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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 20:24

Après le Venezuela, BASTA a mis les voiles sur la Colombie. Nous y sommes restés plusieurs mois, très occupés, du moins assez pour oublier de publier un post sur ce blog...
C'est depuis le Panama où nous sommes actuellement que les souvenirs de notre dernière escale aux pays des FARC se bousculent...
Aujourd'hui, par hasard, en fouillant des dossiers dans un disque dur, je suis tombée sur un vieux texte que j'avais écrit, comme ça, pour moi, en 2002. Nous venions de passer une semaine dans un campement de la guerilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, qui négocie aujourd'hui la paix à Cuba.
Or, il y a quelques semaines en réactivant de vieux contacts en Colombie, justement, nous avons appris que le commandant du front qui nous avait accepté à l'époque était mort, que sa copine aussi était morte, que d'autres guérilleras que nous avions interviewé lors de ce séjour pour les magazine ELLE et MARIANNE étaient mortes.
Alors en tombant sur ce vieux texte, j'ai eu envie de le divulguer, tel quel, et je me suis dit que Daniel avait peut-être les dernières photos de ces gens qui ne verront jamais la paix, d'Enesto, de yira, et des autres, tant d'autres...

 

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"Il a laissé sa kalachnikov dans sa camionnette. Il est sorti, décontracté, un rien débraillé et mal rasé, en tenue de camouflage, chaussé de bottes en caoutchouc, ceinturé de pistolets et de grenades dans leurs étuis de cuir noir. Un guérillero de chair et d’os fait toujours frissonné. Mais dès qu’Ernesto a parlé, je suis restée béate, sans voix, un peu gourde. Ce chef de colonne quarantenaire et bedonnant venait de prononcer d’une voix suave « Etes-vous prêts chers amis ? » et il nous fixait de ses yeux clairs de chien battu. En montant dans son véhicule frigorifique sans plaque recyclé en fourgon de transport de troupes, je me suis emmêlé les pinceaux. « Journalistes français », ça il le savait. Et j’ai ajouté, confuse « d’une revue féministe » au lieu de féminine. Lapsus ? Laissais-je entendre mon état d’esprit de parisienne qui venait, à Bogota, d’interviewer toutes les défenseuses de l’égalité des sexes ? En démarrant, Ernesto a viré la tête brusquement, surpris. « Féministe ! » Il a pensé, j’en suis sûre : merde, une chieuse… J’avais voulu lui dire qui nous étions alors qu’il s’en fichait. Il nous faisait confiance un point c’est tout. Cela avait l’air de suffire.

 

Nous étions arrivés la vieille dans un village poussiéreux et déprimant dont nous tairons le nom pour la sécurité de nos interlocuteurs. C’était dimanche, jour de marché, et les paysans allaient venaient dans l’artère principale, une rue en terre défoncée par les poids-lourds débordant et les 4 x 4 déglingués. Le pitt des combats de coqs couvert de tôles rouillées, les épiceries aux étagères clairsemées, les bars à bières, les cantines où l’on ne mange que du bœuf, du riz et des bananes frites, tout était plein. Chaque fenêtre, je me souviens, arborait un étendard mystérieux. Il y avait tellement de guérilleros ce jour-là en ville que j’ai pensé qu’il s’agissait de leur drapeau : la marque de leur contrôle sur ce village sans flic, sans PM, la Police Militaire que l’on appelle aussi la « Putain de Merde ». Mais quelle guérilla ? D’un coté on distinguait, en vert uni avec un brassard rouge, ceux de l’ELN, l’Armée de Libération Nationale ; de l’autre, en camouflage, ceux des FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Ils discutaillaient par petits groupes ci et là au coin des rues. Cohabitaient-ils ? « Vaguement » m’a-t-on discrètement répondu, ajoutant : « Evidemment, ils sont un peu en concurrence… » Ces drapeaux ? « Rien que l’emblème du village. » Pour une raison spécifique ? « La mort d’une de ses fondatrices. » Un assassinat ?  Rires… « En Colombie, parfois, certains arrivent à mourir de vieillesse ! »

