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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:40

 

L'émission DETOURS de la radio suisse romande diffusera mardi 01 et mercredi 02 octobre 2013, nos reportages radiophoniques réalisés en Colombie dernièrement.

 

Nous avons suivi Luz Perly Cordoba, activiste du mouvement paysan d'Arauca, de retour au pays après plusieurs années d'exil politique forcé. Elle nous a guidé sur sa terre natale, proche de la frontière vénézuélienne, en proie aux convoitises des transnationales du pétrole... Pour écouter ou podcaster, cliquez !

 

Luz Perly Cordoba

 

 

A Cartagena, nous avons découvert les dessous de la vitrine touristique : à quelques minutes en taxi du centre historique, dans les quartiers populaires abandonnés par l’État, des jeunes jouent au football pour échapper au recrutement des gangs armés. Aux alentours du marché Santa Rita, ils sont de plus en plus nombreux ces enfants qui préfèrent les ballons aux balles, grâce à la fondation Tiempos de Juego...A écouter en ligne ou à podcaster ICI

 

01-copie-2

 

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 17:35

C'est difficile de décrire un chant amérindien kuna, tellement il semble insignifiant d'en isoler la tonalité de l'ambiance qu'il créé et dans laquelle il se diffuse. C'est une sorte de litanie assez monotone et d'une sonorité ondulante, psalmodiée par une voix masculine articulant à peine. Il s'agit de celle d'un sahila, le chef spirituel et coutumier d'une communauté kuna. Parfois, un timbre plus grave l'accompagne sans prononcer de mots, juste en fredonnant un air. Soudainement, des voix plus fortes, plus autoritaires aussi, crient un court refrain qui supplante un bref instant ce chant sacré. Elles proviennent de la périphérie de la grande hutte communautaire où se déroule l'événement dans la pénombre et convergent vers le cœur enfumé de l'assemblée où se trouvent les sahilas couchés ou assis sur leurs hamacs allumant dans temps à autre une cigarette. Les hommes qui lancent ces brefs messages sont des genres de policiers kunas, les suar ibgana. Ils n'ont pas de képis. Leur signe distinctif est leur canne, un joli bâton sculpté dont le pommeau représente souvent une tête de perroquet ou d'aigle, le long duquel s'entortille parfois un serpent en relief. Ces policiers passent dans l'assistance où la communauté est assise sur des bancs tournés vers les chanteurs. Ils surveillent l'attention qui est portée aux sahilas et réveillent éventuellement l'auditoire trop assoupi dont la présence est obligatoire. Une absence peut-être punie, notamment d'une amende, voire, si elle est répétée, d'une peine plus embêtante comme une interdiction provisoire de voyager. Nos amis amérindiens, Pablo et Santiago, nous avaient dit ce jour-là que les sahilas chanteraient sur le thème d'un des mythes fondateurs kuna : une histoire de mensonge proféré par un crapaud à deux frères jumeaux. Un instituteur de l'île de Sugdup m'a un jour exposé ce conte dont j'ai malheureusement oublié l'enchaînement. En revanche, nous avons trouvé sur l'île de Wichubwala une mola représentant cette histoire que nous avons punaisé dans la cabine du fond du Basta.

    mola mythe bd

 

