfin un dans cette marina !

 

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 09:15

Rassurez-vous, une fois n'est pas coutume !

Loin de nous l'idée de concurrencer l'excellent blog de cuisine tenu par Charline et Prince : http://delicesdukerala.canalblog.com/

BASTA propose ici une recette simple et originale... peut-être un peu dangereuse ?

 

La difficulté est d'abord de trouver du ackee (Blighia sapida)...

En Jamaïque, il s'agit du fruit national qui compose le plat national, généralement accompagné de poisson salé.

En Martinique, on appelle le Ackee "ris de veau", semble-t-il.

Un ami vivant en haut d'un morne boisé en a au fond de son jardin, mais au bout de branches si hautes qu'il ne peut atteindre les fruits.

Une amie artisan au marché de Fort-de-France voit régulièrement des Haïtiennes en proposer dans un panier.

Mais aux Antilles françaises, sa consommation ne semble pas très fréquente.

Attention ! Certaines parties du ackee sont extrêmement toxiques et en Haïti ce fruit mal préparé fait parfois des morts... Le rapport de l'OMS ne rigole pas !  Clic là !

Nous nous déchargeons donc de toute responsabilité, si un lecteur de ce blog venait à souffrir de diarrhées, gerber ou carrément  trépasser en digérant ce délicieux met !

 

Tout d'abord, il faut absolument ne consommer que les fruits ouverts naturellement : la maturité est importante contre la toxicité...

 Ackee1BD

De ces fruits ouverts naturellement, il faut retirer minutieusement la grosse graine noire et les petites fibres rougeâtres qui l'entourent.

 Ackee3BD

Après quoi, il faut faire bouillir la partie jaune restante, bien lavée, pendant dix bonnes minutes, puis jeter l'eau de cuisson.

 Ackee 4BD

Reste à préparer, donc recuire le ackee selon la recette.

 Ackee6BD

BASTA propose une poêlée de ackees agrémentée de cives, de rondelles de carottes et de corned-beef (brésilien ou argentin c'est meilleur !) Contre toute attente, ce plat est très fin !


En parlant de Jamaïque... un article de l'équipage sur le rastafarisme vient de paraître dans l'hebdomadaire Témoignage Chrétien : Clic ici !

Mais BASTA est déjà loin de l'île de Bob Marley: il est désormais amarré dans une petite marina récemment municipalisée, dans la République bolivarienne du Venezuela...


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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 19:24

Il a du culot notre ami jamaïcain !
C'est un artiste reggae talentueux, compositeur-interprète et vidéaste, qui vit dans un ghetto à Kingston. Dans la capitale jamaïcaine, on appelle ainsi les quartiers populaires qui encadrent le centre-ville déglingué. Les quartiers riches sont sur les hauteurs, plus loin de la mer.
 

Nous avons rencontré notre ami grâce à un site de couch-surfing. Pour nous, c'était une première expérience. Le bateau était à Port Antonio, à trois heures de Kingston, nous avions des rendez-vous en ville. C'était l'occasion de tenter de se faire héberger gratuitement chez l'habitant.
Ce fût une expérience sympa, marquante.

 

Lui aussi venait de s'inscrire sur le site : http://www.couchsurfing.org/
Quand il est venu nous chercher en ville, à bicyclette, il est tout de suite apparu drôle, gai, nature, tentant progressivement de nous avertir qu'il habitait au ghetto : « Ce n'est pas très habituel de faire du couch-surfing au ghetto... Mais ne vous inquiétez pas ! Pas de problèmes ! Tant que vous êtes avec moi ! On me connaît. On me respecte. Vous êtes mes hôtes ! »

D'abord, on s'est regardé et on s'est dit : « Bigre ! Mais ou nous emmène-t-il ? » Puis, au fur et à mesure que l'on approchait de son « yard » - une cour composée de trois cases en bois dont une en ruine et une autre bien délabrée -poing fermé, il frottait son pouce trois fois contre celui de passants (le nouveau salut en vogue, car l'ancien, poing contre poing sur les phalanges fait déjà rasta de la vielle génération) : il connaissait effectivement du monde.

 

Donc, notre ami habite la troisième case. C'est sommaire. C'est souvent le bazar. Il est célibataire avec trois jeunes enfants à charge. Trois bambins portant comme lui des locks. Et le défilé a commencé ! Celui des curieux du quartier ! Au ghetto, on rentre chez le voisin comme dans un moulin ! « Ils ont du mal à croire que je ne vous fais pas payer !, expliquait notre ami. Ils ne le croiront jamais ! » Mais il a du cran et il aime le monde. Il veut de plus que ses enfants s'ouvrent sur l'extérieur, se familiarisent avec les langues étrangères.

 

 Nous sommes restés une nuit, deux nuits, trois nuits... On n'arrivait pas à quitter ce foyer plein de simplicité et d'amitiés. Ensuite, nous avons renvoyé la balle en amenant tout ce beau monde en navigation...

    03-copie-1Chez notre ami, nous dormions dans une petite case indépendante qui faisait jadis office de studio d'enregistrement à domicile. Le « studio Hailé Sélassié » est désormais doté d'un petit lit et d'une table portant un téléviseur. Tan pis si c'est là que les enfants aiment dormir et s'amuser. Ils se sont entassés à trois sur un autre lit pour nous héberger.

