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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:06

Nous nous sommes retournés. Palerme était encore endormie. La lumière du petit matin éclairait la vieille tonnerie aux murs effrités devant laquelle Basta venait de passer trois mois. Alors nous avons eu une pensée pour Alex, cet héritier d’une grande famille de la bourgeoisie industrielle locale, héritier de ce magnifique bâtiment historique doté, d’un côté, d’une tour cylindrique, de l’autre, d’une église. Pendant trois mois, il nous a offert un anneau de courtoisie dans son club nautique.  Gratuit. Comme ça. Peut-être parce qu’il est francophone et qu’il aime parler le Français. Peut-être parce qu’il préfère la plongée sous-marine et la voile au bizness, comme son défunt père, sorte de Cousteau local. Ou parce qu’il se sent prisonnier de son héritage et de la gérance qu’il doit assumer (outre deux clubs nautiques, une discothèque, un restaurant..) et qu’il perçoit BASTA comme une liberté dont il rêve ?

DSCN1982 

Au dessus de ce petit port d’Arenella où  nous avons passé trois mois, le Monte Pellegrino  allait rester visible encore plusieurs heures malgré l’atmosphère embrumée. Du haut, on y voit toute la ville. Alors nous avons eu une pensée pour Palerme, son front de mer comblé avec les gravats du bombardement des Alliés de 1943 et son centre historique encore en ruine.

 

Selon Emilio, Palerme, « C’est jurassic park !» Ce que cet architecte argentin entend par ce qualificatif réside dans le fait que Palerme n’est peut-être pas tout à fait propre, parfois même, elle est carrément trash. Dinosauriens, ses responsables politiques ? Il est vrai qu’Emilio n’a pas tout à fait tort de  comparer Berlusconi à Menem ( cet ancien président argentin) ! Lui qui a fui la crise économique de son pays après 2001, quittant son quartier porteño de « Palermo » pour atterrir dans une ville éponyme où il travaille désormais comme cuisinier.

 

Selon le guide du routard : « Palerme ne s'appréhende pas d'un seul bloc. De belles églises font écho aux immeubles délabrés, de sublimes palais où le temps semble s'être arrêté contrastent avec des immeubles modernes bien moches. »

 

Palerme est surtout une ville populaire. Ici, pas de décors carton-pâte pour touristes !

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Disciple de Silvio Berlusconi, son maire, Diego Cammarata, entend faire de ce centre historique « le plus cool d’Italie ». Son projet de réhabilitation avec des capitaux de Dubaï ne résout pas les problèmes urgent de logement. Au contraire, il envisage de transformer des quartiers populaires, en infrastructures de luxe… Comme partout, on veut virer les pauvres, virer les immigrés du centre…

 

Alors nous avons eu une pensée pour notre ami Ninno, militant de toutes les bonnes causes et particulièrement actif au Comité des Sans-abri.

 

A peine avions nous débarqués dans la ville, qu’il nous emmenait au Lab Zeta, un squat autogéré. On y trouve, devant, sur le trottoir, une dizaine de tentes où logent des réfugiés Soudanais. Avant 2001, l’édifice était une école primaire qui fut abandonnée. En mars 2001, un groupe de militants l’a occupée et restaurée pour la transformer en un espace public, ouvert à tous, afin d’y proposer des activités culturelles, sociales et politiques. Aujourd’hui, on peut y trouver une bibliothèque de près de 2000 livres, des cours d’Italiens pour étrangers en coordination avec une école primaire du quartier, des séances de cinéma à prix modeste, une salle d’informatique, un marché de produits bio animé par des coopératives agricoles, des spectacles pour petits et grands et plein d’autres trucs… et surtout du soutien aux sans-papiers et des activités politiques. Après des intimidations de la mafia, un délogement par la  police, une ré-occupation soutenue par un millier de personne, le Lab Zeta survit.

 

Alors nous avons eu une pensée pour ces sympathiques soirées passées avec Ninno. Et avec sa femme Maria, une corléonaise qui a insufflé l’esprit de 1968 dans ce village alors archi-conservateur, fief de clans de Cosa Nostra. A 17 ans, cette fille du médecin de Corleone sortait avec le jeune intellectuel communiste local, futur metteur en scène de théâtre, une hérésie ! Maria a dû s’enfuir de chez elle, reprendre ses études dix ans plus tard après avoir enduré plein de petits boulots à Palerme.