[La mola est l'art particulier des indiennes kunas qui consacrent des heures à coudre ces « tableaux » constitués de plusieurs couches de tissus de différentes couleurs et dont elles ornent le devant et l'arrière de leurs chemisiers]. Pour connaître l'art et les traditions kunas, le blog de Michel Lecumberry est une excellente source. Ce Français est arrivé à la voile dans les îles San Blas il y a plus d'une une dizaine d'années, avec sa femme Coco. Fascinés par la culture kuna et le charme des îles San Blas que ces amérindiens administrent de façon autonome, ils ne sont jamais plus repartis du Panama. Son livre qu'il nous a offert « San Blas, molas et traditions kunas » (Tsango-publications) a trouvé une place de choix dans la bibliothèque du bord. Puis Michel nous a conseillé d'aller à Mamitupu et de ne pas oublier d'y saluer un certain Pablo. Nous nous étions arrêté en escale plusieurs fois sur cette île avant d'y être invités à cet événement si important pour les Kunas : le Congrès général annuel de leur culture. Dans la grande hutte communautaire de Mamitupu, les 49 sahilas présents, venus avec leur délégation de toutes les îles des San Blas, vont chanter à tour de rôle pendant cinq jours. Comme le chant de ces chefs est très imagé, truffé de métaphores, Pablo et Santiago nous ont assuré que même si nous parlions leur langue, nous n'y comprendrions rien. Après environ une heure et demi de cette psalmodie mystérieuse, c'est donc le argar qui a rendu intelligible les paroles du chef à l'auditoire kuna. Sorte de traducteur, cet autre personnage important au sein de la communauté, interprète et résume ce qu'a chanté son prédécesseur. Pour nous, qui ne connaissons pour l'heure qu'une dizaine d'expressions kunas, son discours fût une nouvelle mélopée plus cadencée. J'ai pensé en l'écoutant à une sorte de rap kuna tellement la verve de ce argar là semblait fluide, sans aucune hésitation. « C'est l'un de nos meilleurs orateurs », nous a expliqué Pablo. Pablo et sa femme Yacinta tiennent un petit hôtel dans le style kuna constitué de trois cabanes en palmes. Avec Santiago, Pablo comptait parmi l'équipe organisatrice de cet événement qui a demandé une grosse logistique : nourrir et héberger à Mamitupu, une toute petite île déjà densément habitée, quelques 250 personnes supplémentaires pendant cinq jours.

Mamitupu BD

Quelques temps avant l’événement, lors de notre précédente escale à bord de Basta, en secrétaire de la commission organisatrice du Congrès de la culture, Santiago, accompagné du Sahila de Mamitupu, nous avait présentée une lettre très poliment tournée. Elle sollicitait la générosité des voyageurs pour une petite donation qui permettrait de nourrir autant de monde. Nous avions alors remis à Santiago un billet de vingt dollars, puis, de retour sur l'île après un bref séjour à la frontière colombienne, revenus pour assister à ce congrès, nous avions amener dix kilos de sucre sachant qu'une pénurie de cette denrée avait sévi dans la zone : le bateau-magasin colombien qui achète les noix de coco aux Kunas -leur principale activité économique- et leur vend des denrées alimentaires ne passait plus depuis quelques semaines. « Les Kunas ont perdu l'habitude de planter de la canne à sucre », regretta ce jour là Pablo. Mamitupu est l'une des communautés amérindiennes restées des plus traditionnelles dans les San Blas. Chaque matin, à l'aube, depuis le mouillage, nous y regardons des dizaines de pirogues à voiles partir vers le continent où les familles cultivent sur leur lopin du manioc, des bananes plantains, des ananas, parfois aussi un peu fruits à pain et de citrons verts. Durant le Congrès, nous avons goûté à la cuisine kuna dans la grande hutte-cuisine communautaire avec tous les sahilas, invités à déguster une énorme assiette de soupe de riz agrémentée de bananes et de viandes fraîchement chassés par les hommes dans la montagne : du sanglier, du lapin, des gros rongeurs, de l'iguane... Lorsque que nous avons quitté Mamitupu, Santiago nous a remis une lettre très officielle signée par lui-même en tant que « secrétaire de la commission organisatrice du congrès de la culture kuna » et par le « sahila du peuple ». Elle est rédigée avec application à la main sur une feuille d'écolier et nous remercie en une tournure très courtoisement kunas : Au nom des autorités kunas de Mamitupu, elle nous souhaite de « brillantes réussites et beaucoup de prospérité dans nos fonctions et activités quotidiennes ». « Remercie [nos] personnes distinguées pour leur noble et louable geste qui [nous] a toujours caractérisé et pour [notre] esprit noble et infatigable toujours disposé à aider les communautés kunas ». Nous la gardons bien précieusement. « C'est un si grand honneur pour nous ! » avons-nous notifié à nos amis Santiago et Pablo en la recevant très émus.

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 08:40

Le camarade Gilles a bien parlé à la Radio suisse romande !

Ecoutons-le donc défendre ce journalisme impliqué qui nous sied.

Dans l'émission Médialogues, il considère  que le bateau Basta est une rédaction nomade adéquate !

Basta Coco Bandero

 

Cliquez ICI pour podcaster ou écouter en ligne...

