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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:23

 

Nous l'avons d'emblée appelé «  Pigeonneau  ». C'était certes un peu ridicule, mais cela nous a semblé tellement plus simple que sa matricule bagué à la patte «  FCI2011FCC Cuba 534009  ». Pigeonneau est arrivé dans une belle envolée directement sur la table du carré. Il nous a surpris. Nous naviguions déjà depuis six jours, au près. Et, si la Jamaïque n'était qu'à une centaine de milles nautiques, BASTA évoluait bel et bien en plein large, sans côte à vue.

 

Pigeonneau a la barre

 

On lui a donné à boire dans un bol, il a bu. On lui a donné des crackers écrasés dans une assiette, il a mangé. Puis il s'est installé sur un petit coussin moelleux et a dormi. Nous aussi d'ailleurs. Au réveil, nous en avions fini avec l'envie d'offrir gîte et couvert à cet opportuniste qui prenait le BASTA pour une «  guagua  », l'autobus public cubain. Il avait chié sur la table, sur le coussin... Alors nous avons nettoyé et aimablement posé Pigeonneau au fond du cockpit avec son bol et son assiette pour le motiver. Il a re-bu et re-mangé, puis il a tout tenté pour re-rentrer  : par la porte, par les hublots. Affectueux, Pigeonneau avait décidé de dormir dans notre bannette. Il portait aussi un certain intérêt aux questionnements de René Dumont en 1970 : "Cuba est-elle socialiste ?"... 

 

Pigeonneau dans le carre

 

Nous avons nettoyé et re-nettoyé en nous demandant pendant les deux jours qu'il nous a accompagné, mais qui sont donc, d'entre nous, les pigeons voyageurs  ? Lorsque les montagnes qui entourent Cienfuegos se sont dessinées à l'horizon, au bout de neuf jours de mer, nous avons lancé en l'air Pigeonneau. Il est revenu à plusieurs reprises avant de se rendre compte que la terre socialiste était enfin accessible... Alors BASTA est arrivé à Cuba avec son équipage habituel.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:53

Basta est de retour au Venezuela ! Après Cuba, c'est bien normal... En avant première, l'équipage, surtout Daniel, est heureux de vous présenter bien modestement la double page du Monde Diplomatique sur le Venezuela qui paraitra en septembre avec deux images en diptyques de la série "hecho en socialismo". Travail qui se poursuit en texte et en photos...   Achetez le "Diplo" de septembre !

2012-Venezuela.PNG

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 20:28

Depuis notre remontée secouée, au près, du Venezuela jusqu’en Martinique, nous avons encore bouffé des miles nautiques !

Mais avant de reprendre la mer, sur cette île française, l'équipage du Basta s'est lancé dans un reportage culinaire sur la banane antillaise... Il s'agit là, bien sur, de cuisine politique teintée de lobbying économique à la sauce aux champignons...

A lire dans REGARDS : clic ici

Le sujet a aussi fait l'objet d'une « carte postale » publiée dans SINE Mensuel :   clic là !

Parallèlement, nous avons suivi les entraînements de la sympathique équipe de yoleurs âgés de 10 à 14 ans, en apprentissage à bord de la bébé yole "Jeannine", dont les difficiles départs à la voile dans les rouleaux de la Trinité nous ont beaucoup impressionnés : un « mini-reportage » à paraître dans GEO ado du mois d'août : re-clic !

 

La Martinique est toujours une escale de joyeuses retrouvailles familiales et amicales.

Petit clin d’œil tout particulier à la famille « 16 » ! « Je voudrais le fils, le couz, la fille, le beauf ! » Toujours prêts à faire la fête, toujours la main sur le cœur ! 

Dans cette île, trop encombrée de bagnoles, de grandes-surfaces et de panneaux publicitaires, nous ne manquons jamais ces douces après-midis dans le « zion » des vieux potes Kazy et Naby, deux vrais adeptes de la décroissance qui ne se contentent pas d'acheter des produits bio chez Carrouf ou de fermer le robinet quand ils se brossent les dents ! Dans son livre, qui vient de paraître aux éditions Amalthée, « Rasta, la gnose caraïbe », Ras Naby s'explique ainsi : « Quelle révolution pourrait être plus pertinente que celle du roots Rasta ? Il ne s'agit plus de détruire un système pour en refaire un autre, mais de soustraire un à un notre énergie vitale de son circuit infernal par le choix légitime et respectable d'une vie simple ».

