Carnet de bord de deux journalistes en voilier
Dinosaure, pour ce « trip » de soixante-huitards et son côté « Moitessier » : la voile comme mode vie, à la « roots », sans fric ou si peu, sans filet, avec « sa bite et son couteau », autour du monde…
Futur ? Parce que le bateau c’est écolo ! On avance avec le vent (quand il y en a !)On vit au quotidien avec une consommation d’eau douce hyper rationalisée (nous revenons d’un reportage dans les oasis tunisiens… Les oasiens peuvent se rhabiller sur la gestion de l’eau par rapport au bateau !)

Et face au capitalisme qui perd la tête (quelle redondance !), nous n’avons pas investi dans l’immobilier, ni en bourse, ni dans des placements X ou Y, nous n’avons pas même d’économie en banque !
C’est étonnant d’entendre à la radio, la crise financière, et le reste… On se dit alors que notre dinosaure est du futur.
« La technologie pour communiquer, l’écologie pour avancer », pourrait être le ridicule slogan de cet animal là, le dinosaure du futur étant toujours tiraillé entre vieux trip et modernité :
Une super antenne « ricoré » en boite recyclé, nous permet la plupart du temps de capter wifi à la sauvage, d’un quai ou d’un mouillage, comme ici dans la baie de Syracuse, en Sicile.

Un moteur hors-bord électrique, sauvé à temps de la poubelle, bidouillé et « re-designé » par Daniel…

Une machine à laver type « petite calor » made in Tunisie, acheté à 40 euros. Et c’est la révolution à bord !

« La tribu no conso », titrait un reportage du Nouvel Obs cet été dans lequel un interviewé ayant opté pour la récup, le recyclage et l’autonomie écolo en vivant dans une yourte dans la campagne du Maine et Loire disait à la journaliste : « on n’est pas des baba-cool, on est plutôt des babas speed ! »
Notre Dinosaure du futur, c’est un peu de tout cela.
Puisque J.M.G. Le Clézio est à l’honneur en ce moment, une petite citation tirée de « Gens des nuages » :
« Nous vivons dans un univers rétréci par les conventions sociales, les frontières, l’obsession de la propriété, la faim des jouissances, le refus de la souffrance et de la mort ; un monde où il est impossible de voyager sans cartes, sans papiers, sans argent, un monde où l’on échappe pas aux idées reçues ni au pouvoir des images. »
D.H.