Carnet de bord de deux journalistes en voilier
Basta s’est amarré à la halte nautique de cette préfecture de Haute-Marne samedi soir. Cependant, la très aimable responsable de la base était alors en voyage. Dommage, les belles bornes électriques qui jaillissent de la berge comme des stalagmites ne pouvaient nous être d’aucune utilité : fermées à clé. Impossible de brancher notre petit chauffage électrique qui ne fonctionne que sur du 220 volts.
On se souviendra donc du petit matin du dimanche 16 décembre 2007. Zéro degré dans le bateau au lever ! C’était beau ces mini-stalactites collées aux hublots à l’intérieur du bateau…
Vite, au moins, allumons le four pour nous réchauffer et la gazinière pour faire un café ! Nouvelle déception : les bonbonnes de gaz, par sécurité sur un bateau, sont placées –non pas dans l’habitacle- mais dans un compartiment aéré accessible par l’extérieur, un coffre du cockpit. Or, le butane gèle. Le four et la gazinière ne marchent plus. Jean Louis Etienne et Nicolas Vanier savent bien cela, ils utilisent du propane, eux, (plus difficile à trouver).
A l’intérieur du Basta, ce samedi matin, nous sommes emmitouflés dans nos fourrures polaires, coiffés de bonnets et nous portons des gants en maugréant, dans l’attente du retour de voyage de l’aimable chargée de la base nautique quelques heures plus tard.
Lundi nous voilà bloqués.
Oui, Chaumont, c’est beau. Sa cathédrale (Pas de majorettes en cette saison). Ce 17 décembre, alors que nous pensions redémarrer, naviguer au plus vite vers la Saône, sortir de ce canal chaumontique, le Basta est pris dans les glaces. La couche s’est épaissie pendant la nuit. Elle fait 3 centimètres d’épaisseur. Un gros pavé lancé depuis la berge ne rompt pas la surface, mais glisse jusqu’à l’autre rive… Un voisin en camping-car a sorti sa pelle pour fracasser la calotte. Il a du taper et retaper très fort pour réussir à la fêler. A l’intérieur du bateau, on entend de temps à autre, la glace frôler la coque. Ça fait d’étranges craquements… ça sonne un peu comme des déchirements…
Il faudra attendre un changement climatique, un réchauffement, des pluies (dimanche 23 d’après les prévisions), ou bien, le passage d’une péniche qui cassera la glace devant notre sillage. Peut-être d’ici trois jours, nous dit le service des affaires fluviales. Peut-être. Une « avalante » (qui descend le canal) se trouve encore en Saône…
Ah, Noël à Chaumont en Haute-Marne ! Au moins, il y a du champagne dans la région.