 

Maria aime Basta, mais n’est pas très à l’aise sur un bateau quand le clapot se lève un peu. A la différence de Fabio, un skipper, lui aussi « antimafia » qui est venu plusieurs fois à bord avec sa femme Valeria. Tous deux ont eu le courage de monter le « punto pizzo free », une boutique qui ne propose que des produits libérés du "pizzo", le racket que la mafia impose à 80% des entrepreneurs de la ville (lire le post du 25 novembre 2008).

 

Alors nous avons eu une pensée pour Valeria. « Quand nous avons démarré, j’étais inquiète et mes parents encore plus, Mais je me suis dit qu’il ne fallait pas penser au pire, sinon on ne fait plus rien dans la vie ! » Grâce à cette philosophie, la boutique est devenue une belle vitrine du mouvement anti-racket proposant une diversité de produits. Alors, quand Valeria et Fabio ont pensé à s’unir, l’an passé, ils ont décidé de se marier « pizzo-free ». « Pas question un aussi beau jour, de financer la criminalité ! Je voulais montrer que c’est possible de dire non à la mafia et nous avons lancé pour l’occasion une agence d’organisation de mariages garantis sans racket… Robe de mariée, fleuriste, restaurant, invitation et liste de mariage, tout était Addiopizzo ! Même le voyage de noce a été acheté dans une agence "propre"  Et, le vin aussi, bien sur ! »

 

Oui, c’est vrai, que pour dire « non à la mafia », nous en avons bu, nous aussi, du vin antimafia à Palerme et que nous en avons plein la cale…

 

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Parfaitement francophone, Valeria nous a aidé à traduire les propos de Mme Guiliano. « J’ai peur, si peur ! », disait Rosa Giuliano en regardant son garde du corps. L’homme restait stoïque dans la boutique, mais lui adressait un sourire, puis se tournait aimablement vers le mari. Car depuis quelques mois, ils ont appris à vivre ensemble 24 heures sur 24. Rosa Giuliano n’en revient pas : comment, elle et son époux, modestes boulangers-pâtissiers, ont-ils pu en arriver là ? « Avoir besoin d’une escorte, vous rendez-vous compte ? »

 

Tout a commencé quand ils ont déménagé leur commerce de quelques dizaines de mètres pour occuper un local plus adapté dans la rue qu’ils habitaient depuis des années. Une rue du quartier Brancaccio, à Palerme. Ce quartier populaire a mauvaise réputation parce que la mafia y contrôle une partie du territoire. « Un jour, deux garçons sont venus au magasin, ils ont demandé à parler à mon mari. Sur le coup, je n’ai pas compris ! », se souvient Rosa Giuliano. Encore effrayée par ses souvenirs, elle raconte : « Les deux jeunes sont revenus plusieurs fois. Ils étaient de plus en plus agressifs. "Il faut payer ! ", martelaient-ils. Ils nous demandaient 5 000 euros d’emblée. Après, il aurait encore fallu leur verser 250 euros par mois ! » Et comme les Giuliano refusaient de se plier à ce rançonnage, leur boulangerie a été menacée à main armée. Rosa et son mari ont alors surmonté leur peur pour aller porter plainte au commissariat. Mais quelques jours plus tard, un scooter a pilé devant la camionnette de M. Giuliano arrêtée à un feu rouge et les menaces de mort ont fusé par-dessus sa vitre baissée. « C’est à ce moment là que la police nous a octroyé une escorte pour nous protéger… Une pour deux », soupire la boulangère. Elle doit rester seule à la boulangerie toutes les matinées, car le garde du corps accompagne son mari dans ses démarchages commerciaux. Tous les matins Rosa sert donc seule le pain l’estomac noué. Et tous les matins, elle retient sa colère. D’abord parce que des anciens clients pressent le pas devant la boutique : ils ont changé de boulangerie. « Rares sont ceux qui nous encouragent », regrette-t-elle. Ensuite, parce que Rosa trouve insupportable l’idée que les autres commerçants du quartier paient la mafia.

Alors que Palerme se faisait toute petite, nous avons eu une dernière pensée pour ce sympathique militant qui, à la fin d’une passionnante visite de la ville sous son aspect « antimafia », nous a confié : «  Si j’en avais la possibilité, je quitterais Palerme ».

