Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:01

Voeux 2013

 

BONNE ANNEE A TOUTES ET TOUS !

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article
28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 07:11

Le flash info podcasté ce jour-là nous a réveillé aussi brutalement qu'un coup de massue. C'était la voix du correspondant de Radio France qui retentissait dans Basta. Celui-ci vient de publier un livre assez racoleur qui brosse dans le sens du poil tout ce que les médias européens aiment généralement entendre sur Chavez.

Nous étions à la marina de Caraballeda, à quelques kilomètres de Caracas. Depuis trois mois, nous parcourons les campagnes et les quartiers urbains accrochés tant bien que mal aux montagnes. Nous complétons notre travail commencé l'an passé dans ce pays où nous étions déjà restés six mois. Or, nous voilà sidérés par les propos du correspondant français « qui connaît bien le pays » selon la présentatrice. Mais quel pays ? Apparemment, nous ne sommes pas dans le même.

01-copie-1

Le Venezuela qu'il décrit ce jour-là ressemble à un pays en guerre. Des "chavistes", « car ils portent des chemises rouges, et généralement les gens ainsi vêtus sont des chavistes » auraient attaqué en différents endroits des supporters de l'opposition. En réalité, il fait d'une petite anicroche très locale dont la presse nationale parle à peine, un événement qui appuie sa thèse : le pays serait au bord du chaos. C'est ainsi qu'il conclura un autre des ses papiers radio.

Beaucoup de journaux du monde entier ont spéculé sur un scénario violent à cause d'élections soit disant tronquées d'avance. Pourtant, tout s'est passé pacifiquement. Les nombreux observateurs internationaux ont avalisé l'un des systèmes de vote les plus surs, beaucoup plus moderne que le notre. Certes, un système électronique, mais doublé d'une sortie papier, également comptabilisée (donc un système double électronique/manuel), qui plus est, renforcé par la prise de l'empreinte digitale et un trempage du doigt dans une encre indélébile tenace empêchant de voter deux fois : un très bon système. Les Vénézueliens en âge de voter l'ont fait à 81%. Nombreux étaient dans les rues toute la journée et restaient joyeusement près des centres de vote en soirée pour s'assurer que tout allait bien, attendre ensemble les résultats sans qu'il y ait d'incidents importants à signaler. Une véritable leçon de démocratie.

06-copie-1

Pendant que la plupart des journaux occidentaux s'évertuent à dépeindre un Venezuela empreint du pire régime dictatorial, nous parcourons le pays fascinés par la vivacité de cette démocratie, jeune, effervescente, intransigeante. « La démocratie est au Venezuela ! » pourrait être le titre du nouveau livre texte et photos que nous préparons.

Alors que les médias vilipendent la politique de Chavez, manipulant les chiffres (France 2 est allé jusqu'à affirmer que 80% de la population vivait sous le seuil de pauvreté avec un correctif par la suite  : clic là, et si t'en veux encore : re-clic !), nous allons au cœur d'assemblées populaires, dans des quartiers, dans des usines (un de nos reportages ici ), à la campagne aussi. Ces réunions régulières durant lesquelles les citoyens vénézuéliens discutent de leurs nécessités, votent à main levée, recherchent des solutions ensemble, montent des projets, prennent eux-même en charge leur réalisation... sont ce que Chavez appelle le « pouvoir populaire ». Il veut lui transférer directement des compétences : une démocratie participative est en train de devenir effective sur la base de « communes » organisées.

18

Non pas que tout soit au mieux dans le meilleur des Venezuela. Beaucoup de choses ne vont pas. Beaucoup d'erreurs sont à corriger. Les plus chavistes le disent ouvertement et protestent sans retenues. Ce pays est justement un laboratoire démocratique où les gens débattent perpétuellement. Alors, quand le correspondant de Radio France évoque des relents des années 30, on rigole amèrement. Franchement, ils sont où les bruits de bottes ? En Amérique latine ou en Europe ? Qui a une extrême droite qui dépasse les 15% ? Et puis, ici, dans ce « goulag » tropical, que cela plaise ou non, la consommation est frénétique, la pauvreté et le chômage sont en baisse, la croissance qui avait manqué est maintenant en hausse, une bonne partie de la jeunesse qui a fait amplement la fête après les résultats du scrutin se sent pousser des ailes. Décidément, ce Chavez est un danger : il montre un chemin si différent des politiques d'austérité ailleurs imposées...