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 09:39

Ce livre qui vient de paraître est un recueil d'une vingtaine de reportages dont six ont été menés en bateau, par l'équipage du BASTA.

de l'autre côté du monde recto bdef

Notre camarade Gilles Labarthe, journaliste-éditeur, résume ainsi ce qui a poussé leurs dix auteurs, tous journalistes indépendants, à prendre le temps de les réaliser, de marcher, d'explorer, de découvrir « l'autre côté du monde » : il parle d' « un besoin irrépressible d'aérer la pièce, de se lever, de retrouver nos jambes et d'aller voir par nous-mêmes ce qui se passait dehors ». En publiant nos reportages, Gilles défend une certaine conception de notre métier : « Aller prendre les informations à la source, au plus près ; constater sur place et sur pièces, pour éprouver toute la complexité et l'épaisseur du vivant ; faire part des choses, pour mieux témoigner ». Il nous rappelle qu'à bien des égards, le reportage est la base du journalisme, mais que dans la pratique,  les phénomènes de fusion, de concentration des médias ont mis à mal la diversité de la presse et qu'il reste peu de place aujourd'hui pour les reportages et les enquêtes réalisés à l'étranger. Alors quand Gilles défend ce journalisme « debout » qui entend se « libérer des flux incessants d'images et de nouvelles déversées par les médias, dans le mainstream de « l'actualité », il nous rappelle qu'on est dans le même bateau : si nous avons pris la mer à bord de BASTA il y a maintenant plus de cinq ans, c'était en grande partie pour ne pas « s'asseoir » sur notre métier de journaliste et photographe...01 bdef

Depuis, en texte et en photos, nous avons dénoncé l'épidémie de silicose des ouvriers turcs du textile qui sablent nos jeans pour leur donner un look branché. Nous avons rapporté le courage des petits commerçants de Palerme qui refusent d'être rackettés par Cosa nostra. Nous avons écouté les « harragas », ces enfants maghrébins qui « brûlent » les frontières, échoués à Melilla, à Barcelone et à Marseille. Les ouvrières agricoles marocaines nous ont fait découvrir le véritable coût social et écologique des tomates que nous mangeons chez nous en hiver. Les Vénézuéliens nous ont fait partager leur quotidien transformé par la démocratie participative qu'ils contribuent collectivement à construire...

Tous ces récits sont à  lire dans « Reportages, de l'autre côté du monde », aux Editions Gilles Labarthe / Editions d'en bas.
A trouver dans les étalages des bonnes librairies, ou bien, à commander dans toutes les autres, voire sur internet :  ici pour les Français, pour les Suisses.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 20:24

Après le Venezuela, BASTA a mis les voiles sur la Colombie. Nous y sommes restés plusieurs mois, très occupés, du moins assez pour oublier de publier un post sur ce blog...
C'est depuis le Panama où nous sommes actuellement que les souvenirs de notre dernière escale aux pays des FARC se bousculent...
Aujourd'hui, par hasard, en fouillant des dossiers dans un disque dur, je suis tombée sur un vieux texte que j'avais écrit, comme ça, pour moi, en 2002. Nous venions de passer une semaine dans un campement de la guerilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, qui négocie aujourd'hui la paix à Cuba.
Or, il y a quelques semaines en réactivant de vieux contacts en Colombie, justement, nous avons appris que le commandant du front qui nous avait accepté à l'époque était mort, que sa copine aussi était morte, que d'autres guérilleras que nous avions interviewé lors de ce séjour pour les magazine ELLE et MARIANNE étaient mortes.
Alors en tombant sur ce vieux texte, j'ai eu envie de le divulguer, tel quel, et je me suis dit que Daniel avait peut-être les dernières photos de ces gens qui ne verront jamais la paix, d'Enesto, de yira, et des autres, tant d'autres...