 

Bateau BASTA Bateau Basta - dans Les escales
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 13:58

Basta s’est doté d’un nouveau panneau solaire.

Nous vous épargnons le refrain écolo, mais voulons plutôt insister sur celui de l’autonomie.

Enfin ne plus avoir cette rallonge électrique reliée à EDF que nous trimbalions depuis Marseille !

 

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Bateau BASTA Daniel - dans Le bateau
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 07:49

Basta apparaît givré avec son équipage dans « L’Etat de glace ».

C’est le titre du récit de la camarade pigiste Julie dans la revue « BATEAUX » de février n°621.

Elle y décrit notre descente des canaux français en hiver 2007, nous y qualifiant de « Parisiens complètement givrés » ! Et elle n'a peut-être pas tort…

 

Couv621

http://www.bateauxonline.fr/index.php/mm

Bateau BASTA Bateau Basta - dans On parle de Basta...
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:45
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"L'utopie est comme l'horizon : je fais deux pas, et il s'éloigne de deux pas. Je fais dix pas, et il s'éloigne de dix pas. L'horizon est inaccessible. Mais alors, à quoi sert l'utopie ? A ceci : elle sert à continuer à marcher."

Eduardo Galeano
Bateau BASTA Bateau Basta - dans Le voyage
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:24

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone, Italie.

Nous avançons d’étape en étape, dans les bons créneaux météo, mais il y en a peu. Direction la Sicile de nouveau, direction Palermo.

Depuis la traversée idyllique Sicile/Grèce cet automne (mer belle-petite brise-bonne pêche), les conditions météorologiques ont généralement été calamiteuses. Beaucoup de pluies et surtout un incessant manège de dépressions…

Avant de quitter la Sicile, nous avions rencontré le mouvement des sans abri de Palerme. Ils veulent habiter les résidences saisies par la justice à Cosa Nostra…

Or, Palerme est aussi la ville italienne où le plus de biens a été saisi à la mafia par la justice. Les sans-abri ont occupé à plusieurs reprises des villas de mafieux sous scellés, certaines plutôt luxueuses. Ils proposent de les « auto-rénover » soutenus par des architectes et des citoyens solidaires.


D206158


S’ils ont obtenu une modification de la loi sur l’usage du patrimoine confisqué qui rend possible cette attribution à titre provisoire, seule une soixantaine de logements a été allouée à des familles dans le besoin. Il manque surtout de la volonté politique, notamment de la part du maire, Diego Cammarata, un disciple de Silvio Berlusconi...

Nous croiserons peut-être le skipper de son yacht au port, un fonctionnaire rémunéré en tant que jardinier municipal…

En novembre, nous avons laissé le bateau dans la baie bien protégée de Vonitsa, en Grèce, pour filer vers la Roumanie en autobus, puis en avion depuis Thessaloniki. Bucarest dans le froid et la grisaille gardait un petit air pré-chute du mur avec ses barres d’immeubles d’un pur style ceausesciste, ses boutiques kitch du vieux centre dégradé ou ses vitrines pré-Bill Gates derrière lesquelles on apercevait des cours de sténo-dactylo dans des salles remplies de vieilles machines à écrire.

Pourtant, le 22 décembre marquait le vingtième anniversaire de la Révolution roumaine. A la chute de Nicolae Ceausescu, on découvrait dans ce pays une épidémie de sida pédiatrique sans précédent : dans les orphelinats et les hôpitaux, des milliers d’enfants (plus de 6000) avaient été contaminés lors de vaccinations ou de micro-transfusions. Grâce à la trithérapie, les survivants tentent de se construire un avenir dans un pays où les séropositifs sont très discriminés. L’un de ces enfants, maintenant jeune adulte, nous a accordé un entretien dans l’anonymat. Il milite au sein de l’Association roumaine anti sida (ARAS) et lance un cri d’alarme : à cause de la grave crise qui lamine le pays, les médicaments manquent dans les hôpitaux, les traitements sont interrompus. Qui plus est, le Fonds global de lutte contre le sida va interrompre cette année ses financements pour la prévention… Si le régime de Ceausescu avait ignoré le sida, il avait préservé le pays des grands trafics. Après 1989, l’héroïne s’est répandue comme une traînée de poudre. Aujourd’hui, à Bucarest, près de 40 000 jeunes toxicomanes risquent d’être contaminés par le VIH. La plupart a déjà contracté l’hépatite C sans avoir les moyens de se soigner. La maraude d’ARAS qui nous a embarqué va-t-elle pouvoir continuer son indispensable travail ?