 

Mais très vite, le sympathique profil de notre ami sur le site de couch-surfing a attiré d'autres voyageurs. Content, il répondait toujours oui à leurs demandes d'hébergement. Un soir, un jeune Hollandais est arrivé.  A peine débarqué, il plongeait la main dans le sac de Ganja posé sur la table, aimablement mis à disposition. Gentil, il s'est vite avéré collant, radin.


Ce n'est pas forcément évident d'assumer d'être touriste européen faisant du couch-surfing dans un quartier où tous les enfants ne mangent pas systématiquement trois repas par jour. C'est peut-être notre expérience du voyage qui nous a appris à répondre à la générosité par une participation non offensante ?
Le Hollandais était bien plus jeune... Partant acheter « sa » bière au bar du coin, de nuit, avant que nous partions tous à un sound-system en plein ghetto, il a photographié, en douce, un rassemblement agité du voisinage dans la rue. A peine était-il rentré au yard,  que déboulait un gars excité. Il voulait la photo, ou l'appareil photo. Et notre ami a dû  calmer la situation, expliquer, embobiner, excuser... une heure durant.

 

Plus tard, nous avons eu l'explication :  « Ces gars du ghetto ne sortent que la nuit. Ce sont ceux que tout le monde doit respecter. Ils font la loi. Ils ont des guns. Ils ne rigolent pas. »  Notre ami risquait gros. Pas facile de faire du couch-surfing au ghetto !
Il ajoutait : « Je ne sais pas comment ils peuvent réagir ! Ils pourraient nous braquer de nuit, se venger... » Daniel qui dormait au studio Hailé Sélassié avec son sac d’appareils photos... en voulait légèrement à ce jeune voyageur. « On peut être jeune, sans être con ! » insistait une amie de notre ami. C'est une fille costaud et courageuse qui tient un stand de boisson rouge, vert et jaune à côté des joueurs-parieurs de cartes  dans la rue. Une fille sympa, rencontrée grâce au couch-surfing.
Merci encore à toi l'ami et à tous tes ami(e)s du ghetto !

 

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 12:35

Ce matin là, en Jamaïque, nous nous sommes difficilement retenus de rire.

Nous achevions un reportage pour le quotidien Ouest-France sur le trentième anniversaire de la mort du plus célèbre rasta, décédé le 11 mai 1981.

Lisez l’article en cliquant ici !

 

Nous avions déjà visité le musée Bob Marley, un lieu pensé pour ses fans.

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Nous avions rencontré des musiciens reggae à son studio d’enregistrement Tuff Gong.

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Nous avions parcouru son quartier de Kingston, « Trench Town », le ghetto où il commença à jouer de la guitare avec Peter Tosh et Bunny Wailer.

09JAMAIQUEbd

 

Nous avions aussi assisté à une « grounation », cette célébration rasta au rythme de tambours traditionnels Nyabinghi commémorant la venue d’Hailé Sélassié dans l’île en avril 1966. Pas la peine d’y amener sa ganja : respirer au milieu de l’assemblée dansant d’un pied sur l’autre, chalices en main, suffit à se rapprocher de Jah !

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Ce matin là, donc, nous venions de marcher deux kilomètres sur un chemin de terre à travers un quartier sauvage construit sur des terrains squattés (le guide « Lonely Planet » conseille de ne le franchir qu’accompagner de la police !) Nous étions, bien sur, arrivés saufs et non délestés de notre matériel de travail, devant une grande palissade verte, jaune et rouge perchée en haut d’une colline face à la mer. C’est là que nous avons frappé.

 

Un brother Bobo Shanti, aux dread-locks enroulées dans un turban, est venu nous ouvrir. Dix minutes plus tard, il nous donnait gentiment l’autorisation de pénétrer dans cette communauté rasta radicalement « roots » où la vie et l’organisation semblent monastiques.

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Le règlement y est strict. Les femmes doivent porter une jupe et se couvrir les cheveux. Elles restent à l’écart des hommes pendant 21 jours après leurs menstruations.

Comme d’habitude, j’étais en pantalon et ne me souvenais que vaguement de la date de mes dernières règles. Alors à la sister « empress » qui me tendait une jupe en me questionnant, j’ai dit une date aléatoire, qui m’a tout de même permis d’accéder au hall d’accueil. Engoncée dans ce long tube étroit enfilé par dessus mon pantalon, la tête couverte de mon grand foulard éthiopien, je marchais à pas de fourmis et j’ai manqué à plusieurs reprises de trébucher sur les marches d’accès à la case verte, jaune et rouge. Mais ce n’est pas cette scène qui a failli nous faire pouffer. C’est la suivante…

 

Une fois dans le hall, la sister a dit : « Maintenant il faut prier ! ». Elle nous a placés comme il convient. Pour les femmes, la main gauche sur le sein droit, à l’opposé de l’emplacement du cœur. Pour les hommes, les deux mains jointes par le bout des doigts, formant un losange.

Alors, nous avons fermé les yeux et marmonné une litanie volontairement incompréhensible.

« Pas comme ça ! a répliqué la sister. Ici, on prie les yeux ouverts et à voix haute ! »

On s’est regardé. Et on a tenté : « Euh… Jah is love… and...euh... Jah is great… He gives us bread every day ! ».

Nos aimables hôtes Bobo Shanti aussi ont du se retenir de rire.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 19:49

 

Entre la Jamaïque et Aruba...

 

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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bateaubasta@gmail.com

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