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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 17:39

Par Bateau Basta

Ce livre qui vient de paraître est un recueil d'une vingtaine de reportages dont six ont été menés en bateau, par l'équipage du BASTA.

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Notre camarade Gilles Labarthe, journaliste-éditeur, résume ainsi ce qui a poussé leurs dix auteurs, tous journalistes indépendants, à prendre le temps de les réaliser, de marcher, d'explorer, de découvrir « l'autre côté du monde » : il parle d' « un besoin irrépressible d'aérer la pièce, de se lever, de retrouver nos jambes et d'aller voir par nous-mêmes ce qui se passait dehors ». En publiant nos reportages, Gilles défend une certaine conception de notre métier : « Aller prendre les informations à la source, au plus près ; constater sur place et sur pièces, pour éprouver toute la complexité et l'épaisseur du vivant ; faire part des choses, pour mieux témoigner ». Il nous rappelle qu'à bien des égards, le reportage est la base du journalisme, mais que dans la pratique,  les phénomènes de fusion, de concentration des médias ont mis à mal la diversité de la presse et qu'il reste peu de place aujourd'hui pour les reportages et les enquêtes réalisés à l'étranger. Alors quand Gilles défend ce journalisme « debout » qui entend se « libérer des flux incessants d'images et de nouvelles déversées par les médias, dans le mainstream de « l'actualité », il nous rappelle qu'on est dans le même bateau : si nous avons pris la mer à bord de BASTA il y a maintenant plus de cinq ans, c'était en grande partie pour ne pas « s'asseoir » sur notre métier de journaliste et photographe...01 bdef

Depuis, en texte et en photos, nous avons dénoncé l'épidémie de silicose des ouvriers turcs du textile qui sablent nos jeans pour leur donner un look branché. Nous avons rapporté le courage des petits commerçants de Palerme qui refusent d'être rackettés par Cosa nostra. Nous avons écouté les « harragas », ces enfants maghrébins qui « brûlent » les frontières, échoués à Melilla, à Barcelone et à Marseille. Les ouvrières agricoles marocaines nous ont fait découvrir le véritable coût social et écologique des tomates que nous mangeons chez nous en hiver. Les Vénézuéliens nous ont fait partager leur quotidien transformé par la démocratie participative qu'ils contribuent collectivement à construire...

Tous ces récits sont à  lire dans « Reportages, de l'autre côté du monde », aux Editions Gilles Labarthe / Editions d'en bas.
A trouver dans les étalages des bonnes librairies, ou bien, à commander dans toutes les autres, voire sur internet :  ici pour les Français, pour les Suisses.

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 04:24

Par Bateau Basta

Après le Venezuela, BASTA a mis les voiles sur la Colombie. Nous y sommes restés plusieurs mois, très occupés, du moins assez pour oublier de publier un post sur ce blog...
C'est depuis le Panama où nous sommes actuellement que les souvenirs de notre dernière escale aux pays des FARC se bousculent...
Aujourd'hui, par hasard, en fouillant des dossiers dans un disque dur, je suis tombée sur un vieux texte que j'avais écrit, comme ça, pour moi, en 2002. Nous venions de passer une semaine dans un campement de la guerilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, qui négocie aujourd'hui la paix à Cuba.
Or, il y a quelques semaines en réactivant de vieux contacts en Colombie, justement, nous avons appris que le commandant du front qui nous avait accepté à l'époque était mort, que sa copine aussi était morte, que d'autres guérilleras que nous avions interviewé lors de ce séjour pour les magazine ELLE et MARIANNE étaient mortes.
Alors en tombant sur ce vieux texte, j'ai eu envie de le divulguer, tel quel, et je me suis dit que Daniel avait peut-être les dernières photos de ces gens qui ne verront jamais la paix, d'Enesto, de yira, et des autres, tant d'autres...