 

Après une sympathique escale de quelques semaines à Levkas où plusieurs équipages français hivernaient, nous avons passé Noël sur la petite île de Paxos. Bizarrement, là où nous pensions ne croiser que quelques vieilles dames en noir à la sortie de la messe de minuit, nous avons trouvé un bar de nuit bondé de jeunes grecs sur leur 31 et de pulpeuses albanaises en super-mini-jupes et décolletés.

Notre réveillon du premier de l’an était plus mondialisé : à Corfou, whisky anglais et cigares cubains avec dix marins Polonais dont leur « Gérard d’Aboville » à eux, bientôt prêt à traverser l’Atlantique à la rame et même champion national de kendo !

Au premier créneau météo, Basta a quitté le vieux port de Corfou pour contourner l’île vers le Nord et viser, en face, Santa Maria de Leuca, le talon de la botte italienne. Bien au chaud dans la marina, nous avons laissé passer un coup de vent, puis nous nous sommes balladés avec un petit compact numérique qui fait aussi de la vidéo et crachotte un son d'enfer !

 

 


Au bar, Il lupo de mare, le vieux loup de mer de tenancier a appris à compter à son chien. L’animal connaît par cœur sa table de deux et même de trois. A deux fois deux, il répond par quatre aboiements…

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone (attention, en Italien, le « e » se prononce « é » !) et ça nous fait bien rigoler. Pas vous ?

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 05:01

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Pour une annee 2010 jalonnee de jolis chemins de traverse...

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 09:53

Après la Crète, en septembre, le Basta a filé sur la Sicile. Trois jours après une arrivée en plein spectacle son et lumière (orages, éclaires, pluies torrentielles, rafales, visibilité zéro) nous nous sommes fait voler notre annexe gonflable, une belle annexe, en très bon état...

C'était l'occasion d'en construire une en dur, sur mesure, qui plus est, qui fonctionne aussi à la voile.

Sur Internet, nous avons trouvé beaucoup de  plans d’annexes, mais la plupart payants...

Alors on a pris quelques mesures sur le roof et roule ma poule !

Une semaine de boulot, au mouillage, sur le pont du bateau…

Voici les secrets de la construction d'une annexe dynamique robuste, légère et sans plan.

C’est gratos !






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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 09:09

Coup de chapeau à la camarade photographe Bénédicte qui a bouclé un tour d'Europe en bateau-stop, auto-stop, couch-surfing (en passant par la case Basta) !

Sans débourser pour un hôtel ou un billet de transport, pas si évident !

Du coup, notre voilier apparait en photo dans son journal de voyage paru récemment sur deux pages dans l'hebdo VSD.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 12:35
Ben ça y’est ! le « Bateau Basta » est sur Facebook. Et oui, on était méfiant de la cyber-surveillance, on se demandait à quoi ça rime d’additionner des cyber-amis ! etc, etc … Puis, on s’est rendu compte que (presque) tous nos neveux et nièces sont sur Facebook (et ils sont nombreux !), plus les frangin(e)s (ils sont nombreux aussi !), et même la formidbale grand-mère de cécile, âgée de 95 ans ! Ajouter à cela des amis (pas réticents à la cyber-surveillance) et des potes lointains, là-bas en Amérique(s) ou ailleurs… Peut-être que c’est pas si mal Face-ploucs !
En fait, on découvre… Parents, amis, fidèles lecteurs du blog, devenez donc nos cyber-amis si vous êtes facebookés  !


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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 04:34

Du grec « katabatikos » : « qui descend la pente » … Nous avons bien appris ce mot en Grèce, enfin en Crète pour être précis.

Pour le comprendre, il faut faire du parapente, ou bien aller mouiller son voilier dans la baie de Elounda, une baie bien fermée dont le goulot est redoutable.