 

Après tout ces verres et ces verts... du bleu, du bleu, du bleu !

 

Basta a fait route direct sur Santiago de Cuba : 1100 miles nautiques !

Santiago-de-Cuba.jpg

Puis, quittant à regret le pays des frères Castro (nous reviendrons dans de prochains posts sur notre séjour de deux mois à Cuba), nous avons mis le cap sur l’île de Curaçao où nous sommes aujourd’hui, via l’île à Vache à Haïti et le cap Beata en République Dominicaine. Nos routes sur la carte dessinent un grand cercle sur la moitié de la mer des Caraïbes…

En mer, surtout quand Basta trace son sillon bien calé sur son angle de gîte, la lecture, tous deux vautrés sur nos couchettes, reste la seule activité soutenable. Alors l’équipage en profite pour enfin dévorer des livres.

« Rien donc ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait ; nos liens avec le monde, c’est nous qui les créions ; la liberté était notre substance même » écrit Simone de Beauvoir en pleine « Force de l’âge », à propos d’elle et Sartre, alors jeunes et rêvant de vivre de leur plume…

Depuis bientôt cinq ans que nous avons quitté Paris en voilier, sans aucunes économies, nous voguons au gré de nos envies, vivant modestement de textes et de photographies, essentiellement contraints par les vents… Est-ce aussi une  substance ?

En navigation, à bord de notre Basta, oui, on se sent si libres qu’on s’en étonne à tout moment !

Parfois, mettant le nez dehors pour prendre un bol d’air entre deux phrases ondulantes, une masse sombre à angles trop droits grossit sur l’horizon dégueulant ses containers remplis de marchandises comme une machine de guerre commerciale sur un océan de poésies. Pas la notre - notre propre poésie ne semblant savoir s’exprimer que dans notre mode de vie- plutôt celle de notre ami cubain Alfredo, rencontré à Manzanillo, que nous lisons aussi pendant nos quarts.

poeme-de-alfredo.JPG

Nous l’avons très approximativement traduit ainsi (nous pardonneras-tu Alfredo?!) :

 

Déglutition déplacée sous dais

 

I

Vertical descente d’un tour qui se ramassera en mer

Fange octroyée blancheur à temps

coucher les lèvres

bras souteneur

nota bene : sa fin ne sera pas cette fois l’eau

 

II

Altitude

les cheveux comme grimaces

amertume

profondes concavités qui traînent le sel

Horizontal cette fois confirme le paysage

qui va en s’étendant

 

III

Son odeur est sa finitude

Algides points afin d’aveugler la vue

Décharge tout ses sons dans la mer serrée

 

Extrait de « Luz & figuras », par Alfredo Perez Muñoz, Ediciones ORTO, 2007

(orto@crisol.cult.cu)

 

Pour Alfredo, le mot mer, n’est jamais très éloigné de l’idée de désir.

Pour Simone, qui n’était sûrement pas un grand marin mais parlait si bien de la liberté qu’elle construisait avec Sartre, « la joie amoureuse devait être aussi fatale et aussi imprévue que la houle des mers… »

Pour nous, quand nous n'arrivons plus à les lire, quand la mer devient forte, que le vent fraîchit, qu'il vient d’où nous allons, et que de surcroît 2 nœuds de courant amplifient notre dérive, la mer devient alors une sorte d'aliénation en substance qui nous assujettit...

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:22

Oulala, plusieurs mois d'inactivité sur ce blog...
Juré ! L'équipage de Basta a pensé à plusieurs reprises poster des nouvelles du Venezuela, où il vient de passer six mois. Mais le temps a filé comme une étoile par une nuit de quart à la barre.

Pour une série de reportages radio, il a fallu qu'il sillonne le pays en bateau, en bus et à pied... rencontrer des afro-descendants, des indiennes Taurepan, des militantes chavistes, des bourgeois-libéraux-conservateurs, des pêcheurs...