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Doña Maria, je crois, s’appelait la défunte tant respectée de cette bourgade conquise à l’allumette, débroussaillée aux brûlis. Tout autour, les montagnes grillées, pelées, carbonisées témoignaient d’une pyromanie ancestrale, d’une ignorance atavique des lois de la nature, voire d’une indolence climatologique. « Ou d’une fainéantise congénitale ! » interprète le procureur public du village. Jeune avocat débarqué de la ville, il raconte comment il s’essouffle à expliquer des notions basiques d’écologie et d’agronomie, à tenter d’organiser les planteurs en coopérative. Mais en vain. « Les paysans du coin préfèrent abattre la forêt que cultiver. Et les rares qui cultivent, crament la forêt… » Ainsi vit-on dans cette bourgade désolée de la cordillère orientale.

 

En ce 3 février 2002, à midi, ce diplômé pimpant nous a entraînés dans une arrière-boutique où la télévision diffusait bruyamment le flash d’information national. « Une sénatrice en campagne abattue par les FARC », annonçait gravement le présentateur cravaté de la chaîne Caracol. Sur le coup, tout le monde s’est tu. Puis une communiste a franchement lancé : « Cette salope était la femme d’un type véreux emprisonné. Elle se la coulait douce avec les fonds de pension qu’ils ont détourné. » Je sais qu’elle est communiste. Elle me l’a dit. Elle appartient au parti clandestin, pas à celui qui a encore un pas de porte et qui défend la paix. Elle soutient la lutte armée depuis que l’aile politique des FARC s’est fait décimée, à partir de 1985, après que le président Belisario Betancur a signé un accord de paix entériné par un cessez-le-feu. La guérilla marxiste c’était alors lancée dans l’arène politique sous l’étiquette Union Patriotique. Mais en 1986 et 1990, ses deux candidats aux présidentielles ont été descendus en pleine campagne. Des milliers d’assassinats ont continué à anéantir le mouvement. « 4000 de nos meilleurs éléments sont morts ! », rage cette militante.

 

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C’est elle qui a parlé de nous à Ernesto après le flash infos. Ce commandant des FARC traversait le village dans sa camionnette distribuant par sa fenêtre ouverte de fermes poignées de main aux paysans. Il était accompagné d’une brune en treillis au visage fin. L’une de ces guérilleras mi-douce, mi-dur, tellement ambivalente, si féminine en dépit de l’uniforme. Il a dit sans chichi « d’accord pour demain » en s’éclipsant. Nous les avons revus au bar, le soir même, un enfant dans les bras. A renfort de surenchère de tournées, l’avocat et ses amis avaient couvert notre table de cadavres d’Aguilla, la bière locale. En sortant de ce bar, Ernesto nous a salués et, ironique, a lancé : « Comme ça, vous allez entretenir la guerre ! ». Le patron des brasseries Aguilla est aussi le propriétaire des boissons gazeuses Postobon et du groupe de communication Caracol, l’homme le plus riche de Colombie…

 

Gracieuse, la femme du chef guérillero lui a emboîté le pas, son gosse dans les bras. Elle était superbe, de celles que je voulais rencontrer. Daniel aussi, mon ami photographe. Dans ce chahut éthylique, il m’a lancé un clin d’œil enjoué, persuadé qu’il était du trouble que causeraient ses futures images. Il les avait déjà en tête. Nous ressentions effectivement un dérangement, le fruit d’un sentiment mitigé où se confond répulsion et admiration. C’est un drôle d’état qui, en Colombie, défie les journalistes lorsqu’ils discutent aimablement avec des guérilleros. Ils sentent le piège de n’y voir que la pure lignée du Che Guevara ou, à l'extrême, de répugnants terroristes d’une organisation qui a des centaines de morts sur la conscience..."

Paz !

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 15:33

Il va falloir se procurer La Chronique d'Amnesty International d'avril 2013 pour lire notre travail en texte et photos paru ce mois-ci dans le magazine de la fameuse association de défense des droits humains.

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Dans son dossier questionnant les possibles dérives du chavisme, nous apportons nos regards croisés sur la démocratie participative au pays de feu Chavez : "La participation citoyenne : modèle ou alibi ?" est le titre de notre reportage...