Basta entame son quatrième mois au pays du « socialisme du XXIème siècle ». Nous finissons nos reportages en textes et en images pour notre projet de livre : un récit de voyage dans un Venezuela très différent de ce que vous êtes habitués à entendre...

Prochainement, nous mettrons le cap à l'Ouest. Direction : la Colombie !

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article
25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:53

Basta est de retour au Venezuela ! Après Cuba, c'est bien normal... En avant première, l'équipage, surtout Daniel, est heureux de vous présenter bien modestement la double page du Monde Diplomatique sur le Venezuela qui paraitra en septembre avec deux images en diptyques de la série "hecho en socialismo". Travail qui se poursuit en texte et en photos...   Achetez le "Diplo" de septembre !

2012-Venezuela.PNG

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Le voyage
commenter cet article
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 20:28

Depuis notre remontée secouée, au près, du Venezuela jusqu’en Martinique, nous avons encore bouffé des miles nautiques !

Mais avant de reprendre la mer, sur cette île française, l'équipage du Basta s'est lancé dans un reportage culinaire sur la banane antillaise... Il s'agit là, bien sur, de cuisine politique teintée de lobbying économique à la sauce aux champignons...

A lire dans REGARDS : clic ici

Le sujet a aussi fait l'objet d'une « carte postale » publiée dans SINE Mensuel :   clic là !

Parallèlement, nous avons suivi les entraînements de la sympathique équipe de yoleurs âgés de 10 à 14 ans, en apprentissage à bord de la bébé yole "Jeannine", dont les difficiles départs à la voile dans les rouleaux de la Trinité nous ont beaucoup impressionnés : un « mini-reportage » à paraître dans GEO ado du mois d'août : re-clic !

 

La Martinique est toujours une escale de joyeuses retrouvailles familiales et amicales.

Petit clin d’œil tout particulier à la famille « 16 » ! « Je voudrais le fils, le couz, la fille, le beauf ! » Toujours prêts à faire la fête, toujours la main sur le cœur ! 

Dans cette île, trop encombrée de bagnoles, de grandes-surfaces et de panneaux publicitaires, nous ne manquons jamais ces douces après-midis dans le « zion » des vieux potes Kazy et Naby, deux vrais adeptes de la décroissance qui ne se contentent pas d'acheter des produits bio chez Carrouf ou de fermer le robinet quand ils se brossent les dents ! Dans son livre, qui vient de paraître aux éditions Amalthée, « Rasta, la gnose caraïbe », Ras Naby s'explique ainsi : « Quelle révolution pourrait être plus pertinente que celle du roots Rasta ? Il ne s'agit plus de détruire un système pour en refaire un autre, mais de soustraire un à un notre énergie vitale de son circuit infernal par le choix légitime et respectable d'une vie simple ».

 

Après tout ces verres et ces verts... du bleu, du bleu, du bleu !

 

Basta a fait route direct sur Santiago de Cuba : 1100 miles nautiques !

Santiago-de-Cuba.jpg

Puis, quittant à regret le pays des frères Castro (nous reviendrons dans de prochains posts sur notre séjour de deux mois à Cuba), nous avons mis le cap sur l’île de Curaçao où nous sommes aujourd’hui, via l’île à Vache à Haïti et le cap Beata en République Dominicaine. Nos routes sur la carte dessinent un grand cercle sur la moitié de la mer des Caraïbes…

En mer, surtout quand Basta trace son sillon bien calé sur son angle de gîte, la lecture, tous deux vautrés sur nos couchettes, reste la seule activité soutenable. Alors l’équipage en profite pour enfin dévorer des livres.

« Rien donc ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait ; nos liens avec le monde, c’est nous qui les créions ; la liberté était notre substance même » écrit Simone de Beauvoir en pleine « Force de l’âge », à propos d’elle et Sartre, alors jeunes et rêvant de vivre de leur plume…

Depuis bientôt cinq ans que nous avons quitté Paris en voilier, sans aucunes économies, nous voguons au gré de nos envies, vivant modestement de textes et de photographies, essentiellement contraints par les vents… Est-ce aussi une  substance ?

En navigation, à bord de notre Basta, oui, on se sent si libres qu’on s’en étonne à tout moment !

