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Carnet de bord de deux journalistes en voilier

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L’Algérie a un beau drapeau !

J’ai eu un coup de flip à la sortie du territoire marocain car les autorités du port ont gardé nos passeports 24 heures avant de nous les rendre tamponnés. C’est idiot (ou pas) : j’ai pensé aux articles parus en France sur le Maroc, repris dans la cyber-presse locale, signés de nos vrais noms…

 

En ralliant le Maroc à la Tunisie, on se rend compte de l’étendue des côtes algériennes. L’étendue et la beauté.

Le bateau, ce jour-là, navigue à six milles de la côte (11 km). Sur tribord, s’élèvent de hautes falaises à pic à peine habitées. Ça change du littoral espagnol !

Le temps est calme, trop calme, nous avançons au moteur quand surgit un zodiac sur lequel cinq hommes en uniforme kaki cuisent en plein cagnard.



 

Accostage, papiers du bateau, passeports, permission de monter à bord.

Fouille de tous les coffres…

« Pavillon algérien ? »

« Ben, nous n’en avons pas trouvé… Et puis, comme on ne comptait pas s’arrêter vu qu’on n’a pas de visa etc.… »

« Vous devez avoir le pavillon algérien. Vous naviguez dans les eaux algériennes. Avez-vous le pavillon marocain ? »

« oui »

« Le pavillon tunisien ? »

« oui »

« Le libyen ? »

« Non »

« Et bien vous devez avoir le libyen, tout comme l’algérien… Nous devrions vous emmener au port pour dresser un PV… »

 

Plus tard,  ils nous ont finalement demandé de sortir des eaux algériennes : « 50 milles au large ! » (90 kilomètres, tout de même ! )

Alors, nous avons fait semblant de tirer un grand bord vers la Sardaigne, puis, profitant d’un énième calme plat, nous avons cousu un pavillon algérien avec des bouts de tissus blanc, vert et rouge…

Il est beau ce pavillon à étoiles et croissants (sur chacune des faces… pas évident !)



 

Maroc/Tunisie sans s’arrêter en Algérie : 7 jours !

La Méditerranée a été à la hauteur de sa réputation : vent dans la gueule (le Nord-Est est dominant sur cette côte) remonté au moteur grâce au carburant de contre-bande, ou bien pétoles, nombreuses entrecoupées de vents extrêmement changeants en force et direction, puis coup de vent portant. Heureusement ! : nous pensions ne jamais arriver une fois nos réserves de gasoil quasiment épuisées…

 

Nous avons à peine ferlé complètement la grand voile et hissé le foc lourd avec un ris quand le téléphone portable sonne à bord : c’est le chef de rubrique d’un grand quotidien régional qui souhaite publier un article sur une pleine page auparavant prévu sur un quart de page : « Pas de problème ! Mais c’est que nous sommes en mer… ! Si vous voulez on se rappelle demain… ! »

 

Basta a rejoint la Tunisie à l’aube du 16 août, après avoir essuyé un vent de 40 nœuds (70 km/heure). Par chance, il s’est calmé juste avant l’arrivée.

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