A Cumana,le thème social de prédilection de l'équipage l'a de nouveau accaparé : une sardinerie "récupérée" par les travailleurs, nationalisée par Hugo Chavez. Mais que veut donc dire "autogestion" dans un pays en voie vers le socialisme du XXI eme siècle ? gaviota.JPG
D'abord, travailler un peu moins... Normal, si on lutte pour ne plus être embauché au jour le jour et pressurisé par des chefs, et, qu'à la fin, on obtient la nationalisation, des contrats en bonne et due forme, des salaires réguliers... on peut s'apercevoir que les cadences de travail ralentissent légèrement pour le plus grand confort des doigts qui mettent en boite une bonne centaine de sardines par minute.
Ensuite, on peut jeter un coup d'oeil sur les panneaux d'affichage où les bilans comptables mensuels avoisinent avec des portraits de Che Guevara du photographe Korda. Et enfin, on peut se satisfaire à juste raison de ne plus travailler pour un patron qui va dépenser son fric dans les casinos de Miami, aux USA.

Toujours dans le même coin, mais un peu plus au fond du golf de Cariaco, Basta a caréné à Médrégal. Un franco-belge dénommé Jean-Marc y tient un petit chantier-hôtel sympa et pas cher pour les  bateaux.

En y rencontrant des navigateurs ayant bravés les pirates du pays, et après quelques bonnes bouteilles, nous avons eu l'idée de proposer un article sur le thème: "mythes et réalités de la piraterie : naviger au Venezuela est-ce encore possible ?" Et voilà donc Basta reparti dans les îles coraliennes, dans les mouillages forains encore fréquentés de cette côte à la réputation désastreuse.

Un mémorable réveillon du premier de l'an autour d'un feu de bois sur une plage de la Tortuga, en compagnie de Namibiens fumeurs de poissons et d'écologistes nord-américains...tortuga.jpg

Puis, enfin, une recontre avec les pirates...
Au Morro del Puerto Santo, un port de pêche jonché d'imondices, noyé dans le gazoil, l'équipage de Basta a eu l'admirable idée de plonger l'ancre au coucher du soleil. moro.JPG
Vers les trois heures du matin, Basta a de la visite : des pieds balots se prennent dans le tangon posé sur le pont. Daniel se reveille et, grâce au claire de lune, voit à travers les hublots deux types cherchant un moyen d'entrer à l'intérieur du bateau et une barque, moteur éteint, collée sur le francbord babord, maintenue par deux complices. Précisons que la porte de la descente, épaisse de 20 mm de contreplaqué et renforcée d'une plaque d'inox, était  fermée, que Basta ne possède que de petits hublots par lesquels un homme ne peut passer et qu'il s'est doté dernièrement d'une alarme avec une puissante sirène. Discrètement, Daniel déclenche donc la sirène en gueulant : "Vayan-se, hijos de puta !", ce  qui pourrait se traduire approximativement par la celèbre interjection prononcée par le président Nicolas Sakorzy lors d'un salon de l'agriculture. Et ça marche !  Avec soulagement, nous voyons les types sauter dans la barque et détaler rapidement.

Trois jours plus tard, au même endroit, l'attaque d'un couple sur un voilier en escale s'est conclue, celle-là, par un transport d'urgence de l'homme à l'hôpital et le viol de la femme...

Pour finir, de belles retrouvailles festives avec nos amis pêcheurs des Testigos rencontrés il y a vingt ans alors que nous naviguions en GOLIF (un voilier de 6,50 mètres) : poissons, langoustes, parties de pêches, grillades de chèvres... L'amitié attachante d'Estilita et de ses filles, les blagues del loco Felix, la poésie du vieux Chonchon, l'anniversaire de Joché sur la plage jusqu'à plus soif... et les larmes de Fany à l'heure du départ...testigos.jpg

En naviguant vers la Martinique contre vents et courants, secoués comme de pitoyables chatons coincés dans le tambour d'une lessiveuse durant six jours, nous avons eu le temps d' écouter plusieurs album de La Tordue. Alors on se repassait cet air qui dit ceci : "La vie ça te valdingue comme un joujou à tout beurzingue, t'y vois qu'du "blue"... Le plus important c'est d'être pas mort!"

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:29
Basta avait déjà rencontré des dauphins motivés...
Cette fois-ci, ils étaient bel et bien bolivariens !
(Si vous regardez bien, vous verrez une remora ventousée sur le flanc d'un dauphin...)
 Non, on ne s'en lasse pas !
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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 19:49

 

Entre la Jamaïque et Aruba...