Parfois, mettant le nez dehors pour prendre un bol d’air entre deux phrases ondulantes, une masse sombre à angles trop droits grossit sur l’horizon dégueulant ses containers remplis de marchandises comme une machine de guerre commerciale sur un océan de poésies. Pas la notre - notre propre poésie ne semblant savoir s’exprimer que dans notre mode de vie- plutôt celle de notre ami cubain Alfredo, rencontré à Manzanillo, que nous lisons aussi pendant nos quarts.

poeme-de-alfredo.JPG

Nous l’avons très approximativement traduit ainsi (nous pardonneras-tu Alfredo?!) :

 

Déglutition déplacée sous dais

 

I

Vertical descente d’un tour qui se ramassera en mer

Fange octroyée blancheur à temps

coucher les lèvres

bras souteneur

nota bene : sa fin ne sera pas cette fois l’eau

 

II

Altitude

les cheveux comme grimaces

amertume

profondes concavités qui traînent le sel

Horizontal cette fois confirme le paysage

qui va en s’étendant

 

III

Son odeur est sa finitude

Algides points afin d’aveugler la vue

Décharge tout ses sons dans la mer serrée

 

Extrait de « Luz & figuras », par Alfredo Perez Muñoz, Ediciones ORTO, 2007

(orto@crisol.cult.cu)

 

Pour Alfredo, le mot mer, n’est jamais très éloigné de l’idée de désir.

Pour Simone, qui n’était sûrement pas un grand marin mais parlait si bien de la liberté qu’elle construisait avec Sartre, « la joie amoureuse devait être aussi fatale et aussi imprévue que la houle des mers… »

Pour nous, quand nous n'arrivons plus à les lire, quand la mer devient forte, que le vent fraîchit, qu'il vient d’où nous allons, et que de surcroît 2 nœuds de courant amplifient notre dérive, la mer devient alors une sorte d'aliénation en substance qui nous assujettit...

 

 

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Le voyage
commenter cet article
10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:38

Oyez oyez !

Ecoutez et podcastez notre carnet de voyage au Venezuela toute la semaine du 21 au 25 mai dans l emission Un dromadaire sur l epaule de la radio suisse romande !

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/un-dromadaire-sur-l-epaule

Nous vous emmenons chaque jour dans un paradis plus ou moins socialiste !

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans On parle de Basta...
commenter cet article
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:22

Oulala, plusieurs mois d'inactivité sur ce blog...
Juré ! L'équipage de Basta a pensé à plusieurs reprises poster des nouvelles du Venezuela, où il vient de passer six mois. Mais le temps a filé comme une étoile par une nuit de quart à la barre.

Pour une série de reportages radio, il a fallu qu'il sillonne le pays en bateau, en bus et à pied... rencontrer des afro-descendants, des indiennes Taurepan, des militantes chavistes, des bourgeois-libéraux-conservateurs, des pêcheurs...

A Cumana,le thème social de prédilection de l'équipage l'a de nouveau accaparé : une sardinerie "récupérée" par les travailleurs, nationalisée par Hugo Chavez. Mais que veut donc dire "autogestion" dans un pays en voie vers le socialisme du XXI eme siècle ? gaviota.JPG
D'abord, travailler un peu moins... Normal, si on lutte pour ne plus être embauché au jour le jour et pressurisé par des chefs, et, qu'à la fin, on obtient la nationalisation, des contrats en bonne et due forme, des salaires réguliers... on peut s'apercevoir que les cadences de travail ralentissent légèrement pour le plus grand confort des doigts qui mettent en boite une bonne centaine de sardines par minute.
Ensuite, on peut jeter un coup d'oeil sur les panneaux d'affichage où les bilans comptables mensuels avoisinent avec des portraits de Che Guevara du photographe Korda. Et enfin, on peut se satisfaire à juste raison de ne plus travailler pour un patron qui va dépenser son fric dans les casinos de Miami, aux USA.

Toujours dans le même coin, mais un peu plus au fond du golf de Cariaco, Basta a caréné à Médrégal. Un franco-belge dénommé Jean-Marc y tient un petit chantier-hôtel sympa et pas cher pour les  bateaux.

En y rencontrant des navigateurs ayant bravés les pirates du pays, et après quelques bonnes bouteilles, nous avons eu l'idée de proposer un article sur le thème: "mythes et réalités de la piraterie : naviger au Venezuela est-ce encore possible ?" Et voilà donc Basta reparti dans les îles coraliennes, dans les mouillages forains encore fréquentés de cette côte à la réputation désastreuse.