 

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"Il a laissé sa kalachnikov dans sa camionnette. Il est sorti, décontracté, un rien débraillé et mal rasé, en tenue de camouflage, chaussé de bottes en caoutchouc, ceinturé de pistolets et de grenades dans leurs étuis de cuir noir. Un guérillero de chair et d’os fait toujours frissonné. Mais dès qu’Ernesto a parlé, je suis restée béate, sans voix, un peu gourde. Ce chef de colonne quarantenaire et bedonnant venait de prononcer d’une voix suave « Etes-vous prêts chers amis ? » et il nous fixait de ses yeux clairs de chien battu. En montant dans son véhicule frigorifique sans plaque recyclé en fourgon de transport de troupes, je me suis emmêlé les pinceaux. « Journalistes français », ça il le savait. Et j’ai ajouté, confuse « d’une revue féministe » au lieu de féminine. Lapsus ? Laissais-je entendre mon état d’esprit de parisienne qui venait, à Bogota, d’interviewer toutes les défenseuses de l’égalité des sexes ? En démarrant, Ernesto a viré la tête brusquement, surpris. « Féministe ! » Il a pensé, j’en suis sûre : merde, une chieuse… J’avais voulu lui dire qui nous étions alors qu’il s’en fichait. Il nous faisait confiance un point c’est tout. Cela avait l’air de suffire.

 

Nous étions arrivés la vieille dans un village poussiéreux et déprimant dont nous tairons le nom pour la sécurité de nos interlocuteurs. C’était dimanche, jour de marché, et les paysans allaient venaient dans l’artère principale, une rue en terre défoncée par les poids-lourds débordant et les 4 x 4 déglingués. Le pitt des combats de coqs couvert de tôles rouillées, les épiceries aux étagères clairsemées, les bars à bières, les cantines où l’on ne mange que du bœuf, du riz et des bananes frites, tout était plein. Chaque fenêtre, je me souviens, arborait un étendard mystérieux. Il y avait tellement de guérilleros ce jour-là en ville que j’ai pensé qu’il s’agissait de leur drapeau : la marque de leur contrôle sur ce village sans flic, sans PM, la Police Militaire que l’on appelle aussi la « Putain de Merde ». Mais quelle guérilla ? D’un coté on distinguait, en vert uni avec un brassard rouge, ceux de l’ELN, l’Armée de Libération Nationale ; de l’autre, en camouflage, ceux des FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Ils discutaillaient par petits groupes ci et là au coin des rues. Cohabitaient-ils ? « Vaguement » m’a-t-on discrètement répondu, ajoutant : « Evidemment, ils sont un peu en concurrence… » Ces drapeaux ? « Rien que l’emblème du village. » Pour une raison spécifique ? « La mort d’une de ses fondatrices. » Un assassinat ?  Rires… « En Colombie, parfois, certains arrivent à mourir de vieillesse ! »

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Doña Maria, je crois, s’appelait la défunte tant respectée de cette bourgade conquise à l’allumette, débroussaillée aux brûlis. Tout autour, les montagnes grillées, pelées, carbonisées témoignaient d’une pyromanie ancestrale, d’une ignorance atavique des lois de la nature, voire d’une indolence climatologique. « Ou d’une fainéantise congénitale ! » interprète le procureur public du village. Jeune avocat débarqué de la ville, il raconte comment il s’essouffle à expliquer des notions basiques d’écologie et d’agronomie, à tenter d’organiser les planteurs en coopérative. Mais en vain. « Les paysans du coin préfèrent abattre la forêt que cultiver. Et les rares qui cultivent, crament la forêt… » Ainsi vit-on dans cette bourgade désolée de la cordillère orientale.

 

En ce 3 février 2002, à midi, ce diplômé pimpant nous a entraînés dans une arrière-boutique où la télévision diffusait bruyamment le flash d’information national. « Une sénatrice en campagne abattue par les FARC », annonçait gravement le présentateur cravaté de la chaîne Caracol. Sur le coup, tout le monde s’est tu. Puis une communiste a franchement lancé : « Cette salope était la femme d’un type véreux emprisonné. Elle se la coulait douce avec les fonds de pension qu’ils ont détourné. » Je sais qu’elle est communiste. Elle me l’a dit. Elle appartient au parti clandestin, pas à celui qui a encore un pas de porte et qui défend la paix. Elle soutient la lutte armée depuis que l’aile politique des FARC s’est fait décimée, à partir de 1985, après que le président Belisario Betancur a signé un accord de paix entériné par un cessez-le-feu. La guérilla marxiste c’était alors lancée dans l’arène politique sous l’étiquette Union Patriotique. Mais en 1986 et 1990, ses deux candidats aux présidentielles ont été descendus en pleine campagne. Des milliers d’assassinats ont continué à anéantir le mouvement. « 4000 de nos meilleurs éléments sont morts ! », rage cette militante.