 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 15:54

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 03:20

 

Il y a des journalistes qui prennent l’avion. Enfin… de moins en moins parce que presque plus aucune rédaction ne paie les frais de reportage des pigistes.

 

Il y a des journalistes qui voguent de reportage en reportage, certes encore moins nombreux (pour l’instant),  nous en faisons partie ! Evidement, nous sommes plus lents que les premiers : il nous a fallu 25 jours depuis Palerme pour rejoindre Tanger au Maroc. Avec des escales bien sur. Des escales à attendre les bonnes conditions de vent. Des escales pas des plus désagréables cependant.

 

Ainsi Basta a séjourné près de la dernière conserverie de thon rouge du sud de la Sardaigne, à Caloforte, avant de se la jouer grand chic à Formentera aux Baléares en revêtant des pompons blancs dans ses haubans.

 

DSCN2018-BD.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis ce beau navire se l’est coulé douce dans la Cala Cerrada, une calanque bien fermée comme son nom l’indique, à proximité de Carthagène. Premier bain de mer de la saison pour l’équipage...

 

DSCN2039 BD 

 

Basta s’est ensuite tapé le passage du détroit de Gibraltar, avec ces tourbillons et autres maelströms juste au cap de Ceuta à la tombée du jour, puis de forts courants, de nuit, qui l’ont fait dériver dans le chenal à cargos…

 

DSCN2090 BD

 

Mais ces longs jours perdus pour notre porte-feuille, le sont moins pour notre Culture.

Oui, en navigation, l’équipage du BASTA prend le temps de se « culturer ». 

Relecture du plombant « L’insurrection qui vient » du Comité Invisible, relevée par

l’écoute à la barre en podcast d’émissions de Daniel Mermet. L’horizon paraît plus souriant à entendre des membres de ce mouvement libertaire d’insolvables volontaires qui cumulent des prêts en banque  non remboursables pour financer la résistance au capitalisme !

Quel bel ouvrage que le très érudit « Bréviaire méditerranéen » de Predag Matvejevitch où l’on apprend qu’à Athènes comme à Sparte, l’Agora était à la fois marché et place publique ». Et qu’Aristote déjà « demanda que fût-ce dissocié ces deux activités : il ne fallait pas confondre les lieux de rassemblements politiques et le banal espace réserver au commerce ».

Et pour arriver sur Tanger, rien de tel que le récit du premier reporter voyageur originaire de cette ville, Ibn Battouta, qui parcouru le monde, lui aussi, mais au XIVème siècle...

 

Au comble de la cuculture du bord, avec notre compact qui ne craint même plus les embruns, nous avons réalisé un web-docucu de dauphins super motivés.

 

 

 

Et oui, les dauphins adorent régater avec le Basta sous voiles. Peut-être parce qu’ils aiment sa coque violette ?...

Une couleur que le douanier du port de Tanger, monté à bord pour remplir les formulaires d’entrée du Basta au Maroc,  apprécie aussi à sa façon :

-         Quelle est la couleur du bateau ?

-         Violet.

-         Mais violet, c’est quoi ? C’est bleu ? C’est blanc ?

-         Ben… c’est violet !

-         Mais j’écris quoi ? Bleu ? Blanc ?

-         Euh… oui blanc, le pont est blanc !

 

 

 

 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:45
DSC_6558-BD.jpg


"L'utopie est comme l'horizon : je fais deux pas, et il s'éloigne de deux pas. Je fais dix pas, et il s'éloigne de dix pas. L'horizon est inaccessible. Mais alors, à quoi sert l'utopie ? A ceci : elle sert à continuer à marcher."

Eduardo Galeano
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:24

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone, Italie.

Nous avançons d’étape en étape, dans les bons créneaux météo, mais il y en a peu. Direction la Sicile de nouveau, direction Palermo.