Un mémorable réveillon du premier de l'an autour d'un feu de bois sur une plage de la Tortuga, en compagnie de Namibiens fumeurs de poissons et d'écologistes nord-américains...tortuga.jpg

Puis, enfin, une recontre avec les pirates...
Au Morro del Puerto Santo, un port de pêche jonché d'imondices, noyé dans le gazoil, l'équipage de Basta a eu l'admirable idée de plonger l'ancre au coucher du soleil. moro.JPG
Vers les trois heures du matin, Basta a de la visite : des pieds balots se prennent dans le tangon posé sur le pont. Daniel se reveille et, grâce au claire de lune, voit à travers les hublots deux types cherchant un moyen d'entrer à l'intérieur du bateau et une barque, moteur éteint, collée sur le francbord babord, maintenue par deux complices. Précisons que la porte de la descente, épaisse de 20 mm de contreplaqué et renforcée d'une plaque d'inox, était  fermée, que Basta ne possède que de petits hublots par lesquels un homme ne peut passer et qu'il s'est doté dernièrement d'une alarme avec une puissante sirène. Discrètement, Daniel déclenche donc la sirène en gueulant : "Vayan-se, hijos de puta !", ce  qui pourrait se traduire approximativement par la celèbre interjection prononcée par le président Nicolas Sakorzy lors d'un salon de l'agriculture. Et ça marche !  Avec soulagement, nous voyons les types sauter dans la barque et détaler rapidement.

Trois jours plus tard, au même endroit, l'attaque d'un couple sur un voilier en escale s'est conclue, celle-là, par un transport d'urgence de l'homme à l'hôpital et le viol de la femme...

Pour finir, de belles retrouvailles festives avec nos amis pêcheurs des Testigos rencontrés il y a vingt ans alors que nous naviguions en GOLIF (un voilier de 6,50 mètres) : poissons, langoustes, parties de pêches, grillades de chèvres... L'amitié attachante d'Estilita et de ses filles, les blagues del loco Felix, la poésie du vieux Chonchon, l'anniversaire de Joché sur la plage jusqu'à plus soif... et les larmes de Fany à l'heure du départ...testigos.jpg

En naviguant vers la Martinique contre vents et courants, secoués comme de pitoyables chatons coincés dans le tambour d'une lessiveuse durant six jours, nous avons eu le temps d' écouter plusieurs album de La Tordue. Alors on se repassait cet air qui dit ceci : "La vie ça te valdingue comme un joujou à tout beurzingue, t'y vois qu'du "blue"... Le plus important c'est d'être pas mort!"

 

 

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Le voyage
commenter cet article
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 13:04

Basta-Joyeuses-fetes.jpg

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article
8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:29
Basta avait déjà rencontré des dauphins motivés...
Cette fois-ci, ils étaient bel et bien bolivariens !
(Si vous regardez bien, vous verrez une remora ventousée sur le flanc d'un dauphin...)
 Non, on ne s'en lasse pas !
Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Le voyage
commenter cet article
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 13:39

Pour aller au Venezuela en bateau, il faut vraiment le vouloir !

 

Dans la République bolivarienne du président Chavez - comment l'en blâmer ? - le tourisme nautique international n'est pas une priorité, malgré son potentiel incontestable. Et tout semble fait pour décourager les navigateurs ! Dans un sens, tant mieux, ne plus prendre l'apéro avec les dizaines de voileux retraités (qui attendent ensemble trop sagement la fin de la saison des cyclones à Curaçao) peut apparaître comme un soulagement...

 

Au Venezuela, d'abord, l'insécurité effraie. Les récits d'attaques de "pirates" armés pullulent sur Internet et à l'occasion dans la presse locale anti-chaviste. Mais en vérité, combien de ces pseudos-pêcheurs, accostant en barques, en mer ou dans des mouillages déserts, commettent-ils de vols ou font-ils de morts ? N'est-ce pas les mêmes récits qui se répètent depuis des années ? D'ailleurs, il semble que cela se produise aussi à Saint Martin (Antilles frrançaises), mais la presse n'en parle pas. De peur de faire fuir les touristes ?

 

A l'entrée de la marina de Caraballeda, un petit mouillage gratuit est bien tentant. Un voileux allemand y fut bien assassiné de nuit il y a environ deux ans. Basta vient de passer deux mois à l'intérieur de ce port. C'est la marina publique, c'est à dire nationalisée, la plus proche de Caracas, située de l'autre côté d'une magnifique chaîne de montagnes qui la sépare de la capitale.