Bonne lecture !

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 10:06

A vos  chéquiers ! 

Des reportages de l´équipage de BASTA vont paraître dans l´immanquable ouvrage édité par le camarade journaliste Gilles Labarthes de l´agence DATAS à laquelle nous collaborons.

Télécharger le bon de souscription  ICI  pour recevoir le livre.

Que du bon reportage au programme !

 

Cet ouvrage collectif sera disponible dès le 13 avril.

Merci aux souscripteurs !

On signale aux lecteurs suisses deux rendez-vous qui seront l'occasion de présenter l'ouvrage:

- le samedi 13 avril à Lausanne, au forum contre la spéculation sur les matières premières

- le vendredi 3 mai de 12h à 14h à Genève, au Salon international du livre et de la presse (stand G71 des Éditions d'en bas et Le social en lecture)

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:01

Voeux 2013

 

BONNE ANNEE A TOUTES ET TOUS !

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 07:11

Le flash info podcasté ce jour-là nous a réveillé aussi brutalement qu'un coup de massue. C'était la voix du correspondant de Radio France qui retentissait dans Basta. Celui-ci vient de publier un livre assez racoleur qui brosse dans le sens du poil tout ce que les médias européens aiment généralement entendre sur Chavez.

Nous étions à la marina de Caraballeda, à quelques kilomètres de Caracas. Depuis trois mois, nous parcourons les campagnes et les quartiers urbains accrochés tant bien que mal aux montagnes. Nous complétons notre travail commencé l'an passé dans ce pays où nous étions déjà restés six mois. Or, nous voilà sidérés par les propos du correspondant français « qui connaît bien le pays » selon la présentatrice. Mais quel pays ? Apparemment, nous ne sommes pas dans le même.

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Le Venezuela qu'il décrit ce jour-là ressemble à un pays en guerre. Des "chavistes", « car ils portent des chemises rouges, et généralement les gens ainsi vêtus sont des chavistes » auraient attaqué en différents endroits des supporters de l'opposition. En réalité, il fait d'une petite anicroche très locale dont la presse nationale parle à peine, un événement qui appuie sa thèse : le pays serait au bord du chaos. C'est ainsi qu'il conclura un autre des ses papiers radio.

Beaucoup de journaux du monde entier ont spéculé sur un scénario violent à cause d'élections soit disant tronquées d'avance. Pourtant, tout s'est passé pacifiquement. Les nombreux observateurs internationaux ont avalisé l'un des systèmes de vote les plus surs, beaucoup plus moderne que le notre. Certes, un système électronique, mais doublé d'une sortie papier, également comptabilisée (donc un système double électronique/manuel), qui plus est, renforcé par la prise de l'empreinte digitale et un trempage du doigt dans une encre indélébile tenace empêchant de voter deux fois : un très bon système. Les Vénézueliens en âge de voter l'ont fait à 81%. Nombreux étaient dans les rues toute la journée et restaient joyeusement près des centres de vote en soirée pour s'assurer que tout allait bien, attendre ensemble les résultats sans qu'il y ait d'incidents importants à signaler. Une véritable leçon de démocratie.

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Pendant que la plupart des journaux occidentaux s'évertuent à dépeindre un Venezuela empreint du pire régime dictatorial, nous parcourons le pays fascinés par la vivacité de cette démocratie, jeune, effervescente, intransigeante. « La démocratie est au Venezuela ! » pourrait être le titre du nouveau livre texte et photos que nous préparons.

Alors que les médias vilipendent la politique de Chavez, manipulant les chiffres (France 2 est allé jusqu'à affirmer que 80% de la population vivait sous le seuil de pauvreté avec un correctif par la suite  : clic là, et si t'en veux encore : re-clic !), nous allons au cœur d'assemblées populaires, dans des quartiers, dans des usines (un de nos reportages ici ), à la campagne aussi. Ces réunions régulières durant lesquelles les citoyens vénézuéliens discutent de leurs nécessités, votent à main levée, recherchent des solutions ensemble, montent des projets, prennent eux-même en charge leur réalisation... sont ce que Chavez appelle le « pouvoir populaire ». Il veut lui transférer directement des compétences : une démocratie participative est en train de devenir effective sur la base de « communes » organisées.