 

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"Il a laissé sa kalachnikov dans sa camionnette. Il est sorti, décontracté, un rien débraillé et mal rasé, en tenue de camouflage, chaussé de bottes en caoutchouc, ceinturé de pistolets et de grenades dans leurs étuis de cuir noir. Un guérillero de chair et d’os fait toujours frissonné. Mais dès qu’Ernesto a parlé, je suis restée béate, sans voix, un peu gourde. Ce chef de colonne quarantenaire et bedonnant venait de prononcer d’une voix suave « Etes-vous prêts chers amis ? » et il nous fixait de ses yeux clairs de chien battu. En montant dans son véhicule frigorifique sans plaque recyclé en fourgon de transport de troupes, je me suis emmêlé les pinceaux. « Journalistes français », ça il le savait. Et j’ai ajouté, confuse « d’une revue féministe » au lieu de féminine. Lapsus ? Laissais-je entendre mon état d’esprit de parisienne qui venait, à Bogota, d’interviewer toutes les défenseuses de l’égalité des sexes ? En démarrant, Ernesto a viré la tête brusquement, surpris. « Féministe ! » Il a pensé, j’en suis sûre : merde, une chieuse… J’avais voulu lui dire qui nous étions alors qu’il s’en fichait. Il nous faisait confiance un point c’est tout. Cela avait l’air de suffire.

 

Nous étions arrivés la vieille dans un village poussiéreux et déprimant dont nous tairons le nom pour la sécurité de nos interlocuteurs. C’était dimanche, jour de marché, et les paysans allaient venaient dans l’artère principale, une rue en terre défoncée par les poids-lourds débordant et les 4 x 4 déglingués. Le pitt des combats de coqs couvert de tôles rouillées, les épiceries aux étagères clairsemées, les bars à bières, les cantines où l’on ne mange que du bœuf, du riz et des bananes frites, tout était plein. Chaque fenêtre, je me souviens, arborait un étendard mystérieux. Il y avait tellement de guérilleros ce jour-là en ville que j’ai pensé qu’il s’agissait de leur drapeau : la marque de leur contrôle sur ce village sans flic, sans PM, la Police Militaire que l’on appelle aussi la « Putain de Merde ». Mais quelle guérilla ? D’un coté on distinguait, en vert uni avec un brassard rouge, ceux de l’ELN, l’Armée de Libération Nationale ; de l’autre, en camouflage, ceux des FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Ils discutaillaient par petits groupes ci et là au coin des rues. Cohabitaient-ils ? « Vaguement » m’a-t-on discrètement répondu, ajoutant : « Evidemment, ils sont un peu en concurrence… » Ces drapeaux ? « Rien que l’emblème du village. » Pour une raison spécifique ? « La mort d’une de ses fondatrices. » Un assassinat ?  Rires… « En Colombie, parfois, certains arrivent à mourir de vieillesse ! »

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Doña Maria, je crois, s’appelait la défunte tant respectée de cette bourgade conquise à l’allumette, débroussaillée aux brûlis. Tout autour, les montagnes grillées, pelées, carbonisées témoignaient d’une pyromanie ancestrale, d’une ignorance atavique des lois de la nature, voire d’une indolence climatologique. « Ou d’une fainéantise congénitale ! » interprète le procureur public du village. Jeune avocat débarqué de la ville, il raconte comment il s’essouffle à expliquer des notions basiques d’écologie et d’agronomie, à tenter d’organiser les planteurs en coopérative. Mais en vain. « Les paysans du coin préfèrent abattre la forêt que cultiver. Et les rares qui cultivent, crament la forêt… » Ainsi vit-on dans cette bourgade désolée de la cordillère orientale.

 

En ce 3 février 2002, à midi, ce diplômé pimpant nous a entraînés dans une arrière-boutique où la télévision diffusait bruyamment le flash d’information national. « Une sénatrice en campagne abattue par les FARC », annonçait gravement le présentateur cravaté de la chaîne Caracol. Sur le coup, tout le monde s’est tu. Puis une communiste a franchement lancé : « Cette salope était la femme d’un type véreux emprisonné. Elle se la coulait douce avec les fonds de pension qu’ils ont détourné. » Je sais qu’elle est communiste. Elle me l’a dit. Elle appartient au parti clandestin, pas à celui qui a encore un pas de porte et qui défend la paix. Elle soutient la lutte armée depuis que l’aile politique des FARC s’est fait décimée, à partir de 1985, après que le président Belisario Betancur a signé un accord de paix entériné par un cessez-le-feu. La guérilla marxiste c’était alors lancée dans l’arène politique sous l’étiquette Union Patriotique. Mais en 1986 et 1990, ses deux candidats aux présidentielles ont été descendus en pleine campagne. Des milliers d’assassinats ont continué à anéantir le mouvement. « 4000 de nos meilleurs éléments sont morts ! », rage cette militante.