 

Autre problème pour les navigateurs : le beau papier à entête qui nous autorise à séjourner au pays de la Révolution, a coûté beaucoup d'efforts, pas tant d'argent comme il aurait pu. Il s'agit du permis de séjour de trois mois renouvelable pour Basta et son équipage. Pour l'obtenir, il a fallu se rendre à... justifier de... foncer à... négocier avec... revenir à... repasser par... ramener le papier à …

 

C'était la deuxième tentative de régularisation du bateau dans ce pays. Nous avions, en fait, touché le Venezuela, fin juin, à Puerto Cabello dans l’État de Carabobo. Là, après trois semaines de démarches, la gourmandise de quelques fonctionnaires réclamant une soit disant expertise, facturée 300 dollars, a fait que Basta a mis les bouts pour chercher un autre port d'entrée dans le pays. Ce départ ne semblant pas trop les contrarier, y aurait-il eu quelques scrupules dans l'âme des fonctionnaires ?

Mercal-Catia-los-Magallanes.jpg

Dans un "Mercal", ces superettes aux prix subventionnés par le gouvernerment.

 

 

Blague linguistique : à peine arrivée, nous avions mal compris ! Aidante et désolée, la jeune capitaine de la marina récemment nationalisée nous avait bien prévenu que les autorités maritimes prétendaient faire venir à bord un "perrito". Mais pour nous, il s'agissait là de l'inspection du bateau par un « petit chien », en espagnol, un chien = un perro, donc, un petit chien = un perrito. S'il fallait qu'il renifle le stock de pâtes et de boites de conserves du bord, pourquoi donc ne pas faire venir un gros chien ? se demandait-on avant de découvrir que le mot doté d'un seul « R » avait une autre signification : un "perito" désigne bel et bien un expert ! Sachez que l'équipage du Basta, parle certes un espagnol courant, mais appris principalement dans les rues de Buenos Aires, donc doté de pas mal de « lunfardo » porteño et ponctué de « che ! »...

 

Alors que Cécile prenait d'ailleurs l'avion en direction de Buenos Aires, envoyée par le Monde Diplomatique à l'occasion des élections présidentielles, Daniel mettait les voiles vers l'île de Bonaire, pour revenir tenter une entrée au Venezuela du côté du port de La Guaira proche de Caracas, dans un autre État, celui de Vargas.

 

Au final, les formalités nous ont coûté 600 bolos, soit 60 euros, c'est presque leur prix officiel.

Amis navigateurs, por favor, ne cédez plus à la corruption ! Les quelques autres voiliers que nous avons rencontré qui ont séjourné au Venezuela ont payé 300, 400, 600 dollars, parfois pour finir sans permis et repartir bredouilles... Malheureusement, payer c'est faire monter les tarifs et créer un habitus peu reluisant qu'on ne voudrait pas développer chez nous.

Le plus simple, pour les pressés qui parlent peu l'espagnol est sûrement de faire ses formalités à Puerto La Cruz où les autorités ont plus l'habitude des voiliers.

Pour lutter contre la corruption, le président Chavez a bien mis en place des institutions nouvelles et a ouvert une instance de dénonciation, mais les corrompus trouvent toujours bons payeurs...

 

Autre obstacle pour les plaisanciers : les marinas publiques sont encore rares et leurs prix pas toujours très raisonnables pour la qualité des services qu'elles ont eu le temps et les moyens de développer, malgré la bonne volonté des nouvelles équipes en place : à Caraballeda pas une goutte d'eau ne sort du robinet devant Basta depuis deux mois alors qu'il n'y a pas non plus de sanitaires dans l'enceinte du port. Chaque semaine, on doit donc remplir des bidons, les transporter en bicyclette. Pour le plein de nos réservoirs, six voyages sont nécessaires.

 

En outre, certaines nuits, des bateaux sont ouvert et pillés. Qui plus est, au moindre petit coup de houle, les amarres des bateaux locaux pètent et les dégâts font château de cartes : "ce ne sont pas des amarres, mais des cordes pour attacher les ânes!" grondait le sympathique gardien qui nous aidait l'autre jour à sauver quelques unes de ces embarcations...

  DIP-01.jpgPièce de théâtre dans la cour d'une usine nationalisée.