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Non pas que tout soit au mieux dans le meilleur des Venezuela. Beaucoup de choses ne vont pas. Beaucoup d'erreurs sont à corriger. Les plus chavistes le disent ouvertement et protestent sans retenues. Ce pays est justement un laboratoire démocratique où les gens débattent perpétuellement. Alors, quand le correspondant de Radio France évoque des relents des années 30, on rigole amèrement. Franchement, ils sont où les bruits de bottes ? En Amérique latine ou en Europe ? Qui a une extrême droite qui dépasse les 15% ? Et puis, ici, dans ce « goulag » tropical, que cela plaise ou non, la consommation est frénétique, la pauvreté et le chômage sont en baisse, la croissance qui avait manqué est maintenant en hausse, une bonne partie de la jeunesse qui a fait amplement la fête après les résultats du scrutin se sent pousser des ailes. Décidément, ce Chavez est un danger : il montre un chemin si différent des politiques d'austérité ailleurs imposées...

Basta entame son quatrième mois au pays du « socialisme du XXIème siècle ». Nous finissons nos reportages en textes et en images pour notre projet de livre : un récit de voyage dans un Venezuela très différent de ce que vous êtes habitués à entendre...

Prochainement, nous mettrons le cap à l'Ouest. Direction : la Colombie !

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:53

Basta est de retour au Venezuela ! Après Cuba, c'est bien normal... En avant première, l'équipage, surtout Daniel, est heureux de vous présenter bien modestement la double page du Monde Diplomatique sur le Venezuela qui paraitra en septembre avec deux images en diptyques de la série "hecho en socialismo". Travail qui se poursuit en texte et en photos...   Achetez le "Diplo" de septembre !

2012-Venezuela.PNG

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 20:28

Depuis notre remontée secouée, au près, du Venezuela jusqu’en Martinique, nous avons encore bouffé des miles nautiques !

Mais avant de reprendre la mer, sur cette île française, l'équipage du Basta s'est lancé dans un reportage culinaire sur la banane antillaise... Il s'agit là, bien sur, de cuisine politique teintée de lobbying économique à la sauce aux champignons...

A lire dans REGARDS : clic ici

Le sujet a aussi fait l'objet d'une « carte postale » publiée dans SINE Mensuel :   clic là !

Parallèlement, nous avons suivi les entraînements de la sympathique équipe de yoleurs âgés de 10 à 14 ans, en apprentissage à bord de la bébé yole "Jeannine", dont les difficiles départs à la voile dans les rouleaux de la Trinité nous ont beaucoup impressionnés : un « mini-reportage » à paraître dans GEO ado du mois d'août : re-clic !

 

La Martinique est toujours une escale de joyeuses retrouvailles familiales et amicales.

Petit clin d’œil tout particulier à la famille « 16 » ! « Je voudrais le fils, le couz, la fille, le beauf ! » Toujours prêts à faire la fête, toujours la main sur le cœur ! 

Dans cette île, trop encombrée de bagnoles, de grandes-surfaces et de panneaux publicitaires, nous ne manquons jamais ces douces après-midis dans le « zion » des vieux potes Kazy et Naby, deux vrais adeptes de la décroissance qui ne se contentent pas d'acheter des produits bio chez Carrouf ou de fermer le robinet quand ils se brossent les dents ! Dans son livre, qui vient de paraître aux éditions Amalthée, « Rasta, la gnose caraïbe », Ras Naby s'explique ainsi : « Quelle révolution pourrait être plus pertinente que celle du roots Rasta ? Il ne s'agit plus de détruire un système pour en refaire un autre, mais de soustraire un à un notre énergie vitale de son circuit infernal par le choix légitime et respectable d'une vie simple ».

 

Après tout ces verres et ces verts... du bleu, du bleu, du bleu !

 

Basta a fait route direct sur Santiago de Cuba : 1100 miles nautiques !

