Carnet de bord de deux journalistes en voilier
Cependant -il fallait s’en douter- la première navigation maritime de Basta dans sa peau neuve s’effectue par un vent d’une soixantaine de kilomètres/heure sur une mer très agitée à forte. Un peu sportif comme premier test, l’équipage n’ayant pas navigué en mer depuis la traversée de l’Atlantique en été 2006 à bord de ce rafiot acheté en Martinique !
Problème : les travaux de ce bateau sont à peine terminés malgré une année à sec, et certains petits aménagements manquent encore. Un détail tue : l’absence de serre-casseroles. Cela ne suffit pas de posséder une gazinière sur cardan, c’est à dire, une gazinière qui bouge de façon à toujours rester plus ou moins à l’horizontale. Non, il faut aussi bloquer les casseroles sur la grille avec des barres en inox. Or, nous n’avons pas encore trouvé ou souder sur mesure ces fameuses tiges indispensables pour cuisiner au large. C’est vrai, on aurait pu y penser avant…
De fait, pas encore amarinés, nous avons du mal à digérer la purée déshydratée « Top budget » gonflée à l’eau à peine tiède rapidement chauffée en tenant la bouilloire. Une main au-dessus du gaz oscillant, l’autre agrippée à une main-courante, suis-je vraiment barbouillée à cause de la marque de la purée ?
Le vent souffle fort toute la nuit. Il vient du Sud-est, si bien qu’à l’approche du cap San Sebastian, il risque de coller le bateau à la côte jusqu’à Barcelone, une côte où les ports sont justement difficiles d’accès par ce type de vent.

Prudence (et purée Top budget) oblige, Basta change donc de route au petit matin pour se diriger à l’abri du cap Creus. Derrière cette bande de terre, un mouillage forain fait face à la petite ville balnéaire de la Selva, au cœur d’un parc naturel. Objectif : se reposer, se dessaler, manger, attendre une accalmie ou un changement de direction du vent.
L’arrivée sur Barcelone se fera au moteur les jours suivants, faute de vent.
On nous avait prévenu : en Méditerranée, pétole ou vent frais !