 

Quoi qu'il en soit, revenant d'un rude hiver austral, Cécile écrivait par 35° dans le bateau, dans le souffle des pales d'un ventilateur indispensable. Vous pouvez lire ce mois-ci (octobre 2011) dans le Monde Diplomatique, son article sur le thème : comment les piqueteros argentins perçoivent « Cristina » : clic ici

Daniel, lui, reprenait son Hasselblad panoramique pour photographier en noir et blanc la Révolution du président Chavez, au delà de ces marinas où la plupart des propriétaires de bateau ont des idées proche de l'opposition anti-chaviste. Très appréciées dans les ministères, ses diptyques photographiques pourraient bien finir dans les publications éditées par le gouvernement : la Révolution ne manque-t-elle pas d'esthétique ? Au Venezuela, si nautisme et socialisme font rarement bon ménage, parfois, journalisme (nautique) et Révolution s'accordent parfaitement !

 

CHICHIVICHE.jpg

 

Après une escapade dans les mouillages à plage et cocotiers de la côte (où du wifi nous arrive gratuitement !), bravant la piraterie, Basta devrait donc retrouver sa marina sans eau, pour plusieurs mois. Nous allons alors bientôt regretter le mérou au barbecue sauce coco (fraîchement ramassée sur la plage) et citrons verts...

 

En revanche, par chance, à Caraballeda, notre plaisant voisin de bateau vénézuelien qui nous réserve notre place possède une vieille camionnette jaune toute percée : bravant la police et les garagistes, on se balade ensemble le week-end sur la jolie route côtière. Quelques bateaux plus loin, un couple a acheté un voilier sans savoir naviguer... Daniel est devenu prof de voile attitré ! De l'autre côté, un réalisateur de documentaires rêvant de traverser l'Atlantique est lui chaviste : enfin un dans cette marina !

 

 

 

Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 09:15

Rassurez-vous, une fois n'est pas coutume !

Loin de nous l'idée de concurrencer l'excellent blog de cuisine tenu par Charline et Prince : http://delicesdukerala.canalblog.com/

BASTA propose ici une recette simple et originale... peut-être un peu dangereuse ?

 

La difficulté est d'abord de trouver du ackee (Blighia sapida)...

En Jamaïque, il s'agit du fruit national qui compose le plat national, généralement accompagné de poisson salé.

En Martinique, on appelle le Ackee "ris de veau", semble-t-il.

Un ami vivant en haut d'un morne boisé en a au fond de son jardin, mais au bout de branches si hautes qu'il ne peut atteindre les fruits.

Une amie artisan au marché de Fort-de-France voit régulièrement des Haïtiennes en proposer dans un panier.

Mais aux Antilles françaises, sa consommation ne semble pas très fréquente.

Attention ! Certaines parties du ackee sont extrêmement toxiques et en Haïti ce fruit mal préparé fait parfois des morts... Le rapport de l'OMS ne rigole pas !  Clic là !

Nous nous déchargeons donc de toute responsabilité, si un lecteur de ce blog venait à souffrir de diarrhées, gerber ou carrément  trépasser en digérant ce délicieux met !

 

Tout d'abord, il faut absolument ne consommer que les fruits ouverts naturellement : la maturité est importante contre la toxicité...

 Ackee1BD

De ces fruits ouverts naturellement, il faut retirer minutieusement la grosse graine noire et les petites fibres rougeâtres qui l'entourent.

 Ackee3BD

Après quoi, il faut faire bouillir la partie jaune restante, bien lavée, pendant dix bonnes minutes, puis jeter l'eau de cuisson.

 Ackee 4BD

Reste à préparer, donc recuire le ackee selon la recette.

 Ackee6BD

BASTA propose une poêlée de ackees agrémentée de cives, de rondelles de carottes et de corned-beef (brésilien ou argentin c'est meilleur !) Contre toute attente, ce plat est très fin !


En parlant de Jamaïque... un article de l'équipage sur le rastafarisme vient de paraître dans l'hebdomadaire Témoignage Chrétien : Clic ici !

Mais BASTA est déjà loin de l'île de Bob Marley: il est désormais amarré dans une petite marina récemment municipalisée, dans la République bolivarienne du Venezuela...


Repost 0
Publié par Bateau Basta - dans Les escales
commenter cet article

  • : Le voyage de Basta
  • : Carnet de bord de deux journalistes en voilier
  • Contact

Naviguez avec nous!

Entre deux reportages, nous embarquons parfois jusqu'à 4 passagers en croisière, cliquez ici

Rechercher

A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

Contacts :

bateaubasta@gmail.com

Skype : bateau.basta

Facebook : Bateau Basta

Rubriques

Désolés pour la pub imposée par Overblog !