Santiago-de-Cuba.jpg

Puis, quittant à regret le pays des frères Castro (nous reviendrons dans de prochains posts sur notre séjour de deux mois à Cuba), nous avons mis le cap sur l’île de Curaçao où nous sommes aujourd’hui, via l’île à Vache à Haïti et le cap Beata en République Dominicaine. Nos routes sur la carte dessinent un grand cercle sur la moitié de la mer des Caraïbes…

En mer, surtout quand Basta trace son sillon bien calé sur son angle de gîte, la lecture, tous deux vautrés sur nos couchettes, reste la seule activité soutenable. Alors l’équipage en profite pour enfin dévorer des livres.

« Rien donc ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait ; nos liens avec le monde, c’est nous qui les créions ; la liberté était notre substance même » écrit Simone de Beauvoir en pleine « Force de l’âge », à propos d’elle et Sartre, alors jeunes et rêvant de vivre de leur plume…

Depuis bientôt cinq ans que nous avons quitté Paris en voilier, sans aucunes économies, nous voguons au gré de nos envies, vivant modestement de textes et de photographies, essentiellement contraints par les vents… Est-ce aussi une  substance ?

En navigation, à bord de notre Basta, oui, on se sent si libres qu’on s’en étonne à tout moment !

Parfois, mettant le nez dehors pour prendre un bol d’air entre deux phrases ondulantes, une masse sombre à angles trop droits grossit sur l’horizon dégueulant ses containers remplis de marchandises comme une machine de guerre commerciale sur un océan de poésies. Pas la notre - notre propre poésie ne semblant savoir s’exprimer que dans notre mode de vie- plutôt celle de notre ami cubain Alfredo, rencontré à Manzanillo, que nous lisons aussi pendant nos quarts.

poeme-de-alfredo.JPG

Nous l’avons très approximativement traduit ainsi (nous pardonneras-tu Alfredo?!) :

 

Déglutition déplacée sous dais

 

I

Vertical descente d’un tour qui se ramassera en mer

Fange octroyée blancheur à temps

coucher les lèvres

bras souteneur

nota bene : sa fin ne sera pas cette fois l’eau

 

II

Altitude

les cheveux comme grimaces

amertume

profondes concavités qui traînent le sel

Horizontal cette fois confirme le paysage

qui va en s’étendant

 

III

Son odeur est sa finitude

Algides points afin d’aveugler la vue

Décharge tout ses sons dans la mer serrée

 

Extrait de « Luz & figuras », par Alfredo Perez Muñoz, Ediciones ORTO, 2007

(orto@crisol.cult.cu)

 

Pour Alfredo, le mot mer, n’est jamais très éloigné de l’idée de désir.

Pour Simone, qui n’était sûrement pas un grand marin mais parlait si bien de la liberté qu’elle construisait avec Sartre, « la joie amoureuse devait être aussi fatale et aussi imprévue que la houle des mers… »

Pour nous, quand nous n'arrivons plus à les lire, quand la mer devient forte, que le vent fraîchit, qu'il vient d’où nous allons, et que de surcroît 2 nœuds de courant amplifient notre dérive, la mer devient alors une sorte d'aliénation en substance qui nous assujettit...

 

 

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Publié par Bateau Basta - dans Le voyage
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:38

Oyez oyez !

Ecoutez et podcastez notre carnet de voyage au Venezuela toute la semaine du 21 au 25 mai dans l emission Un dromadaire sur l epaule de la radio suisse romande !

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/un-dromadaire-sur-l-epaule

Nous vous emmenons chaque jour dans un paradis plus ou moins socialiste !

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Publié par Bateau Basta - dans On parle de Basta...
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:22

Oulala, plusieurs mois d'inactivité sur ce blog...
Juré ! L'équipage de Basta a pensé à plusieurs reprises poster des nouvelles du Venezuela, où il vient de passer six mois. Mais le temps a filé comme une étoile par une nuit de quart à la barre.

Pour une série de reportages radio, il a fallu qu'il sillonne le pays en bateau, en bus et à pied... rencontrer des afro-descendants, des indiennes Taurepan, des militantes chavistes, des bourgeois-libéraux-conservateurs, des pêcheurs...