 

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C’est elle qui a parlé de nous à Ernesto après le flash infos. Ce commandant des FARC traversait le village dans sa camionnette distribuant par sa fenêtre ouverte de fermes poignées de main aux paysans. Il était accompagné d’une brune en treillis au visage fin. L’une de ces guérilleras mi-douce, mi-dur, tellement ambivalente, si féminine en dépit de l’uniforme. Il a dit sans chichi « d’accord pour demain » en s’éclipsant. Nous les avons revus au bar, le soir même, un enfant dans les bras. A renfort de surenchère de tournées, l’avocat et ses amis avaient couvert notre table de cadavres d’Aguilla, la bière locale. En sortant de ce bar, Ernesto nous a salués et, ironique, a lancé : « Comme ça, vous allez entretenir la guerre ! ». Le patron des brasseries Aguilla est aussi le propriétaire des boissons gazeuses Postobon et du groupe de communication Caracol, l’homme le plus riche de Colombie…

 

Gracieuse, la femme du chef guérillero lui a emboîté le pas, son gosse dans les bras. Elle était superbe, de celles que je voulais rencontrer. Daniel aussi, mon ami photographe. Dans ce chahut éthylique, il m’a lancé un clin d’œil enjoué, persuadé qu’il était du trouble que causeraient ses futures images. Il les avait déjà en tête. Nous ressentions effectivement un dérangement, le fruit d’un sentiment mitigé où se confond répulsion et admiration. C’est un drôle d’état qui, en Colombie, défie les journalistes lorsqu’ils discutent aimablement avec des guérilleros. Ils sentent le piège de n’y voir que la pure lignée du Che Guevara ou, à l'extrême, de répugnants terroristes d’une organisation qui a des centaines de morts sur la conscience..."

Paz !

 

 

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Jeudi 4 avril 2013 4 04 /04 /Avr /2013 23:33

Par Bateau Basta

Il va falloir se procurer La Chronique d'Amnesty International d'avril 2013 pour lire notre travail en texte et photos paru ce mois-ci dans le magazine de la fameuse association de défense des droits humains.

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Dans son dossier questionnant les possibles dérives du chavisme, nous apportons nos regards croisés sur la démocratie participative au pays de feu Chavez : "La participation citoyenne : modèle ou alibi ?" est le titre de notre reportage...

Bonne lecture !

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Lundi 11 mars 2013 1 11 /03 /Mars /2013 17:06

Par Bateau Basta

A vos  chéquiers ! 

Des reportages de l´équipage de BASTA vont paraître dans l´immanquable ouvrage édité par le camarade journaliste Gilles Labarthes de l´agence DATAS à laquelle nous collaborons.

Télécharger le bon de souscription  ICI  pour recevoir le livre.

Que du bon reportage au programme !

 

Cet ouvrage collectif sera disponible dès le 13 avril.

Merci aux souscripteurs !

On signale aux lecteurs suisses deux rendez-vous qui seront l'occasion de présenter l'ouvrage:

- le samedi 13 avril à Lausanne, au forum contre la spéculation sur les matières premières

- le vendredi 3 mai de 12h à 14h à Genève, au Salon international du livre et de la presse (stand G71 des Éditions d'en bas et Le social en lecture)

 

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Entre deux reportages, nous embarquons parfois jusqu'à 4 passagers en charter, cliquez ici

A propos des auteurs

Elle est journaliste-pigiste. Pour consulter son book en ligne, cliquez ici

Il est photographe, distribué par l'agence Réa. Regardez son site pro en cliquant ici

 

 

Notre premier périple sur notre voilier de 6m50 le "Bourlingueur", relaté dans deux numéros de Voiles et Voiliers de 1995 ici et .

Contacts :

bateaubasta@gmail.com

Skype : bateau.basta

Facebook : Bateau Basta

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