Basta s’y est couché plusieurs fois dans de très violentes rafales alors qu’il était à sec de toile…

Le couvercle de notre BBQ marine  –un instrument obligatoire sur un bateau-   a même volé à l’eau, pourtant relié par un petit câble en métal au balcon arrière. Coupé net !

Puis nous avons réussi à plonger l’ancre au fond de la baie,  à côté d’un voilier démâté… c’était rassurant.

Nous étions en août. Nos amis Nancy et Nicolas venaient d’atterrir à Héraklion pour une petite croisière qui décoiffe !

D’abord, histoire de bien  les amariner, nous leur avons confié le Basta en garde pendant trois jours dans ce mouillage paisible : nous avions un rendez-vous à ne pas manquer, un reportage sur la protection des tortues marines…

Car il y a de drôles de petites structures métalliques un peu partout sur les plages crétoises de Rethimnon où les touristes bronzent. Elles marquent l’emplacement des nids des tortues Caouannes. Les femelles adultes viennent pondre au début de  l’été sur cette plage grecque très fréquentée. Et c’est en pleine saison que les bébés tortues tentent de rejoindre la mer.

 

Alors, des jeunes écovolontaires aident l’association Archelon à protéger cette espèce menacée. Ils posent des enclos autour des nids sur les plages fréquentées par les vacanciers. Ils surveillent quotidiennement ces sites et comptent, à l’aurore, les traces de bébés tortues qui en sortent. Ils déplacent certains nids menacés et installent des structures faisant de l’ombre autour de ceux dérangés par la pollution lumineuse : la lumière dévie la trajectoire des nouveaux-nés supposés marcher vers le reflet de la mer, si bien que presque chaque matin en août, des bébés perdus sont sauvés. On les retrouve à l’occasion dans la piscine d’une boite de nuit, sur une route ou près d’une poubelle…

 

C’est si émouvant de sauver un bébé tortue… surtout après notre sujet sur le « jeanocide » turc (voir post précédent).

 


Super amarinés, après avoir encaissés un bon Katabatik seuls au mouillage, nos amis ont pu apprécier dans toute sa splendeur le Meltem qui  n’est pas descendu sous force 6 et approchait en permanence le force 7/8 pendant nos 10 jours de croisière. Sans compter les belles vagues qui balayent toute la côte Nord de l’île...

 

C’est pourquoi nous avons décidé de naviguer sur le côte Sud, qui plus est, moins touristique. Sous le vent en quelque sorte. En théorie du moins. 

 

Mais longeant la côte Est vers le Sud, le Meltem a fraîchi subitement. Le Meltem ou un Katabatik ?

Sous tourmentin, Basta peinait à avancer. Devant, une minuscule crique encaissée rejointe in extremis au moteur offrait un abri incroyablement calme dans cette tourmente. Alors on est resté là. Dans cet endroit désert que N & N ont baptisé « Paradise bay » (la baie de Karoumbes). Baignades, ballades, grimpe, cueillette de fariboulette, grandes discussions, bonnes bouffes et petits apéros  : de vraies vacances sauvages comme on les aime.

 

Tout allait donc à merveille jusqu’à ce que la météo annonce du force 8 pendant deux jours. C’est idiot, Nico et Nancy devaient reprendre l’avion à Heraklion…

 

En février dernier, dans le Péloponnèse, un coup de vent nous avait déjà obligé à larguer nos équipiers Isabelle et Jean-claude dans un village sans autobus, en fin de journée. Sous un ciel menaçant, ils avaient du faire de l’auto-stop en pleine cambrousse avec leurs valises pour rejoindre une ville…

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Nos potes, cette fois-ci, avaient aussi des valises à roulettes. Mais aucune route goudronnée ne dessert Paradise baie

 

Alors nous avons bien amarré le Basta. Nous avons ficelé leurs bagages sur le dos des mecs et randonné dans une étroite gorge sans trop savoir où l’on déboucherait…

 

C’est au bout de deux heures de marche que nous avons aperçu le premier hameau. Au loin une route. Avec de l’asphalte ! Nous nous sommes quittés là, laissant de nouveau nos équipiers faire du stop jusqu’à la ville…

 

Morale de l’histoire : Camarades, vous qui venez nous rendre visite (on adore les visites), prenez des sacs à dos plutôt que des valises ! En bateau on sait où l’on embarque, on ne sait pas où l’on débarque !

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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Skype : bateau.basta

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