A Cumana,le thème social de prédilection de l'équipage l'a de nouveau accaparé : une sardinerie "récupérée" par les travailleurs, nationalisée par Hugo Chavez. Mais que veut donc dire "autogestion" dans un pays en voie vers le socialisme du XXI eme siècle ? gaviota.JPG
D'abord, travailler un peu moins... Normal, si on lutte pour ne plus être embauché au jour le jour et pressurisé par des chefs, et, qu'à la fin, on obtient la nationalisation, des contrats en bonne et due forme, des salaires réguliers... on peut s'apercevoir que les cadences de travail ralentissent légèrement pour le plus grand confort des doigts qui mettent en boite une bonne centaine de sardines par minute.
Ensuite, on peut jeter un coup d'oeil sur les panneaux d'affichage où les bilans comptables mensuels avoisinent avec des portraits de Che Guevara du photographe Korda. Et enfin, on peut se satisfaire à juste raison de ne plus travailler pour un patron qui va dépenser son fric dans les casinos de Miami, aux USA.

Toujours dans le même coin, mais un peu plus au fond du golf de Cariaco, Basta a caréné à Médrégal. Un franco-belge dénommé Jean-Marc y tient un petit chantier-hôtel sympa et pas cher pour les  bateaux.

En y rencontrant des navigateurs ayant bravés les pirates du pays, et après quelques bonnes bouteilles, nous avons eu l'idée de proposer un article sur le thème: "mythes et réalités de la piraterie : naviger au Venezuela est-ce encore possible ?" Et voilà donc Basta reparti dans les îles coraliennes, dans les mouillages forains encore fréquentés de cette côte à la réputation désastreuse.

Un mémorable réveillon du premier de l'an autour d'un feu de bois sur une plage de la Tortuga, en compagnie de Namibiens fumeurs de poissons et d'écologistes nord-américains...tortuga.jpg

Puis, enfin, une recontre avec les pirates...
Au Morro del Puerto Santo, un port de pêche jonché d'imondices, noyé dans le gazoil, l'équipage de Basta a eu l'admirable idée de plonger l'ancre au coucher du soleil. moro.JPG
Vers les trois heures du matin, Basta a de la visite : des pieds balots se prennent dans le tangon posé sur le pont. Daniel se reveille et, grâce au claire de lune, voit à travers les hublots deux types cherchant un moyen d'entrer à l'intérieur du bateau et une barque, moteur éteint, collée sur le francbord babord, maintenue par deux complices. Précisons que la porte de la descente, épaisse de 20 mm de contreplaqué et renforcée d'une plaque d'inox, était  fermée, que Basta ne possède que de petits hublots par lesquels un homme ne peut passer et qu'il s'est doté dernièrement d'une alarme avec une puissante sirène. Discrètement, Daniel déclenche donc la sirène en gueulant : "Vayan-se, hijos de puta !", ce  qui pourrait se traduire approximativement par la celèbre interjection prononcée par le président Nicolas Sakorzy lors d'un salon de l'agriculture. Et ça marche !  Avec soulagement, nous voyons les types sauter dans la barque et détaler rapidement.

Trois jours plus tard, au même endroit, l'attaque d'un couple sur un voilier en escale s'est conclue, celle-là, par un transport d'urgence de l'homme à l'hôpital et le viol de la femme...

Pour finir, de belles retrouvailles festives avec nos amis pêcheurs des Testigos rencontrés il y a vingt ans alors que nous naviguions en GOLIF (un voilier de 6,50 mètres) : poissons, langoustes, parties de pêches, grillades de chèvres... L'amitié attachante d'Estilita et de ses filles, les blagues del loco Felix, la poésie du vieux Chonchon, l'anniversaire de Joché sur la plage jusqu'à plus soif... et les larmes de Fany à l'heure du départ...testigos.jpg

En naviguant vers la Martinique contre vents et courants, secoués comme de pitoyables chatons coincés dans le tambour d'une lessiveuse durant six jours, nous avons eu le temps d' écouter plusieurs album de La Tordue. Alors on se repassait cet air qui dit ceci : "La vie ça te valdingue comme un joujou à tout beurzingue, t'y vois qu'du "blue"... Le plus important c'est d'être pas mort!"

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 13:04

Basta-Joyeuses-fetes.jpg

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A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

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