Depuis la traversée idyllique Sicile/Grèce cet automne (mer belle-petite brise-bonne pêche), les conditions météorologiques ont généralement été calamiteuses. Beaucoup de pluies et surtout un incessant manège de dépressions…

Avant de quitter la Sicile, nous avions rencontré le mouvement des sans abri de Palerme. Ils veulent habiter les résidences saisies par la justice à Cosa Nostra…

Or, Palerme est aussi la ville italienne où le plus de biens a été saisi à la mafia par la justice. Les sans-abri ont occupé à plusieurs reprises des villas de mafieux sous scellés, certaines plutôt luxueuses. Ils proposent de les « auto-rénover » soutenus par des architectes et des citoyens solidaires.


D206158


S’ils ont obtenu une modification de la loi sur l’usage du patrimoine confisqué qui rend possible cette attribution à titre provisoire, seule une soixantaine de logements a été allouée à des familles dans le besoin. Il manque surtout de la volonté politique, notamment de la part du maire, Diego Cammarata, un disciple de Silvio Berlusconi...

Nous croiserons peut-être le skipper de son yacht au port, un fonctionnaire rémunéré en tant que jardinier municipal…

En novembre, nous avons laissé le bateau dans la baie bien protégée de Vonitsa, en Grèce, pour filer vers la Roumanie en autobus, puis en avion depuis Thessaloniki. Bucarest dans le froid et la grisaille gardait un petit air pré-chute du mur avec ses barres d’immeubles d’un pur style ceausesciste, ses boutiques kitch du vieux centre dégradé ou ses vitrines pré-Bill Gates derrière lesquelles on apercevait des cours de sténo-dactylo dans des salles remplies de vieilles machines à écrire.

Pourtant, le 22 décembre marquait le vingtième anniversaire de la Révolution roumaine. A la chute de Nicolae Ceausescu, on découvrait dans ce pays une épidémie de sida pédiatrique sans précédent : dans les orphelinats et les hôpitaux, des milliers d’enfants (plus de 6000) avaient été contaminés lors de vaccinations ou de micro-transfusions. Grâce à la trithérapie, les survivants tentent de se construire un avenir dans un pays où les séropositifs sont très discriminés. L’un de ces enfants, maintenant jeune adulte, nous a accordé un entretien dans l’anonymat. Il milite au sein de l’Association roumaine anti sida (ARAS) et lance un cri d’alarme : à cause de la grave crise qui lamine le pays, les médicaments manquent dans les hôpitaux, les traitements sont interrompus. Qui plus est, le Fonds global de lutte contre le sida va interrompre cette année ses financements pour la prévention… Si le régime de Ceausescu avait ignoré le sida, il avait préservé le pays des grands trafics. Après 1989, l’héroïne s’est répandue comme une traînée de poudre. Aujourd’hui, à Bucarest, près de 40 000 jeunes toxicomanes risquent d’être contaminés par le VIH. La plupart a déjà contracté l’hépatite C sans avoir les moyens de se soigner. La maraude d’ARAS qui nous a embarqué va-t-elle pouvoir continuer son indispensable travail ?

 

Après une sympathique escale de quelques semaines à Levkas où plusieurs équipages français hivernaient, nous avons passé Noël sur la petite île de Paxos. Bizarrement, là où nous pensions ne croiser que quelques vieilles dames en noir à la sortie de la messe de minuit, nous avons trouvé un bar de nuit bondé de jeunes grecs sur leur 31 et de pulpeuses albanaises en super-mini-jupes et décolletés.

Notre réveillon du premier de l’an était plus mondialisé : à Corfou, whisky anglais et cigares cubains avec dix marins Polonais dont leur « Gérard d’Aboville » à eux, bientôt prêt à traverser l’Atlantique à la rame et même champion national de kendo !

Au premier créneau météo, Basta a quitté le vieux port de Corfou pour contourner l’île vers le Nord et viser, en face, Santa Maria de Leuca, le talon de la botte italienne. Bien au chaud dans la marina, nous avons laissé passer un coup de vent, puis nous nous sommes balladés avec un petit compact numérique qui fait aussi de la vidéo et crachotte un son d'enfer !

 

 


Au bar, Il lupo de mare, le vieux loup de mer de tenancier a appris à compter à son chien. L’animal connaît par cœur sa table de deux et même de trois. A deux fois deux, il répond par quatre aboiements…

Hier, Basta a plongé l’ancre dans le port de Crotone (attention, en Italien, le « e » se prononce « é » !) et ça nous fait bien rigoler. Pas vous ?

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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