 

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C’est elle qui a parlé de nous à Ernesto après le flash infos. Ce commandant des FARC traversait le village dans sa camionnette distribuant par sa fenêtre ouverte de fermes poignées de main aux paysans. Il était accompagné d’une brune en treillis au visage fin. L’une de ces guérilleras mi-douce, mi-dur, tellement ambivalente, si féminine en dépit de l’uniforme. Il a dit sans chichi « d’accord pour demain » en s’éclipsant. Nous les avons revus au bar, le soir même, un enfant dans les bras. A renfort de surenchère de tournées, l’avocat et ses amis avaient couvert notre table de cadavres d’Aguilla, la bière locale. En sortant de ce bar, Ernesto nous a salués et, ironique, a lancé : « Comme ça, vous allez entretenir la guerre ! ». Le patron des brasseries Aguilla est aussi le propriétaire des boissons gazeuses Postobon et du groupe de communication Caracol, l’homme le plus riche de Colombie…

 

Gracieuse, la femme du chef guérillero lui a emboîté le pas, son gosse dans les bras. Elle était superbe, de celles que je voulais rencontrer. Daniel aussi, mon ami photographe. Dans ce chahut éthylique, il m’a lancé un clin d’œil enjoué, persuadé qu’il était du trouble que causeraient ses futures images. Il les avait déjà en tête. Nous ressentions effectivement un dérangement, le fruit d’un sentiment mitigé où se confond répulsion et admiration. C’est un drôle d’état qui, en Colombie, défie les journalistes lorsqu’ils discutent aimablement avec des guérilleros. Ils sentent le piège de n’y voir que la pure lignée du Che Guevara ou, à l'extrême, de répugnants terroristes d’une organisation qui a des centaines de morts sur la conscience..."

Paz !

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 15:33

Il va falloir se procurer La Chronique d'Amnesty International d'avril 2013 pour lire notre travail en texte et photos paru ce mois-ci dans le magazine de la fameuse association de défense des droits humains.

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Dans son dossier questionnant les possibles dérives du chavisme, nous apportons nos regards croisés sur la démocratie participative au pays de feu Chavez : "La participation citoyenne : modèle ou alibi ?" est le titre de notre reportage...

Bonne lecture !

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 10:06

A vos  chéquiers ! 

Des reportages de l´équipage de BASTA vont paraître dans l´immanquable ouvrage édité par le camarade journaliste Gilles Labarthes de l´agence DATAS à laquelle nous collaborons.

Télécharger le bon de souscription  ICI  pour recevoir le livre.

Que du bon reportage au programme !

 

Cet ouvrage collectif sera disponible dès le 13 avril.

Merci aux souscripteurs !

On signale aux lecteurs suisses deux rendez-vous qui seront l'occasion de présenter l'ouvrage:

- le samedi 13 avril à Lausanne, au forum contre la spéculation sur les matières premières

- le vendredi 3 mai de 12h à 14h à Genève, au Salon international du livre et de la presse (stand G71 des Éditions d'en bas et Le social en lecture)

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:01

Voeux 2013

 

BONNE ANNEE A TOUTES ET TOUS !

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 07:11

Le flash info podcasté ce jour-là nous a réveillé aussi brutalement qu'un coup de massue. C'était la voix du correspondant de Radio France qui retentissait dans Basta. Celui-ci vient de publier un livre assez racoleur qui brosse dans le sens du poil tout ce que les médias européens aiment généralement entendre sur Chavez.

Nous étions à la marina de Caraballeda, à quelques kilomètres de Caracas. Depuis trois mois, nous parcourons les campagnes et les quartiers urbains accrochés tant bien que mal aux montagnes. Nous complétons notre travail commencé l'an passé dans ce pays où nous étions déjà restés six mois. Or, nous voilà sidérés par les propos du correspondant français « qui connaît bien le pays » selon la présentatrice. Mais quel pays ? Apparemment, nous ne sommes pas dans le même.

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Le Venezuela qu'il décrit ce jour-là ressemble à un pays en guerre. Des "chavistes", « car ils portent des chemises rouges, et généralement les gens ainsi vêtus sont des chavistes » auraient attaqué en différents endroits des supporters de l'opposition. En réalité, il fait d'une petite anicroche très locale dont la presse nationale parle à peine, un événement qui appuie sa thèse : le pays serait au bord du chaos. C'est ainsi qu'il conclura un autre des ses papiers radio.

Beaucoup de journaux du monde entier ont spéculé sur un scénario violent à cause d'élections soit disant tronquées d'avance. Pourtant, tout s'est passé pacifiquement. Les nombreux observateurs internationaux ont avalisé l'un des systèmes de vote les plus surs, beaucoup plus moderne que le notre. Certes, un système électronique, mais doublé d'une sortie papier, également comptabilisée (donc un système double électronique/manuel), qui plus est, renforcé par la prise de l'empreinte digitale et un trempage du doigt dans une encre indélébile tenace empêchant de voter deux fois : un très bon système. Les Vénézueliens en âge de voter l'ont fait à 81%. Nombreux étaient dans les rues toute la journée et restaient joyeusement près des centres de vote en soirée pour s'assurer que tout allait bien, attendre ensemble les résultats sans qu'il y ait d'incidents importants à signaler. Une véritable leçon de démocratie.

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Pendant que la plupart des journaux occidentaux s'évertuent à dépeindre un Venezuela empreint du pire régime dictatorial, nous parcourons le pays fascinés par la vivacité de cette démocratie, jeune, effervescente, intransigeante. « La démocratie est au Venezuela ! » pourrait être le titre du nouveau livre texte et photos que nous préparons.

Alors que les médias vilipendent la politique de Chavez, manipulant les chiffres (France 2 est allé jusqu'à affirmer que 80% de la population vivait sous le seuil de pauvreté avec un correctif par la suite  : clic là, et si t'en veux encore : re-clic !), nous allons au cœur d'assemblées populaires, dans des quartiers, dans des usines (un de nos reportages ici ), à la campagne aussi. Ces réunions régulières durant lesquelles les citoyens vénézuéliens discutent de leurs nécessités, votent à main levée, recherchent des solutions ensemble, montent des projets, prennent eux-même en charge leur réalisation... sont ce que Chavez appelle le « pouvoir populaire ». Il veut lui transférer directement des compétences : une démocratie participative est en train de devenir effective sur la base de « communes » organisées.

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Non pas que tout soit au mieux dans le meilleur des Venezuela. Beaucoup de choses ne vont pas. Beaucoup d'erreurs sont à corriger. Les plus chavistes le disent ouvertement et protestent sans retenues. Ce pays est justement un laboratoire démocratique où les gens débattent perpétuellement. Alors, quand le correspondant de Radio France évoque des relents des années 30, on rigole amèrement. Franchement, ils sont où les bruits de bottes ? En Amérique latine ou en Europe ? Qui a une extrême droite qui dépasse les 15% ? Et puis, ici, dans ce « goulag » tropical, que cela plaise ou non, la consommation est frénétique, la pauvreté et le chômage sont en baisse, la croissance qui avait manqué est maintenant en hausse, une bonne partie de la jeunesse qui a fait amplement la fête après les résultats du scrutin se sent pousser des ailes. Décidément, ce Chavez est un danger : il montre un chemin si différent des politiques d'austérité ailleurs imposées...

Basta entame son quatrième mois au pays du « socialisme du XXIème siècle ». Nous finissons nos reportages en textes et en images pour notre projet de livre : un récit de voyage dans un Venezuela très différent de ce que vous êtes habitués à entendre...

Prochainement, nous mettrons le cap à l'Ouest. Direction : la Colombie !

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:53

Basta est de retour au Venezuela ! Après Cuba, c'est bien normal... En avant première, l'équipage, surtout Daniel, est heureux de vous présenter bien modestement la double page du Monde Diplomatique sur le Venezuela qui paraitra en septembre avec deux images en diptyques de la série "hecho en socialismo". Travail qui se poursuit en texte et en photos...   Achetez le "Diplo" de septembre !

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici : https://cecileraimbeau.wordpress.com/

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

Contacts :

bateaubasta@gmail.com

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